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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 22:57

     

 

Animal fabuleux, héros maléfique ou bienfaisant de nombreux récits et légendes, objet de culte, de terreur sacrée ou de lutte acharnée, le Dragon a marqué de son empreinte presque toutes les civilisations. Il est symboliquement relié aux quatre éléments : par son caractère reptilien, le dragon appartient à la terre, et il vit souvent dans grottes et cavernes, mais il ne dédaigne pas non plus un habitat plus aquatique, fleuves ou mers, voire de gros nuages d'orage. Presque toujours pourvu d'ailes, il appartient aussi au monde aérien. Quant au fait que, le plus souvent, il crache du feu, comment s'en étonner, lorsqu'on a pu voir des fleuves de lave incandescente, filmés par H.Tazieff, par exemple, dévalant une pente dans la nuit, et évoquant indiscutablement les contorsions d'un dragon furieux ! Pierre Carnac distingue trois grandes étapes dans l'histoire des croyances liées au Dragon, trois "âges du Dragon" dans l'histoire des hommes, correspondant aux stades successifs de Dragon cosmique, c'est-à-dire Dragon, force de la nature et par là même Dragon-Dieu ; de Dragon-gardien, principe qui veille et qui protège ; et de Dragon maléfique, force du mal. Dragon cosmique, à la fois ange ou démon, serpent et oiseau... conflit mythique qui a toujours hanté l'imagination des hommes. Certaines légendes s'arrêtent à cette opposition. Ainsi il a été découvert une gravure préhistorique représentant le combat de l'Oiseau et du Serpent se disputant l'Oeuf du Monde. On retrouve en Egypte le combat entre Horus, le soleil mais aussi le faucon, et Typhon (ou Seth), le Dieu Serpent. En Inde, le serpent Kaliya combat le Dieu Vichnou. De même le soleil aztèque s'oppose au serpent. En revanche, d'autres mythes réunissent ces deux forces, primitivement antagonistes, en un être hybride, appelé "serpent à plumes", comme Quetzalcoatl, ou "dragon". Dans les légendes de l'Inde et de tout le Sud-Est asiatique, des dragons à tête humaine surmontée d'un capuchon à tête de cobra, les nagas, sont les habitants du domaine souterrain où ils gardent jalousement les trésors de la Terre. Ils ont pour ennemis naturels des vautours mythiques appelée Garudas, dragons aériens opposés aux Nagas, dragons des eaux et de la terre. Mais Naga et Garuda ne sont en fait que deux incarnations de Vishnou, les deux aspects de la substance divine, en qui ils se réconcilient. Le Naga représente le cycle du temps, tout comme l'Ouroboros des Grecs. Il est aussi l'intercesseur entre ce monde et l'au-delà. C'est lui qui provoque la fertilité du sol et la fécondité des femmes. Il est le gardien et protecteur, le médiateur entre le ciel et la terre. Ce Naga serait peut-être à rapprocher de l'Uraeus, ou cobra en colère, qui orne le front du Pharaon, concentrant en lui les propriétés du soleil, vivifiantes et fécondantes, mais capables aussi de tuer, en désséchant ou brûlant. Ce cobra, gardien de la sagesse du Pharaon et symbole de son rôle de médiateur entre terre et ciel, est associé à la coiffe royale en vautour du Pharaon, réunissant encore le serpent et l'oiseau. Et ce n'est pas un hasard si le Dragon est tant vénéré en Chine, pays du Tao ou voie du milieu. Céleste et chtonien, gardien des eaux, crachant le feu, à la fois Yin et Yang, le Dragon chinois réunit les principes opposés de l'univers : le feu et l'eau, le ciel et la terre. Les dragons font partie des mythes fondateurs de la civilisation chinoise, et ils sont souvent à l'origine des Dynasties. Le cycle des exploits de Yu montre par exemple comment cet empereur mythique organise son empire avec l'aide décisive d'un dragon ailé. Tous les empereurs de Chine ont régné sous le signe du Dragon, et ils étaient même considérés comme "Fils du Dragon" : leurs vêtements de parade, comme les murs de leurs palais, étaient abondemment décorés de Dragons à 5 griffes, (les hauts dignitaires devant de contenter de dragons à 3 ou 4 griffes), et il n'était pas rare qu'un empereur envoie en présent à un chef rebelle qu'il n'avait pu vaincre par la force, une somptueuse robe brodée de dragons. Ce dragon est la manifestation de la toute-puissance impériale : la "Face de Dragon" désigne l'empereur, la "Perle du Dragon" la sagesse du chef, la perfection de sa pensée et de ses ordres. Mao dit un jour, paraît-il : "on ne discute pas la perle du dragon". Voulait-il faire entendre que la perfection ne peut être connue, ou simplement qu'il n'était pas souhaitable que sa pensée soit remise en cause ? On retrouve d'ailleurs cette assimilation du Dragon à la toute-puissance du Chef en Bretagne, avec le Roi Uther (père d'Arthur) surnommé "Pandragon", ou "tête de dragon". Restons en Bretagne un instant, pour évoquer Merlin l'Enchanteur, dont la sagesse était légendaire dès l'enfance. Le tyran Vortigern, celui-là même qui avait exilé Uther Pandragon et ses frères, pour usurper leur trône, vouloir bâtir une forteresse imprenable. Or, malgré tous les efforts de ses ouvriers, et les invocations de ses mages, l'édifice s'écroulait à peine sorti de terre, et de ses fondations s'élevait une clameur terrifiante. Un sacrifice humain s'imposait pour conjurer les mauvais esprits, et Vortigern allait condamner le jeune Merlin, que sa naissance illégitime désignait comme victime idéale, lorsque celui-ci lui donna la solution : "il y a dessous le sol, juste au point où la construction doit prendre appui, deux dragons énormes. Lorsqu'ils commencent à éprouver sur eux le poids de la bâtisse, ils s'agitent, et les murs s'écroulent." Le tyran fit creuser plus profond, et l'on découvrit deux dragons, l'un rouge et l'autre blanc, qui, sitôt mis à jour, s'affrontèrent en un terrible combat, que gagna finalement le Dragon Blanc. Merlin donna alors la signification de ce combat : "Roi, je te dirai que ces dragons représentent, le blanc, la nation Bretonne, le rouge, toi, Vortigern. Ce pays, tu le possèdes indûment. Mais le Dragon blanc est en route, malheur au Dragon rouge, car il court sa perte." Nous retrouvons ces dragons habitant la terre dans les légendes concernant Mélusine, et, plus généralement, le Vouivre. La terre, elle-même, a longtemps été comparée à un dragon, et les anciens nommaient Veines du Dragon ces courants telluriques qu'ils essayaient de concentrer en y élevant pierres levées et monuments. Retournons en Chine, où paraît-il, en 1894, ce n'est pas si lointain, le gouverneur de la Province de Moukden interdit la construction d'un chemin de fer : on croyait en effet qu'un dragon vivait sous terre à cet endroit, et l'on craignait que les trains ne lui brisent la colonne vertébrale... De nombreux dragons hantent le ciel de la Chine. Certains poursuivent inlassablement le Soleil et la Lune, provoquant les éclipses. (Il est intéressant de noter qu'astronomiquement, la tête et la queue de la constellation du Dragon sont les noeuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses). Un grand dragon de feu conditionne de ses humeurs la vie en Chine : il ouvre les yeux et c'est le jour, il les ferme et c'est la nuit. Son souffle provoque les tempêtes. Le tonnerre est une manifestation de sa colère, ou de ses combats avec d'autres dragons. Toujours en Chine, les dragons jouent également un rôle essentiel dans l'agriculture. Gardiens des eaux, ils sont plutôt bienfaisants, mais ils peuvent être maladroits, se tromper de tâche, s'endormir, voire même s'enivrer, et c'est alors la catastrophe : le fleuve déborde, la tempête ravage les côtes, ou bien, au contraire, les sources tarissent, la sécheresse menace. Il faut alors les rappeler à l'ordre, ou même les punir : si la pluie tarde trop malgré les prières, on sort la statue du Dragon hors de son temple pour l'exposer au grand soleil : car il est bien connu que les Dragons n'aiment pas trop le soleil... Le Dragon représente aussi le cycle de la végétation. Il est figuré par l'hexagramme K'ien, principe du ciel et de la création, et dont les 6 traits pleins représentent les 6 étapes de la manifestation : La première de ces manifestations est le "dragon invisible", à l'image de la semence enterrée, le pouvoir de la création non encore exprimée.
