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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 17:11



de l'OS5 (ou du G5) par l'intermédiaire d'Internet. Mon travail est maintenant d'améliorer la molécule, et c'est aux médecins de soigner les gens. L'OS5 est fabriqué de façon légale en France, c'est un produit non toxique produit selon les plC'est une histoire qu'on aimerait imaginaire, ou ancienne, ou lointaine... L'ennui, c'est qu'elle s'est réellement déroulée ici, en France, durant ces vingt dernières années.
Le combat de Loïc Le Ribault est celui d'un homme seul contre une mafia médicale et pharmaceutique prête à tout, avec l'appui de l'Etat, pour empêcher la mise sur le marché d'un médicament à base de silice organique qu'il a mis au point, le G5. Un combat pour la librté thérapeutique et le droit aux malades de choisir leur médecine. Un lutte jalonnée de morts douteuses, de prison et d'exil. Aujourd'hui, Loïc Le Ribault est libre... mais à quel prix ?






Loïc Le Ribault, le plus célèbre criminologue français et spécialiste de l’étude de la silice, parle dans le café Le Poisson Volant situé dans le port de Saint Hélier, à Jersey. Avec un haussement d’épaules nonchalant et dans son anglais hésitant, il explique comment le pub est devenu "sa maison et son bureau".
Il connaît pratiquement tout le monde dans le bar, de même que les conducteurs de bus, les commerçants locaux et beaucoup des propriétaires de bateau. Il les connaît, parce que, dit-il, "je les ai soigné de telle ou telle maladie. Beaucoup d’entre eux ont été guéris avec l'OS5, et ils m’en sont reconnaissants".
Assis dans le pub, buvant une bière brune et fumant de temps en temps une Gauloise, on ne dirait pas que Le Ribault est un homme chassé de France parce qu’il a peut-être découvert un secret pour la santé éternelle.
En 1985, tandis qu’officiellement il travaillait en tant que criminologue pour la justice française, Le Ribault collaborait avec un chercheur réputé en chimie, le Professeur Norbert Duffaut de l’université de Bordeaux. A eux deux, ils espéraient développer l’étude de la silice organique, une substance dont ils pensaient qu’elle avait de nombreuses applications thérapeutiques.
Après 12 ans de recherches communes, et peut-être à cause de cela, Duffaut mourut, empoisonné dans d’étranges circonstances, et Le Ribault souffrit de l’incarcération à l’isolement dans une prison française durant près de deux mois et demi.
Aujourd’hui, Le Ribault est tout seul, réfugié à Jersey, étranger apatride fuyant la police française. Sa vie s’est transformée en une aventure désespérée, Le Ribault payant cher pour avoir osé se démarquer de l’orthodoxie scientifique, de la médecine officielle et de l’establishment français.
Loïc Le Ribault a l'air typiquement français. Il est flegmatique et, quand il ne rit pas à ses propres dépens, son visage expressif se défait tel celui d’un clown triste portant sur ses épaules toute la misère du monde. Vêtu d'habits de tous les jours usagés, avec ses pattes de cheveux blancs cotonneux sous le dôme de son crâne chauve et son anglais imparfait - dont il s’excuse constamment -, on le sent sage mais étourdi. Quand on l’écoute, il faut se souvenir qu’au cours des cinq dernières années, il a tout perdu, sauf la raison.