La deuxième est nommée "dragon des champs", à l'image du germe qui croît, mais n'est pas encore visible.
La troisième se nomme "dragon visible", et symbolise le germe apparaissant hors de terre.
La quatrième est le "dragon bondissant" : la plante croît et donne ses fruits.
La cinquième est dite "dragon volant", à l'image des graines et pollen qui essaiment.
La sixième enfin est le "dragon planant", c'est l'esprit qui ordonne le tout, le roi-dragon céleste. On retrouve cette association du dragon avec l'élément eau et le cycle végétal dans la fête des bateaux-dragons, qui se déroule sur les lacs de certaines provinces chinoises, en souvenir du suicide en 290 avant J.C., du poète Qu Yuan, désespéré de ce que ses talents ne soient pas reconnus par le roi. Cette cérémonie-souvenir est également liée au temps du repiquage des pousses vertes du riz, qui a lieu à la même époque, après les grandes pluies de printemps.
Ces cérémonies sont à rapprocher des Fêtes des rogations qui au printemps, au moment du réveil de la terre, allient les prières et les bénédictions des champs aux processions d'effigies de dragons liées à la tradition locale, et variant selon les régions : Tarasque et Drac dans la vallée du Rhône, Lézarde à Provins, Chair-Salée à Troyes, Graouilly à Metz, Dragon-Doré à Douai, Grand-Bailla à Reims, Gargouille à Rouen, et en Poitou Grande-Goule ou Galipote.
Le rude combat qui mettait en lice dragon et soleil, serpent et oiseau, retraçant sans doute le combat que livraient nos premiers ancêtres contre les éléments, cède peu à peu la place aux grands exploits mythiques peuplés de dragons gardiens de trésors, et dont les demi-dieux ou héros deviennent les acteurs.
Du Proche-Orient à la Chine, de l'Irlande à la Méditerranée, le monde des traditions et légendes est peuplé de veilleurs et gardiens mono- ou multicéphales, munis d'écailles, de griffes et d'ailes, crachant le feu ou les vapeurs mortelles, et montrant la garde des trésors que seuls les plus courageux essaieraient de leur ravir.
La mythologie grecque nous dresse un arbre généalogique particulièrement fourni en dragons. Echydna engendra d'une première union avec Typhon aux cent têtes de dragon, l'Hydre de Lerne, Chimère et Cerbère, le chien aux trois têtes des Enfers. Puis elle s'unit à Orthros, et enfanta, entre autres monstres le Sphynx, le Lion de Némée, Ladon, gardien du Jardin des Hespérides, et l'Aigle de Prométée. Le héros présentant le plus beau tableau de chasse est sans doute Héraklès qui, au cours des 12 travaux que lui imposa Héra, rencontra, entre autres, plusieurs de ces monstres que je vins de citer.
Ces dragons qu'affrontent les héros personnifient parfois des dangers naturels, tels Charybde et Scylla (autre fille d'Echydna), gouffre et rocher bien réels près du détroit de Messine, ou le dragon gardant le jardin des Hespérides, qui personnifie le Gulf-stream entourant ces îles, ce grand serpent de la mer, ou grand dragon des océans, tels que le connaissaient toutes les traditions de navigateurs, Vikings, Danois, Saxons, Celtes.
Ce trésor que gardent les dragons, quel est-il ? Souvent enfoui au fond d'une caverne, symbole du coeur caché de la Terre, de la matrice où le héros, tel le récipendaire des anciens Mystères d'Eleusis, doit mourir pour renaître, ou caché au fond des mers, le trésor (qu'il soit, selon les légendes, or, pierres précieuses ou Pierre du dragon, perle ou autres joyaux, Oeuf de serpent ou oursin des mers) représente la vie intérieure, et les dragons qui gardent ces trésors, gardiens féroces d'un lieu interdit au profane, ne sont que les images de nos désirs et de nos passions qui nous empêchent d'accéder à ce qu'il y a au plus profond de nous (pourrait-on mieux illustrer la célèbre formule : V.I.T.R.I.O.L. ?). Descendre dans l'antre du Dragon, c'est sans doute descendre au fond de nous même pour nous préparer à recevoir la lumière.
L'or, métal réputé inaltérable et pur, symbolise souvent sous différentes formes cette lumière, ce trésor à découvrir en nous-même. Dans la mythologie grecque, il apparaît sous la forme des pommes d'or du Jardin des Hespérides que parvient à dérober Héraklès.
Les pierres précieuses, autre forme de trésor enfoui au fond de l'antre du dragon, ne seraient-elles pas le pâle reflet de cette pierre symbolique : "pierre cachée des Sages", ou "pierre brute" ?
Dans la tradition chinoise, le dragon veille sur la perle miraculeuse qui renferme la sagesse et la connaissance, pure comme l'or, symbole de perfection spirituelle et d'immortalité. Ce trésor est associé à la vie, à l'énergie vitale, à la lumière, au bonheur, à la vertu, à tout ce qui est positif et digne d'être recherché.
Dans l'Evangile de St Matthieu, la perle figure le Royaume des Cieux. Elle "ne doit pas être jetée aux pourceaux" : une autre manière de dire que la connaissance ne doit pas être livrée inconsidérément à ceux qui n'en sont pas dignes, ou qui n'y sont pas préparés. Le christianisme a repris ici à son compte, comme tant d'autres choses, cette éternelle mise en garde à l'égard de celui qui accède à une connaissance sans y avoir droit ( = y être préparé), ainsi qu'à l'égard de celui qui, tel Prométhée, dévoile sans permission cette connaissance aux profanes.
La perle du dragon rappelle aussi l'escarboucle que porte au front la Vouivre, et qui lui permet de voir et de se diriger.
La mission essentielle du Dragon-gardien de trésor est de tuer tous ceux qui convoitent celui-ci, et qui ne possèdent pas un coeur assez pur. Seul le héros, celui qui a été élu par les Dieux, du fait même de sa sincérité et de la pureté de son coeur, pourra, grâce à des artifices, et souvent grâce à l'aide d'une femme, s'emparer du trésor et accéder à l'immortalité de l'âme et à la Connaissance suprême.
On retrouve ce thème dans l'Ancien Testament lorsque Dieu, après avoir chassé Adam et Eve du Paradis Terrestre, fait garder l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal par des Chérubins, autrement dit, d'après leur étymologie grecque, des Griffons. L'effigie de ces griffons gardait l'Arche d'Alliance renfermant les Tables de la Loi.
En tant que gardien de trésor, le Dragon préserve ce qui est essentiel dans les êtres et les choses. Le secret qui ne peut être révélé qu'à l'issue d'un affrontement entre celui qui le recherche et celui qui le garde caché aux regards des hommes ordinaires.
Et en fait, étymologiquement, le dragon est lui-même "regard" : le mot grec Drakon vient de derkomai, regarder ou fixer du regard. Certains dragons sont caractérisés par leur regard. Le serpent, le plus "simple" des dragons, celui du Jardin d'Eden et qui a survécu jusqu'à nos jours, fixe sa proie du regard et la rend incapable de fuir. Le regard de la gorgone Méduse tue (ou pétrifie, selon la tradition) ceux qui le rencontrent (Persée parviendra à la tuer grâce au miroir qu'il utilisera pour ne pas rencontrer directement son regard).
Celui qui regarde, qui voit tout (Argos aux cent yeux, par exemple), possède la puissance, et peut surveiller, garder, le royaume ou le trésor qui lui est confié. Les Parthes, au IIIè siècle avant J.C., avaient donné à leurs troupes de cavaliers-archers chargés de surveiller les frontières le nom de dragons, et ce nom fut repris en France par des troupes royales, dont les expéditions punitives en pays protestant, sous le règne de Louis XIV, sont restées tristement célèbres sous le nom de dragonnades.
L'image du Dragon comme "voyant universel" nous renvoie à la connaissance mystique. Celui qui regarde révèle celui qui est regardé. Le regard du Dragon devient le symbole de la révélation. Le dragon est le miroir qui renvoie à l'homme l'image de sa nature cachée.
Il est difficile de ne pas évoquer aussi Python, cet autre dragon qui ne dévoile la connaissance à celui qui vient l'interroger à Delphes que par les révélations "hermétiques" de sa prêtresse.

L'évolution dans le temps du dragon cosmique au dragon gardien se prolonge dans une véritable escalade. Le gardien devient actif, il rançonne les passants, exige des sacrifices, terrorise et ravage des pays entiers. Devenu méchant, destructeur, maléfique, le dragon-serpent peuple les contes. Certains évènements historiques alimentèrent cette image : l'arrivée de dragons envahisseurs. Ils arrivèrent par la mer, (ce qui n'étonna personne, à une époque où les navigateurs pouvaient lire sur leurs cartes marines : "au-delà de cette limite, habitent les dragons..."), Vikings venus du Nord sur leurs Drakkars et Snekkars à têtes de dragons ou de serpents ; mais aussi par la terre, Mongols et Tatares venus de l'Est, avec leurs étendards décorés de dragons.
Le christianisme a intégré cette peur du dragon, en transformant sa signification. Il devint le symbole de tout ce qui est opposé au christianisme, symbole de la barbarie, de la Bête maléfique, incarnation de Satan. Déjà illustré depuis des millénaires, en Mésopotamie, et en Egypte, en Chine (où le dragon est, au même titre que les fleurs de cerisier ou les bambous, un sujet favori pour les peintres chinois, dont certains, comme Ch'en Jung, lui ont consacré leur oeuvre), le dragon deviendra, avec le thème de l'Apocalypse, une source inépuisable d'inspiration pour les artistes. Les personnages apocalyptiques sont surtout illustrés dans les sculptures des chapiteaux et des porches d'églises. Les dragons ornent souvent les majuscules et les fins de lignes des Psautiers enluminés. On ne compte plus les tableaux représentant St Michel ou St Georges terrassant le Dragon.
L'Apocalypse de St Jean décrit le combat du Dragon, et de la Bête de la Terre contre l'Agneau divin. Le dragon est enchaîné pour mille ans, puis revient le temps de l'ultime combat, et le dragon vaincu cède sa place au règne définitif de Dieu. Ce combat entre l'Agneau, Verbe triomphant, sauveur, et le dragon qui incarne Satan, symbolise le combat livré par l'homme à lui-même afin de maîtriser ses tendances destructrices et régressives.
Sa puissance demeure, mais il n'est plus invincible : il n'est plus que l'adversaire du bien, destiné à être détruit. Le devoir des Chevaliers est de le terrasser.
Champion de la foi chrétienne, le chevalier doit être un preux, courageux et au coeur pur. Indifférent aux biens matériels, il ne possède que son cheval et ses armes, qu'il conquiert grâce à ses victoires. Les vertus acquises résident dans l'être, non dans l'avoir.
Le combat contre le dragon représente une épreuve initiatique : si la légende donne souvent comme l'enjeu du combat la délivrance ou conquête d'une princesse inaccessible, c'est que celle-ci incarne l'innocence qui doit lui permettre d'arriver à cette liberté intérieure qui résume l'idéal chevaleresque : valeur et pureté absolues. La valeur établit la dignité de l'homme nouveau, de l'initié. La pureté est indispensable, elle seule lui donne accès au trésor, à la connaissance de sa propre nature.
Ainsi, celui qui affronte le dragon avec succès devient-il ce qu'il est.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:49

Voici quelques noms de déesses lunaires celtes, de différents pays :


Aine de Knocaine, Aine na gClair (aw-ne) (Irlande): Déesse de la lune responsable du bien-être des champs et du bétail. Connectée au solstice d'été. Elle était honorée la veille de la mi-été au pays Limerick sur une colline nommée Cnoc Aine. Les gens amenaient des torches au rituel et après l'invocation ils promenaient les torches dans les champs et parmi leur bétail.

Arduinna, Artio (Gaule): Déesse Ourse de la lune, de la chasse et des forêt. Ours en gallois se dit ard ou art. Elle fût plus populaire dans la région d'Ardennes, à laquelle elle a donné son nom. Certains lui prête le sanglier comme attribut.

Arianrhod (Gaule, Wales): Représentée par une roue argentée, elle est la grande mère nourrice, déesse des étoiles et du ciel, de la réincarnation, de la pleine lune. Sa demeure se nomme Caer Arianrhod qui se traduit par Aurora Borealis, aurore boréale. Elle est la gardienne du cycle argenté des étoiles, symbole du temps et des karmas. Cette roue est aussi connue comme "Oar Wheel", un navire qui conduisait les guerriers décédés vers le royaume de la lune (Emania). Cette déesse est la mère de Llue Llaw Gyffes et de Dylan. Ces derniers sont nés de son union avec son frère Gwydion. Elle était mariée à Nwtvre. Elle est aussi la soeur de Gilfaethwy et Math (Mathonwy). Elle est honorée à la pleine lune par ceux qui désire recevoir la beauté, la fertilité, et une bonne réincarnation. On demandait également son aide pou communiquer avec le monde de la lune ainsi que pour se remémorer ses vies antérieures. On dit aussi qu'elle est l'image de la femme qui refuse la maternité. Une autre version de sa légende prétend qu'elle serait une mère vierge et que lorsque Math se serait accoté sur elle, il aurait su qu'elle était enceinte. Elle se serait alors défendue de s'être laissée toucher par un homme, d'où le concept de mère vierge.



Blodeuwedd, Wlodwin, Blodwin, Blancheflor (Wales): Visage fleuri, Fleur blanche. Cette déesse fût créée à partir de fleurs par Math et Gwydion comme épouse pour Lleu (Llew Llaw Gyffes). Elle fut changée en hibou à cause de son adultère et pour avoir comploter la mort de Lleu afin de retrouver celui qu'elle aimait (Goronwy). Llew fut transformé en aigle, mais reprit sa forme plus tard et tua Goronwy qui avait tenté de le tuer. Déesse de la terre en fleur, des fleurs, de la sagesse, des mystères de la lune et des initiations

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:56

J'ai regroupé divers textes que j'ai lu de-ci- de-là,  que je vous fait partager ici...