DES DEBUTS PROMETTEURS

Trente ans plus tôt, Loïc Le Ribault est un chercheur précoce, dont les travaux sont publiés par l’Académie des Sciences française. A 24 ans, en 1971, il découvre une nouvelle application pour le microscope électronique. En dépit de son invention révolutionnaire, il lui est impossible de trouver un emploi à l’université et, en 1981, crée son propre laboratoire spécialisé en microscopie électronique, appelé le CARME. Il devient rapidement le criminologue français le plus réputé, et son laboratoire le plus utilisé par les services de gendarmerie et de police.
Le Ribault est le premier à admettre qu’il n’est pas diplomate. Les accrochages constants entre lui et le ministère de l’Intérieur, apparemment à cause d’un problème d’hégémonie, ne l’empêchent pas de servir l’Etat. Les laboratoires de police français étaient alors, dit-il, dans un état épouvantable : "ils étaient lamentables, n’ayant pas réalisé une seule invention en 45 ans".
Au moment où le CARME est à son apogée, Le Ribault est un personnage de réputation nationale, très connu du grand public, étudiant ou appelé à commenter beaucoup des affaires criminelles, militaires et politiques les plus fascinantes. Toujours très populaire, et en conflit constant avec les institutions, il est recherché tant par les télévisions, les radios et les journaux que par les partis politiques. "Quand je possédais le CARME, il ne se passait pas une semaine sans que je n’apparaisse dans la presse ou à la télévision, et tous les partis politiques m’ont demandé mon adhésion. Aussi bien à la télévision que dans les journaux, je m’efforçais de rendre l’information compréhensible pour chacun, et j’ai très souvent été amené à faire des conférences tant dans les écoles primaires et secondaires que dans les universités."
Le ministère de l’Intérieur semble se méfier aussi bien du panache de chevalier solitaire de Le Ribault que du contrôle tacite qu’il exerce sur la criminalistique française. Il dit que les représentants de l’Etat le présentaient souvent en tant que scientifique de la police et son laboratoire comme étant celui du ministère de l’Intérieur. Sa carrière en tant que le plus éminent criminologue de France prend brutalement fin en 1991, après que le ministère de l’Intérieur ait décidé d’équiper ses propres laboratoires régionaux en microscopes électroniques. Dans la débâcle qui s’ensuit, Le Ribault perd son laboratoire (qui avait employé jusqu’à 33 personnes), ainsi que sa maison, qu’il avait hypothéquée au profit de celui-ci.

UNE SOURCE NATURELLE DE SILICE ORGANIQUE

D’un naturel énergique, Le Ribault s’adapte à sa nouvelle vie et décide de retourner à son premier amour, la silice. Docteur en géologie et suite à ses premiers travaux au microscope électronique, il connait si bien ce domaine qu’il peut déterminer l’histoire géologique d’un grain de sable, ainsi qu’il le raconte d'ailleurs dans son premier ouvrage, L'Histoire d'un Grain de Sable.
En 1972, Le Ribault avait découvert que certains de ceux-ci portent à leur surface une pellicule de silice amorphe soluble contenant des micro-organismes. Vers 1975, il avait mis au point un procédé permettant de récolter cette pellicule, et s'était aperçu qu’elle contient de la silice organique. Ce travail, reconnu par la communauté scientifique, fit l’objet de publications présentées à l’Académie des Sciences.
La silice est un des éléments essentiels de la matière vivante. On la trouve dans les tissus, le thymus, les parois vasculaires, les surrénales, le foie, la rate, le pancréas, etc. Le corps humain perd progressivement son stock de silice organique avec le vieillissement.
Jusqu’aux découvertes de Le Ribault et du professeur Norbert Duffaut, avec lequel il travaillait, il n’existait aucun moyen de recharger l’organisme humain en silice organique. Quoique la silice minérale soit un des principaux constituants de l’écorce terrestre, elle ne peut être assimilée par l’homme, puisque précisément minérale.
Mais la silice organique, elle, peut être assimilée, et fait traditionnellement partie du panthéon de l’herboristerie, présente dans la fougère Queue-de-Cheval et autres végétaux. Le but de Le Ribault était de synthétiser cette molécule, de telle façon qu’elle puisse être utilisée sous forme de complément alimentaire.
Au cours de l’ascension de sa renommée en tant que criminologue, le Ribault avait continué son travail sur la silice organique. Son impression qu'elle pouvait avoir des applications bénéfiques pour la santé avait été confirmée au début des années quatre vingts lorsqu’il trempa ses mains dans une solution de ce produit, et découvrit accidentellement que le psoriasis qui les affectait était guéri.
Lorsque Le Ribault commence à découvrir de telles applications thérapeutiques, il est lui-même sceptique. Mais après deux ou trois années de travail en collaboration avec de nombreux médecins utilisant sa découverte sur leurs patients, il considère qu’il est en mesure d’adresser ses résultats au ministère de la Santé, en demandant la réalisation de tests à partir de produits qu’il propose de fournir gratuitement. Il ne reçoit jamais la moindre réponse à ses nombreuses propositions.
Déterminé à ce que ses découvertes soient diffusées auprès du public, Le Ribault organise personnellement des rencontres aux Etats Unis avec les dirigeants des principaux laboratoires pharmaceutiques ; il voyage au Canada et à travers toute la France pour recontrer des décideurs dans le domaine de la santé. Toutes les personnes qu’il rencontre se déclarent intéressées, et la plupart lui disent qu’ils le contacteront dans les semaines à venir, mais, comme il le dit aujourd’hui, "J’attends toujours une réponse depuis quinze ans". Un responsable d’une société pharmaceutique lui offre 1.000.000 de livres sterling pour enterrer sa découverte.