MERLIN

(R. Futthark)

 


Qui ne connaît pas Merlin l’Enchanteur ! Tout le monde a entendu parler de ce mage, au moins une fois dans sa vie. Ce personnage est la clé de voûte du mythe arthurien. Sans lui, l’histoire n’est rien ; avec sa présence, elle devient incontournable, porte ouverte sur un monde où l’initiation de l’homme se fait à coups de cœur et à coups d’épée dans des univers aussi réels qu’oniriques. A l’époque de ces romans d’aventure, les druides sont en pleine clandestinité, mais dans les ouvrages, Merlin le druide œuvre au grand jour. Merlin est le garant de la tradition tout en en étant aussi le dépositaire. Il a donc la charge de protéger le savoir et aussi de l’enseigner.

Il est le guide spirituel des rois et des hommes de la grande nation celte et il est le médium, c’est-à-dire qu’il se situe au milieu, dans une zone fluctuante entre les hommes et les forces divines.

Son nom vient du celte mori dunon et signifie « forteresse de la mer ». Il donne à celui qui le porte toute l’étendue de ses pouvoirs sur les éléments, les fluides essentiellement, espace compris ! Merlin est donc une forteresse cosmique, un rempart contre les agressions extérieures et en même temps, une protection interne.

L’étymologie de son nom confirme l’ascendance qui est la sienne sur Morgane, demi-sœur d’Arthur, à la fois compagne et rivale de Merlin. Morgane, celle « qui est née de la mer », relève de la même initiation, de la même coterie. Elle et lui sont des druides de haut rang. Croit-elle user de tous ses charmes pour soumettre l’Enchanteur et le maintenir à l’écart du monde au sein d’une forteresse de verre ? Erreur ! Mais la confusion ne vient pas de Morgane qui maîtrise absolument la portée de ses actes. L’erreur vient des scriptes qui n’ont pas compris ce lien si intime entre les deux êtres, l’homme et la femme à égalité de force, à égalité de connaissance et de pouvoirs. Couple alchimique !

Merlin retenu dans son château de verre ne l’est qu’avec son accord et sa complicité. Le château de verre n’est que l’image de la forteresse dans l’espace, dans le fluide, l’endroit d’où il provient réellement, à l’instar de Morgane. En vérité, Merlin n’est pas retenu prisonnier, il est retourné chez lui !

Il maîtrise le « souffle du dragon », encore un élément fluide qui est, en vérité, la manifestation des forces chtoniennes, celles de la vouivre. Très tôt, Merlin est sensible au respire de la bête. Il a tout juste dix ans quand il est confronté aux forces antagonistes de deux dragons, l’un rouge, l’autre blanc, qui, en sous-sol, ruinent la tour d’un château du roi félon Vortigen.

Plus tard, devenu le conseiller du roi Uther Pendragon (« tête de dragon »), il pourra solidifier le souffle du dragon pour en faire un pont sur lequel le roi ira rendre visite à Yguern, épouse du duc de Cornouailles. Cette rencontre ardemment désirée par le roi servira en fait les menées de Merlin. Sous les traits du duc, Uther va être accepté sur la couche de la duchesse et de cette union naîtra Arthur, futur haut roi des Bretons.

Ses forces, Merlin les possède si bien que les rois de Bretagne seront obligés de capter l’énergie de la terre pour être reconnus sacrés, à la façon des druides en se saisissant de l’épée du pouvoir. Excalibur, l’épée magique des dieux, en garde habituellement dans la forteresse aquatique, ou tout au moins fluide de Viviane / Niniane (encore une fée de la caste de Morgane et de Merlin), se trouvera enfoncée dans la roche la plus dure, par la volonté du roi moribond, Uther Pendragon. Son fils, Arthur, l’ours, captera les énergies de la lame et il sera le seul à les assimiler pour les concentrer et ainsi libérer l’arme de son fourreau de pierre, épisode qui démontre qu'à ce moment précis Arthur avait terminé son initiation prodiguée par son double surhumain, Merlin.

L’Enchanteur, le mage, le druide – peu importe le nom qu’on lui donne – est toujours secondé par un bâton. Cet auxiliaire est l’outil de tous les magiciens accomplis. Il est aussi une marque de puissance et de distinction.

Au-delà, les symboles révèlent la marque des anciens dieux synthétisés dans ce personnage de légende. Merlin est à la fois le Dagda et le dieu Sukelos, celui qui frappe fort avec son maillet de vie et de mort. Dagda est toujours affublé d’une massue aux pouvoirs phénoménaux. L’arme donne la mort d’un bout et la vie de l’autre… Idem pour Sukelos !

Or, de nos jours, nous appelons « merlin » une lourde masse jadis utilisée dans les abattoirs pour occire les animaux de boucherie.

Ainsi Merlin/Dagda/Sukelos serait non pas le dieu de l’Autre Monde, mais celui qui aide le mourant à atteindre l’autre rive. Voilà bien la véritable fonction de ce druide : il aide les vivants à atteindre le pays des morts, qui n’est autre que son domaine, celui d’où il provient et celui où il se trouve, dans sa forteresse de mer, son fluide au fond de l’espace et où il est en attente de son retour parmi les vivants. Sa venue est annoncée dans toutes les épopées dans lesquelles il tient un rôle. Un autre retour est aussi annoncé, celui du Christ !

On le voit, l’amalgame des deux philosophies est savamment organisé dans ces récits fabuleux qui n’en finissent pas de nous faire rêver et de porter jusqu’à nous une bonne dose d’espoir.

En Bretagne, Merlin peut être assimilé à l’Ankou, ce plénipotentiaire de la mort, apparu dans la péninsule au moment des guerres et des grandes épidémies de peste du XV e siècle. L’Ankou, comme Merlin, détient les clés de l’Autre Monde, ce paradis cher à tous les Celtes en matière de terre promise.

Tous les caractères primordiaux de Merlin se retrouvent dans le personnage du magicien Gandalf, héros de l’une des œuvres littéraires les plus lues du XX e siècle : la trilogie du Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien. Gandalf le Gris, puis Gandalf le Blanc, est en proie à des luttes internes et externes antagonistes, tout comme son vénérable ancêtre. Gandalf luttera contre les dragons, passera de l’ombre à la lumière, de la lumière solaire à la lumière des feux nourris aux profondeurs de la terre. Sa force magistrale et chtonienne s’exprime en pleine puissance à travers son bâton qui, plus qu’un accessoire de marche, agit avant tout comme un formidable maillet d’énergie qui effondrera le pont de roche Khazad-Dûm.

Les mythes antiques retrouvent une place et une vigueur nouvelles en notre temps si matérialiste où, paradoxalement, on met Dieu à toutes les sauces, y compris pour justifier les actes les plus odieux, contraires aux lois les plus élémentaires et fondamentales de la vie…

Certaines auteurs donnent Merlin pour fou, égaré dans les forêts, ayant misérable vie d’ermite, loin des hommes, loin des affres de ce monde.

Ceux-là n’ont pas perçu la subtilité de la légende. Fou, Merlin ? La folie à ce niveau s’appelle la sagesse ! Il éprouve parfois le besoin de se retirer au cœur des forêts afin d’y puiser l’énergie nécessaire à sa longue et difficile tâche. Son devoir est surhumain et il est bien seul pour le mener à bien. Pourtant, nous retrouvons les indices d’un druide qui vit magnifiquement sa religion qui est essentiellement une religion des éléments de la Nature.

Merlin est la synthèse des forces du Dagda, le dieu druide.