Rencontre avec Norbert Duffaut

En 1982, Le Ribault commence à travailler avec le professeur Norbert Duffaut, chemiste et ingénieur de recherches au C.N.R.S. à l’université de Bordeaux. En 1957, Duffaut avait synthétisé une molécule de silicium organique qui pouvait être assimilée par l’organisme humain. Après quoi, il commença à utiliser les propriétés thérapeutiques de cette molécule dans le traitement des hommes et des animaux. En 1958, Duffaut obtint des résultats cliniques couronnés de succès en collaboration avec le Dr Janet, gastro-entérologiste.
Duffaut travailla aussi avec le Dr Rager pour le traitement de maladies cardio-vasculaires. En 1967, Rager fut récompensé des résultats obtenus grâce au silicium organique par l’attribution du prix J. Levy Bricker décerné par l’Académie de Médecine. Les travaux de Rager démontrèrent également que la silice organique aidait les cancéreux à lutter contre les effets néfastes de la chimiothérapie.
Le Ribault et Duffaut n’ont pas que leur passion envers la silice comme point commun. Duffaut, alors dans sa soixantaine, est considéré par beaucoup de personnes comme un homme incroyablement difficile à vivre. Le Ribault parle de Duffaut avec tristesse, mais aussi son habituel humour : "Il était moins diplomate que moi ! Beaucoup moins diplomate ! Vous pouvez imaginer ça ? Il était impossible. Il considérait que le système était entre les mains de décideurs incapables - il avait naturellement raison -, mais il le leur disait à la moindre occasion. C’était un excentrique, un individualiste forcené. Je crois que j’étais la seule personne capable de travailler avec lui".

Le "suicide" de Duffaut

Comme Le Ribault, Duffaut utilise l’humour pour se protéger des problèmes graves. "Duffaut était un homme très, très intelligent, un authentique génie, un chimiste de très haut niveau, toujours en train de chanter, de plaisanter et de sourire à longueur de journée - tous les jours!" Le Ribault se souvient affectueusement de lui comme d’un célibataire entièrement plongé dans ses recherches, volontairement coupé des assommantes banalités de la vie quotidienne pour atteindre son but, et Le Ribault dit en plaisantant qu’en fait, la plupart du temps, il était "dans la lune".
Lorsque Le Ribault rencontre Duffaut, celui-ci teste donc les applications thérapeutiques de sa silice organique synthétique depuis vingt-cinq ans. Il a souvent offert gratuitement sa découverte à l’Etat français et aux autorités médicales, mais toutes ses offres se sont heurtées au même silence absolu et délibéré.
En 1985, Duffaut et Le Ribault déposent un brevet international pour protéger les applications thérapeutiques de la silice organique. Et, en 1987, comme beaucoup d’autres scientifiques ne travaillant pas pour le compte des sociétés pharmaceutiques, Duffaut et Le Ribault s’adressent au ministre français de la Recherche, lui signalant qu’ils considèrent que leur molécule doit être testée contre le SIDA. Ils sont si déterminés à contraindre le gouvernement à reconnaître les qualités thérapeutiques de la silice qu’ils font enregistrer leur proposition au ministre ainsi que leur dossier par un huissier. Duffaut et Le Ribault ne reçoivent aucun écho à leur offre.
En novembre 1993, les voisins de Duffaut, inquiets de ne pas le voir levé, le découvrent mort dans son lit. En dépit du fait que Duffaut avait alors soixante-dix ans et soit décédé dans son lit, une autopsie est ordonnée, qui révèle la présence de cyanure de potassium dans le corps. Bien qu’aucune lettre n’ait été découverte et malgré fait que des témoins ont vu la veille au soir Duffaut en bonne santé et de bonne humeur, la police conclut au suicide.
A l’origine, Le Ribault admit la version du suicide de son collègue, mais ressent aujourd'hui quelques doutes. Son principal sujet d’étonnement est que Duffaut, chimiste de haut niveau, ait choisi le cyanure de potassium pour se suicider, alors qu’il savait évidemment que celui-ci provoque une mort extrêmement douloureuse. Des écrits de Duffaut, rédigés peu avant sa mort, révèlent un profond découragement à cause de la déception et de la frustration causées par le refus des autorités de prendre son travail en considération, condamnant le fait qu’ils "le rejettent sans même l’avoir vérifié".

En 1994, Le Ribault lance de G5

A la fin de 1994, Le Ribault, travaillant seul désormais sur une nouvelle solution de silice organique qu’il appelle G5, lance sa fabrication et sa distribution aux malades. Selon lui, le G5 en tant que produit naturel n’a besoin d’aucune autorisation pour sa diffusion. Les autorités médicales à la botte des sociétés pharmaceutiques et de l’establishment de la science industrielle, prétendent pourtant que la molécule n’est pas reconnue en tant que médicament.
Le financement des tests pour un nouveau produit à usage thérapeutique mis au point en dehors des sociétés pharmaceutiques est devenu un gros problème aux Etats-Unis et dans les pays européens. Aux frontières des différentes sortes de traitements médicaux, une guerre perpétuelle fait rage. Le commerce et la pratique de traitements non orthodoxes sont constamment attaqués par les grosses sociétés. Les agresseurs les plus fréquents dans cette guerre d’usure sont les sociétés pharmaceutiques. Disposant de fidèles alliés dans les organismes officiels, les départements de recherche universitaires et les médias, une de leurs stratégies consiste par exemple à amenuiser le nombre de plantes légalement autorisées et de réduire la disponibilité des vitamines et des compléments alimentaires.
Les très riches sociétés pharmaceutiques peuvent assumer la compétition entre elles, payant des centaines de milliers, souvent des millions de livres pour effectuer des tests, puis des milliers de livres pour préparer les dossiers qui devront être présentés aux autorités médicales. Lorsqu’elles ont obtenu les autorisations nécessaires, des stratégies de commercialisation agressives, la protection de l’Etat et parfois de bien "sales tours" assurent la victoire dans cette compétition.
Les herboristes, homéopathes et nutritionistes, qu’ils s’agissent de fabricants ou de praticiens, incapables de réunir l’argent nécessaire ou d’obtenir l’aide de laboratoires acceptant d’effectuer de tels tests, sont obligés d’utiliser leurs traitements dans les pires conditions. Ils n’ont pas le droit d’indiquer la moindre propriété thérapeutique dans aucun domaine médical.
La censure commerciale, financière et professionnelle appliquée par les multinationales et les médecins au sujet de nouvelles thérapies naturelles, dans ce domaine du marché de la santé, a inévitablement créé articiellement l’ "illégalité" de nombreuses activités, et criminalisé des docteurs, des scientifiques et des thérapeutes. Mais, ce qui est peut-être plus important encore, d’une façon vicieuse, la réglementation officielle de la pharmacie a également criminalisé de nombreux patients. En refusant à ceux-ci la liberté de choisir le traitement qu’ils désirent, les organismes officiels ont poussé des patients vers une culture de soins clandestins.
C’est dans cette jungle de protection de la pharmacie officielle et des réglementations partiales et embrouillées en faveur des sociétés pharmaceutiques que Le Ribault, fatigué du silence des autorités et irrité par la mort étrange de son collègue, lance le G5 en 1994. La détermination de Le Ribault à affronter les grosses sociétés et les organismes officiels va provoquer l’effondrement de sa vie.

5 pages dans Sud-Ouest Dimanche

En juin 1995, Jean-Michel Graille, journaliste à Sud-Ouest Dimanche, contacte Le Ribault pour écrire un article sur sa découverte. Dix ans auparavant, Graille avait publié un livre, L’Affaire Priore, consacré à un chercheur qui, après la seconde guerre, prétendait avoir découvert une cure contre le cancer en utilisant des rayonnements dont il gardait le secret. Il avait construit près de Bordeaux (France) une énorme machine que lui seul savait utiliser, et obtenait des résultats très intéressants. Une société privée décida de l'aider et finança la construction d'une seconde machine. Des tests officiels furent réalisés, qui révélèrent que le "Rayon Priore" était effectivement très efficace, mais les résultats furent falsifiés par les scientifiques officiels. Décédé depuis peu, Priore n'a jamais révélé son secret, et les deux machines restent inutilisées dans son ancien laboratoire, personne n'étant capable (ou ne voulant ?) de les remettre en route.

Après avoir obtenu l’autorisation de son rédacteur en chef, Graille accompagne Le Ribault pendant quatre mois, observant son travail de scientifique, de novateur et maintenant d’entrepreneur. Après un scepticisme initial, Graille devient convaincu des effets thérapeutiques de la molécule de Le Ribault. En octobre 1995, Sud-Ouest Dimanche publie en cinq pages un compte rendu détaillé du travail de Le Ribault et de l’étouffement de sa découverte.
Les conséquences impensabless de cet article vont propulser Le Ribault dans une bataille incontrôlable avec la justice et d’autres puissances plus occultes. Dans les jours suivant la publication de l’article, Le Ribault reçoit 35.000 appels téléphoniques, lettres et visites de patients. Aidé par des amis, il est obligé de louer un hôtel et d’appeler des scientifiques et des médecins pour l’aider à gérer les demandes et les visiteurs. Sud-Ouest Dimanche doit engager huit standardistes pour répondre au téléphone. Le service téléphonique local saute, et les lignes des gendarmeries et des bureaux de poste des localités voisines sont bloquées des jours durant. Dans les trois mois qui suivent la publication de l’article, Le Ribault fait de son mieux pour traiter les milliers de gens qui convergent vers lui pour demander son aide. Il déclare aujourd’hui qu’il pense que cette vague de fond a fait perdre environ 35 % de chiffre d’affaire aux pharmaciens de la région.