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MERLIN L’ENCHANTEUR OU DU DRUIDE MYRDDIN


LES ORIGINES DE LA LÉGENDE : LES DRUIDES CELTIQUES '

D’où nous vient le nom de Merlin? Voyons un peu celui qui est venu en premier. Sous sa forme la plus connue de nous, « Merlin » a été utilisé pour la première fois par Geoffroy de Monmouth dans la Vita Merlini sous sa forme latine « Merlinus ». Avant Geoffroy, les noms Merddin et Myrddin étaient utilisés. En gallois, la prononciation du nom Myrddin est très différente qu’en latin. Le Y en gallois se prononce EU et le DD se prononce Z, cela donne donc Meurzinn. On peut aussi dire que le nom de Merlin lui vient du mot Merilun qui donnera le mot Merlin au XIIe siècle en Grande-Bretagne. Ce mot n’est pas associé à Merlin l’enchanteur. Il signifie « émerillon », qui s’avère être une variété de faucons très populaire à l’époque de la chasse chez les nobles Anglais. On pourrait aussi associer le nom de Merlin à l’oiseau qu’est le merle. Le personnage a en effet plusieurs caractéristiques de l’oiseau puisqu’il chante ses prophéties et joue des tours aux gens. Il faut aussi dire que l’oiseau a une place très importante dans le druidisme et il est pratiquement l’animal le plus important des forêts de l’époque druidique. Mais le nom de Merlin ne viendrait pas de cet oiseau. On sait que le nom de Merlin n’a pas été la forme première du nom de l’enchanteur. Son nom a été changé au environ du IXe et aussi du XIIe siècle, puisqu’il est passé de Lailoken-Llallogan à Myrddin à Merlin.



LES PREMIERS RÉCITS : LE MERLIN D’HIER

La légende de Merlin en est une qui est très compliqué à comprendre. Lorsque nous étions petit, nous avons tous, ou presque, entendu l’histoire de Merlin en compte pour enfant ou par le billet de dessin animé à la télévision. Mais, est-ce vraiment là la réelle histoire de cet enchanteur qui l’est devenu avec l’évolution de sa légende?

En fait, on ne sait pas vraiment si Merlin a vraiment existé. Certains scribes de l’époque médiévale disent que oui et les historiens de notre époque disent que non. Malheureusement, nous ne pouvons prouver sa réelle existence puisque certaines sources manuscrites de l’époque, qui ont servit à écrire la première histoire de Merlin ou plutôt de « L’Homme des bois », ont été détruites. Il est donc difficile d’établir la véracité de la légende et ce qui a été enjolivé ou même carrément ajouté par la fantaisie de l’auteur.



DE L'HOMME DES BOIS À MERLIN L'ENCHANTEUR:

Il est très difficile de trouver des sources qui traitent de l’histoire de Merlin. La plupart des livres où Merlin est présent parlent aussi d’Arthur et des chevaliers de la Table Ronde. Or, l’histoire du personnage qu’est Merlin n’a, au tout début de sa création, rien à voir avec les légendes arthuriennes. Les premiers textes à apparaître sur Merlin datent du XII ème siècle au XVI ème siècle. Les sources utilisées pour ces récits de la vie de l’homme qu’est Merlin datent de beaucoup plus longtemps. Selon certaines de ces sources, Merlinus Ambroisius aurait réellement existé et serait même de descendance royale, car fils de fille de Roi.

On dit aussi que la mère de Merlin aurait été connue par le démon pour qu’elle enfante un antéchrist. Mais, sa mère , étant une religieuse, donna naissance à un garçon au pouvoir incroyable mais sans aucune forme de malice. Les différentes histoires de Merlin, qui ont été écrites à cette époque, démontrent bien le christianisme montant de l’époque médiévale. La légende elle même proviendrait directement de l’Antiquité mais aurait été transformé par les scribes chrétiens influencés par la religion.

En plus de l'influence chrétienne, la légende de Merlin aurait subit les influences de la nouvelle mentalité de l'époque puisque les différents personnages des récits changent de fonctions et de rôle à mesure que les histoires s’écrivent dans un temps plus près du nôtre. La femme, par exemple, deviendra une sorcière au venin empoisonné, qui ne laisse aucune chance aux hommes, incluant Merlin lui-même.

Merlin n’est pas un cas isolé dans le grand déferlement des légendes surgi du Moyen Âge. À vrai dire, il n’appartient à aucun temps, à aucune époque, si l’on s’en tient à sa figure légendaire.

Merlin : enchanteur, prophète, fou du bois, homme sauvage, maître des animaux, sage; il est revenu à l’état premier de l’homme; l’état qui le rapprochait de la nature et de sa pureté; retour à la perfection de l’Âge d’Or ou de l’Éden biblique (Moyen Âge considéré comme les temps noire)

L’image même de Merlin transpire la conception du monde de chacune des époques qui l’a raconté: « …, dans notre civilisation industrielle, tout entière bâtie sur la logique, sur la science et sur le profit, dans notre civilisation urbaine complètement coupée des racines essentielles qui ont pourtant fait l’humanité, nous ne savons plus écouter la Nature. C’est sans doute parce que nous ne comprenons plus son langage.



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Merlin l'Enchanteur


- Merlin est le nom (en celtique Myrddhin) d'un personnage légendaire gallois, à la fois poète, sorcier et prophète, qui aurait été le principal auxiliaire du roi Arthur dans sa lutte contre les Saxons. Ces deux personnages avaient certainement été célébrés dans de nombreuses poésies celtiques du VIe au Xe siècle, dont aucune ne s'est conservée sous sa forme primitive; les textes celtiques (gallois, cornouaillais, cambriens, etc.) auxquels ont puisé certains érudits (H. de la Villemarqué) pour reconstituer la première phase de l'histoire légendaire de Merlin sont postérieurs aux romans français et ont probablement été fort altérés par eux. Le plus ancien texte où Merlin apparaisse est la Chronique latine anonyme, attribuée plus tard à Nennius (fin du Xe siècle) : voici en résumé le rôle qu'il y joue :
Le roi breton Wortigern, après s'être rendu coupable de toutes sortes de crimes, et avoir été abandonné de tous, même des étrangers auxquels il s'était allié, veut faire bâtir une forteresse imprenable; trois fois de suite les matériaux qu'on rassemble à cet effet s'évanouissent. Les magiciens du roi lui conseillent d'arroser la place du sang d'un enfant né sans père. Merlin, appelé ici Ambroise (Ambrosius) et fils inconnu d'un consul romain, est destiné au sacrifice, mais confond les magiciens par ses réponses prophétiques et effraie le roi par l'annonce de sa ruine prochaine. Plus tard, il devient le conseiller du successeur de Wortigern, Ambroise, dont il portait le nom.

Mais c'est surtout Geoffroy de Monmouth (commencement du XIIe siècle) qui contribua à accréditer les légendes sur Merlin (comme celles sur Arthur) en les faisant passer pour de l'histoire et en leur donnant un caractère chevaleresque et courtois qu'elles n'avaient pas d'abord. Il commença (1135) par amplifier le récit de Nennius et rédigea en prose latine, à la prière d'Alexandre, évêque de Lincoln, des Prophéties qu'il prétendait emprunter à des poésies populaires bretonnes et qu'il attribuait à Merlin. Ces prophéties, comme toute bonne prophétie, étaient naturellement parfaitement exactes jusqu'à l'époque où écrivait l'auteur, ce qui leur donna aussitôt une vogue immense. Quelque temps après, il rédigea (outre son Historia regum Britanniae où la plus grande place est réservée à Arthur) une Vita Merlini, en vers, où la légende de l'Enchanteur va se trouver considérablement amplifiée.

Merlin, après avoir étonné le monde par sa sagesse et avoir longtemps régné sur les Bretons méridionaux, est atteint à la suite d'une défaite de ses sujets, de folie furieuse et se retire dans les forêts de la Calédonie; il se nourrit de glands, n'a pour asile que le tronc des vieux chênes et pour compagnon qu'un loup. Son épouse Gwendoloena et sa soeur la reine Ganieda envoient à sa recherche un vieux barde jadis son compagnon; celui-ci réussit à le ramener dans son palais, mais il y soupire après la solitude et pour l'y retenir on le charge de chaînes. Mais Merlin ne cesse de prédire (Divination) de sinistres événements, il dévoile les faiblesses de coeur de sa soeur et fait mourir, le jour même des noces, le mari auquel il avait lui-même autorisé sa femme à s'unir. On lui permet de reprendre le chemin de la forêt où il entraîne Ganieda, qui prend soin de lui; le barde Taliesin vient l'y rejoindre et lui fait recouvrer la raison : les chefs bretons accourent et le supplient de reprendre la couronne, mais il refuse et décide même Taliesin à ne pas quitter sa solitude.

L'auteur qui a le plus fait, avec Geoffroy de Monmouth, pour répandre les légendes sur Arthur et Merlin, et qui a le plus amplifié celle de ce dernier, est un Franc-Comtois du nom de Robert de Boron, qui s'adressa, non plus aux clercs, mais à la société comtoise (Hélie de Boron, son frère, que se transmettent la plupart des manuels est un mythe) : il entreprit de rattacher aux légendes celtiques l'histoire du Saint-Graal et composa à cet effet une sorte de trilogie en vers dont le centre était formé par un poème sur Merlin. Ce poème, perdu dans sa forme primitive, revit dans une traduction en prose du XIIIe siècle; les sources en sont, non seulement les livres de Nennius et de Geoffroy, mais aussi les récits oraux des conteurs.

Chez Robert de Boron, le personnage de Merlin prend un caractère tout particulier; ce devait être une sorte d'Antechrist suscité par l'enfer et qui finit par servir la religion qu'il était destiné à ruiner. A la suite d'un conseil où les démons se concertent sur les moyens de faire échec à Jésus-Christ, il est engendré par l'un d'eux dans le sein d'une vierge (telle devait être, selon d'anciennes croyances la naissance de l'Antechrist) qui avait oublié un soir de mettre son sommeil sous la protection de Dieu. Mais Merlin est baptisé et consacré à Dieu par sa mère : cette origine explique l'ambiguïté de son caractère, partagé sans cesse entre deux influences, et pour ainsi dire, entre le ciel et l'enfer. Il préserve d'abord sa mère du supplice auquel l'exposait sa faute apparente; Robert de Boron relie ensuite assez maladroitement l'histoire de Merlin à celle des rois d'Angleterre, et raconte comment il confond l'usurpateur Vortigier (Wortigern dont il raconte l'histoire d'après Nennius); il devint ensuite le favori et le conseiller des deux rois légitimes Pendragon, puis Uter, qui à la mort de son frère, prend le nom d'Uter Pendragon et qui, grâce à l'appui de Merlin, bat les Saxons, et d'après ses conseils institue la Table ronde, dont le but est de reconquérir le Saint-Graal (le plus ancien texte où il soit question de la Table ronde est le Brut de Wace, 1155). Merlin est, dans toute cette partie, comme le meneur du jeu : dans les moments critiques, il apparaît à ses protégés sous les formes les plus variées, mendiant en haillons, vieillard vénérable, paysan grossier, secondant leurs desseins et favorisant leurs passions, parfois même les moins nobles. C'est grâce à lui qu'Arthur, fils d'Uter Pendragon et d'Ygerne, qui avait été séduite par lui à peu près comme Alcmène par Zeus, est reconnu roi des Bretons.

Le récit que Robert de Boron avait laissé inachevé fut complété par divers continuateurs : dans ces suites, fort divergentes entre elles, Merlin se mêle de moins en moins à l'action; il finit par se retirer au fond des bois où il est appelé et retenu par Niniane ou Ninienne, personnage où les commentateurs ont vu souvent une personnification de la nature et de sa puissance bienfaisante (le nom de Viviane, devenu traditionnel, provient d'une erreur de lecture) : Niniane est une femme qu'il instruit d'abord dans la magie, pour laquelle il s'éprend d'amour et qui finit par le retenir dans sa solitude en l'enfermant soit dans une tombe soit, d'après une autre rédaction, dans un cercle magique qu'il lui a lui-même appris à tracer. Depuis ce moment, nul n'a plus vu l'enchanteur : un seul des chevaliers d'Arthur, Gauvain, passant dans la forêt de Brocéliande, entendit, la voix du captif le charger d'aller raconter au roi ce qu'il était devenu.

On voit dans la forêt de Paimpont (ancienne Bréchéliant ou Brocéliande, entre les villes actuelles de St-Brieuc et de Quintin (Côtes-d'Armor) un cromlech qui n'est autre chose, toujours selon la légende populaire que le cercle magique où Merlin fut retenu prisonnier. C'est là que périt l'enchanteur Merlin, ajoute-t-on. Son esprit erra longtemps dans la forêt, apparaissant aux mortels pour leur prédire l'avenir. Selon d'autres, pour qui Merlin aurait été un barde converti au catholicisme par St Colomban, il serait mort dans l'île de Bardsey...
Merlin apparaît de plus dans divers romans (Claris et Laris, etc.). Cette légende a eu un immense succès et diverses rédactions en ont été traduites en plusieurs langues, notamment en anglais, en espagnol et en italien; le roman en prose est aussi une des premières oeuvres qui aient été reproduites par l'imprimerie (dès 1498). L'Arioste (Roland Furieux, III, 10) et Cervantes (Don Quichotte, Il, 21) se sont souvenus de Merlin; Shakespeare a parodié ses prophéties dans un de ses drames (Le Roi Lear, III, 11); avant celui-ci, Rabelais lui avait fait une large place dans la bouffonnerie par laquelle il préludait à son chef-d'oeuvre (Les grandes et inestimables Chronigues, etc. (Gargantua), 1532).
La légende de Merlin, reprise par plusieurs modernes, les a parfois assez heureusement inspirés : il suffira de rappeler le drame de K. Immermann (Merlin, 1831); divers poèmes de Tennyson (Viviane, 1868; le Saint-Graal, 1870, etc.) et l'épopée en prose, riche en pages d'une belle et grande allure, où s'est donné carrière la fantaisie mystique d'E. Quinet (Merlin l'Enchanteur, 1860). Sans parler, bien sûr, de la fortune qu'à rencontrée Merlin au cinéma, au XXe siècle, pour le meilleur parfois, et le plus souvent pour le pire.

 (A. Jeanroy).

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 13:23
Il était une fois...













D'anciennes légendes nous racontent qu'un jour
La déesse des songes pleura de bonheur
 Une larme glissa de ses yeux de velours
Et fut emportée par des anges-créateurs
 Pour en faire un joyau ces faiseurs d'univers
Sculptèrent cette perle ainsi la Lune est née
Et chaque soir s'étend sur la voisine terre
La divine lueur de la grâce beauté
Agenouillé et humble j'ai levé les yeux
 Un intense moment d'adoration totale
 J'ai prié élevant mon âme vers les cieux
Le monde se révèle à la lumière pâle
De la magie lunaire ma muse adorée
 Ma plus fidèle amie ma plus fidèle alliée

Thierry Lorho
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:04

Une petite histoire, conte de fée pour rêver un peu...

 

 

  « Grand-père, Grand-père, racontes-nous une histoire ! »

  Johann et Lili, tous les soirs avant de s’endormir, réclamaient une histoire des temps anciens que leur grand-père Anselme leur contait. Le grand-père était un peu bourru, mais il adorait ses petits enfants. Il ne pouvait rien leur refuser. De plus, il connaissait des tas d’histoires fantastiques, du temps où les hommes étaient…

  « Allez Grand-père, une histoire ! et pas une triste ou une qui fait peur, une qui finit bien ! »

  « Mais toutes les histoires finissent bien. Si vous trouvez qu’elles finissent mal, c’est que vous ne les avez pas comprises. »

  « Ah ? Alors une que l’on comprend bien ! »

  « Bon, je vais vous raconter l’histoire de l’homme vert. »

  « Vert ? Un homme vert ? Mais… »

  « Chut ! Ecoutez l’histoire et cessez de parler. Je vais� vous expliquer pourquoi on l’appelait� l’homme vert. »

  Le village de Jérémy était à la lisière d’une immense forêt. En ces temps-là, dans les forêts, on rencontrait des lutins, des farfadets, des fées, des elfes et plein d’autres choses encore. Mais dans cette forêt-là, on pouvait aussi rencontrer l’homme vert. On venait de loin pour rencontrer cet homme vert, car sa renommée était grande. Il avait, paraît-il déjà guéri plusieurs personnes. Mais on ne pouvait le voir que la nuit, près du vieux dolmen, l’ancien sanctuaire druidique.

  Jérémy était guérisseur. Avant l’arrivée de l’homme vert, il était heureux, car tous les habitants du village venaient le voir lorsqu’ils avaient besoin de ses connaissances sur les plantes et de ses dons de guérisseur. Mais l’homme vert acquit vite une renommée bien plus grande que celle de Jérémy, et Jérémy devint jaloux.

  Au fil du temps, de plus en plus de personnes malades venaient pour voir l’homme vert. Elle venaient parfois de l’autre extrémité du royaume. L’auberge du village étant trop petite pour les accueillir, elles couchaient dans les écuries et les granges. La nuit, elles se rendaient près du vieux dolmen et attendaient l’homme vert. Vers minuit, il arrivait, s’approchait des gens et posait les mains sur ceux qu’il pouvait guérir. Alors, instantanément, les aveugles retrouvaient la vue, les paralysés repartaient au pas de course. De ses mains, des flammèches vertes venaient guérir les malades. On le voyait arriver de loin car ses deux yeux verts brillaient dans la nuit.

  Pendant plusieurs années, les malades vinrent de plus en plus nombreux voir l’homme vert, et de moins en moins nombreux voir Jérémy.

  Un jour, un vieux druide clairvoyant vint au village. Il alla à l’auberge et rencontra Jérémy, désespéré.

- Bonjour Jérémy. Tu te souviens de moi ?
- …
- J’ai bien connu ton père, il y a de cela très longtemps, tu n’étais qu’un enfant d’une dizaine
d’années.
- Ah oui, je me souviens. On te surnommait « le Vieux Clairvoyant », ou « le Vieux Sage ». Tu n’as pas l’air plus vieux qu’avant.
- A mon âge, on ne vieillit plus. Mais toi tu as changé, tu es devenu guérisseur, comme ton père.
- Peu importe maintenant. Je ne suis plus grand chose. Même toi, je suis sûr que tu es venu le voir
aussi. Notre rencontre n’est qu’un hasard. En fait, tu viens voir l’homme vert pour qu’il te soigne tes douleurs.
- Tu crois au hasard, toi ? Non, je suis venu pour te voir, toi. De toute façon, il y a bien longtemps que je n’ai plus de douleurs.
- Ah ? Tu n’as pas vu l’homme vert ?
- Si, je l’ai vu. Il m’a parlé de toi. Il aimerait que tu viennes le voir. Il a beaucoup à t’apprendre.
- Mais on ne peut le voir que la nuit, et moi, la nuit, je dors.
- Tu devrais quand même y aller une fois, crois-moi.
- Il m’a déjà volé ma réputation, maintenant il veut peut-être que j’aille le remercier.
- Il veut peut-être t’apprendre comment on soigne instantanément ?
- Bon, j’irai. Mais s’il se moque de moi…
- Va le voir en paix, Jérémy. Lui ne connaît ni la haine ni la jalousie. C’est son exemple que tu dois
suivre. C’est ce que ton père a fait avant de devenir le grand guérisseur que j’ai connu. Je dois m’en aller maintenant. A la prochaine Jérémy !
- Au revoir Vieux Sage !

La nuit vint. Jérémy était fatigué. Tous les soirs, il était pris d’un sommeil profond jusqu’au matin. Ce n’était pas le genre à rester éveillé toute une nuit. Il fit donc un effort pour ne pas céder au sommeil et quand vint l’heure, il se mit en route pour le rendez-vous. Les malades étaient déjà près du dolmen. Quand ils le virent arriver, ils lui firent de grands signes, s’approchèrent de lui avec respect et s’agenouillèrent autour de lui. Jérémy ne comprenait pas pourquoi ils agissaient ainsi. Encore un sale coup de l’homme vert, pensa-t-il. Mais où se cachait-il, ce fourbe ? Ne sachant que faire, il regarda les malades autour de lui. Il remarqua une lumière au-dessus de certains d’entre eux. Cette lumière lui disait : « Celui-là, tu peux le guérir, il souffre depuis longtemps. »

  Alors Jérémy comprit . Il était l’homme vert. L’homme vert, c’était lui. Maintenant, il voyait cette lumière verte qui l’entourait. Il voyait les esprits des forêts qui l’accompagnaient dans sa tâche. Il voyait le sourire du Vieux Sage près du dolmen. Il voyait !

  Les gens du village aussi le reconnurent. Pendant toutes ces années, ils ne firent pas le rapprochement entre Jérémy et l’homme vert. Mais à partir de ce jour, Jérémy et l’homme vert ne firent plus qu’un.

  Le jour, Jérémy recevait les hommes malades chez lui, habillé d’une belle tunique verte qu’il s’était fabriquée avec l’aide des elfes de la forêt. La nuit, l’homme vert allait soigner les arbres malades et les animaux blessés. C’est ainsi que Jérémy devint le guérisseur le plus connu du royaume.


  « Voilà ! Belle histoire, non ? »

  « Superbe histoire, Grand-père. Mais dis-nous, est-ce que Jérémy, l’homme vert, a vraiment existé ou est-ce une légende ? »

  « Dans toute légende, il y a une part de vérité. Mais les êtres de la forêt se souviennent encore de Jérémy. Leur mémoire est plus grande que celle des hommes. Maintenant, il faut aller vous coucher, il se fait tard. »

  Les enfants couchés, le vieil Anselme se leva de son fauteuil pour ouvrir une vieille armoire, en sortit une vieille tunique verte et murmura, nostalgique :
  « Il y a bien longtemps qu’on ne m’a plus appelé Jérémy ». En réponse, le Vieux Sage lui sourit.

(Philippe Gremmel)

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:44

La Vouivre : une légende


C'est un serpent ailé dont le corps est recouvert de feu.

Elle a sur le front un oeil unique,

diamant luminescent qui éclaire et qui projette une vive lumière que l'on voit de très loin.

Lorsqu'elle se montre en femme,

elle est très belle mais tout autant redoutable que sous son aspect de dragon.

La nuit, elle traverse les airs en battant bruyamment des ailes,

guidée par l'escarboucle lumineuse qui lui sert de regard.

Le jour,elle reste à dormir, lovée au fond d'une caverne, puis descend vers la rivière pour se baigner.

Tantôt elle vole jusque-là,

s'ébroue et bat des ailes comme le font les oiseaux,

d'autres fois elle se coule dans les flots avec sa peau d'écailles et sa queue ondoyante,

mais le plus souvent elle préfère se dépouiller de ses fabuleux atours

afin de sentir la fraîche caresse des eaux contre son corps nu.

Dans l'herbe, à l'abri des regards,

elle cache sa parure serpente et dépose dessus l'oeil précieux.

Combien sont venus l'épier,

attendre cet instant pour lui voler son bien.

Le maraud n'a qu'à tendre le bras pendant que la Serpe s'éloigne d'une brasse argentée,

attraper le bijou et s'enfuir.

On dit que, privée de cette escarboucle, la Vouivre ne voit plus rien.

Il n'a pas encore refermé les doigts sur la pierre qu'un horrible sifflement le glace jusqu'aux os.

Il voit surtout les dents pourléchées par une langue bifide,

et au milieu du front de la bête,

son visage convulsé de terreur que les mille facettes du diamant déchirent en morceaux.


On a beau les prévenir,

c'est toujours la même chanson.

On les retrouve déchiquetés, disloqués ou calcinés,

et dès qu'on veut les retirer de la vase, ils tombent en poussière,

tandis que la Vouivre ressurgit toujours triomphante des flots.�


(Extrait de La Grande encyclopédie des fées, Hoëbeke 1996)


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Héraldique :


Escarboucle (n.f.)

Pièce formée de huit rayons (rais) enrichis de pommettes perlées et souvent terminées par une fleur de lys.


Escarboucle : C'était, sans doute, à l'origine, une garniture de fer à plusieurs branches servant à renforcer le bouclier. L'escarboucle devint ensuite un symbole héraldique, sorte de pierre précieuse sphérique ou quadrilobée, projettant huit rais ou rayons, en forme de bâtons fleurdelisés, posés en croix et en sautoir.


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Le mot Vouivre a pour origine le mot latin Vipera soit serpent. Cette croyance populaire aurait été mentionnée la première fois par Désiré Monnier dans un ouvrage publié en 1818 et intitulé Essai sur l’origine de la Séquanie.


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La légende de la Vouivre




Créature comtoise


Une créature fabuleuse, mi-femme mi-serpent, aurait élu domicile dans les forêts de l’est de la France. Elle parcourrait la Franche-Comté, la Bourgogne et le Jura jusqu’aux versants suisses. On raconte que, de temps en temps, elle apparaît aux hommes isolés dans la campagne. On l’appelle la « Vouivre ».




Du monstre à la fée


Au XIXe siècle, des histoires à son sujet courent dans tous les villages de la région. Beaucoup d’habitants tentent de percer les mystères qui entourent « la bête ». Quand le soir approche, ce serpent ailé abandonnerait ses écailles rougeoyantes et se changerait en femme-fée enivrante de beauté. Elle nagerait silencieusement dans l’eau tiédie des rivières ou des étangs, la chevelure déployée. Plus d’un promeneur s’est dissimulé dans la végétation pour admirer, médusé, son corps magnifique...




Un trésor merveilleux


Mais la Vouivre suscite d’autres intérêts. Gardienne d’un trésor, elle porte à son front une pierre miraculeuse, l’escarboucle. D’aucuns espèrent s’en emparer pour bénéficier de ses pouvoirs ou devenir riche… Mais le monstre veille et attaque sauvagement ses agresseurs.

Un jour, un ancien soldat devenu valet de ferme s’enhardit et décide de subtiliser le bijou. Il sait qu’il est impossible de neutraliser la créature. Mieux vaut attendre qu’elle dépose elle-même le joyau, comme à son habitude avant son bain. Oui mais, comment échapper à sa vengeance ?




Un stratagème incertain


Malin, il achète un tonneau suffisamment grand pour s’y cacher et le renforce de pointes en fer afin de blesser le serpent. Au milieu, il aménage deux ouvertures pour s’emparer du butin et décharger ses pistolets s’il s’avère nécessaire d’achever la créature.


Le soir venu, le vieux soldat s’enferme dans son tonneau, se fait porter au bord de la rivière et attend fébrilement dans la nuit. Soudain, dans un grand battement d’ailes, la Vouivre atterrit. Insouciante, elle se métamorphose et dépose son bijou à quelques centimètres du fût. Mais, alors que notre homme passe une main tremblante par un des orifices du baril, il entend un grand cri strident et voit le monstre fondre sur lui. Pétrifié, il s’évanouit de terreur… Au petit matin, ses acolytes se mettent à sa recherche la mort dans l’âme. Ils finissent par le retrouver dans son tonneau, transi, bredouille… mais indemne.


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La chaux, en latin, se dit calx . Mais, calx, c'est aussi le talon .

[Ainsi s'explique l'allusion aux talons ailés de Mercure, représenté dans les Figures Hiéroglyphiques ; l'ouvrier assurant la bonne marche d'un four à chaux ou chaufournier, se traduit par calcarius dont une autre acception est l'expression "tomber de Charybde en Scylla", souvent employée par Fulcanelli et qui se rapporte aux corps dont la fixité n'est pas encore totale. Calceus est la chaussure, ou soulier ; les sénateurs portaient une chaussure rouge en cuir souple (aluta = alumen) marquée d'un croissant. Un autre sens de "calx" est "ruer" (référence au cheval). La craie se dit "creta" qui signifie aussi la chaux.  Cretatus = vêtu de blanc, candidat à un poste public (consul, etc.) ; creta = acquittés par des cailloux blancs, en opposition avec cabasus (une marque de charbon était l'indice de blâme). Carbunculus = chagrin dévorant mais aussi pierre précieuse (escarboucle), dont la transparence rappelle celle d'un charbon incandescent. On a là encore des références complémentaires qui expliquent les début de beaucoup de livres d'alchimie où les Adeptes se désolent, sont emplis de chagrins, etc.]
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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 14:33
Cette histoire est tirée d'une légende de Birmanie.


Un magicien possédait le pouvoir de ressusciter les gens. La Lune, curieuse, voulait en percer ce secret. Peu satisfaite de l'enquête du Rossignol, elle s'adresse donc au chat Les chats en ce temps-là, voyaient très mal en plein jour et absolument pas la nuit.

     -Chat, lui dit-elle une nuit, si tu réussissais à me dire comment diable opère ce magicien pour ramener les gens à la vie alors tu aurais ta récompense...tu vois bien ce que je veux dire !
Le chat ne se le fait pas dire deux fois. Il part en chasse d'une souris, laborieusement, en raison de sa mauvaise vue, finit enfin par en attraper une et la tue. Il s'en vient la déposer dans la maison du magicien et se glisse sous un siège. A peine arrivé, le magicien voit la souris morte, sort un petit pilon à broyer le poivre et le passe sous le nez de la petite bête. La souris, morte bien morte, éternue, tousse, écarquille les yeux...et bondit sur ces petites pattes. Notre chat file voir la lune et lui explique les vertus du pilon magique. Celle-ci, heureuse de posséder enfin la clef du mystère offre au chat la récompense promise.
 -Ouvre les yeux!
Le chat écarquille les yeux tout grands. La lune bondit dans ses prunelles... Le chat tout surpris et effaré referme plus vite encore ses paupières...emprisonnant pour toujours de petites lunes d'argent dans ses yeux verts. Depuis, il voit merveilleusement bien le jour et la nuit!

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