Intimidation, agression, crise cardiaque...

Mais l’article a d’autres conséquences, plus sinistres. Dès la sortie de l’affaire, selon Le Ribault, les autres journaux recoivent ordre de ne pas reprendre l’information. Il reçoit de nombreuses menaces de mort, sa maison est cambriolée et ses collaborateurs menacés. Une collaboratrice qui l’aidait depuis des années est séquestrée une heure durant dans la maison de Le Ribault, molestée et sérieusement blessée. Le Ribault et sa collaboratrice connaissent l’assaillant, un truand marseillais qui voulait contraindre Le Ribault à lui céder une franchise pour le G5, mais, officiellement informée, la gendarmerie reste inactive.
Qu’il s’agisse d’une conspiration ou par simple opportunité criminelle, des sociétés fleurissent soudainement en prétendant diffuser du silicium organique à usage thérapeutique. Beaucoup de ces sociétés utilisent les noms de Le Ribault et de Duffaut, leurs photographies et même leurs signatures falsifiées. Des publicités illégales inondent le marché en reprenant des passages de l’article de Graille. Plus tard, Le Ribault découvrira, en lisant des rapports d’analyses de laboratoires officiels, que certains des produits ainsi commercialisés ne sont que de l’eau, ou au contraire des substances dangereusement instables de silice.
Le Ribault n’a rien à voir avec tout cela ; pourtant, en janvier 1996, après qu’un certains nombre de plaintes aient été prétendûment déposées contre ces produits falsifiés, l’ordre des médecins et l’ordre des pharmaciens - institutions professionnelles qui en France protègent les intérêts des médecins et des pharmaciens - déposent plainte contre Le Ribault pour exercice illégal de la médecine et exercice illégal de la pharmacie. Au début, Le Ribault est satisfait de ce dépôt de plainte, "c'était quelque chose que j’attendais, quelque chose que j’espérais. Je pensais que la justice serait ainsi obligée de demander enfin des tests officiels". Le Ribault a environ six mois à attendre avant d’être entendu par le juge d’instruction.
Au milieu de ce tir de barrage, Le Ribault ne s’aperçoit pas que l’arbre cache la forêt, incapable de se rendre compte que c’est toute une campagne qui commence contre lui, dont le but est de mettre un terme définitif aux applications médicales de sa découverte. Son désarroi et sa peine sont accrus par le décès de Jean-Michel Graille en avril 1996. Graille, sans doute le meilleur supporter public de Le Ribault, est mort soudainement et de façon inattendue d’une crise cardiaque dans son jardin à l’âge de cinquante ans.
Le Ribault évoque sa naïveté et les dangers qu’il a dû affronter avec gaieté. L’histoire qu’il raconte avec le plus d’auto-dérision - pourtant une sombre comédie - est celle de la façon dont il a fini par arriver dans les Caraïbes britanniques.
Après la publication de l’article de Graille, de nombreuses personnes lui envoient de l’argent, au total £500.000, pour lui permettre de monter une clinique. Parmi les requins qui surgissent soudain se trouve un groupe de financiers qui proposent à Le Ribault de le conseiller dans la gestion de sa société. Le Ribault mord à l’hameçon, cédant toutes les parts à des actionnaires présentés par le groupe.
Après nombre de discussions et de projets, on apprend à Le Ribault que des contacts ont été pris et un compte en banque ouvert dans les Caraïbes pour lui permettre d’y ouvrir sa clinique. Le passeport de Le Ribault ayant été volé lorsque sa maison a été cambriolée, le groupe lui paie le voyage, et il se rend incognito dans les Caraïbes britanniques, via le département français de la Martinique. C’est seulement lorsqu’il arrive dans l'île de destination, où personne ne l’attend, qu’il commence à comprendre qu’il se retrouve complètement seul de l’autre côté du monde, sans passeport, ne parlant pas la langue, sans argent ni amis. "On m’avait dit que le Premier ministre lui-même m’attendait dans le pays pour me remettre un passeport diplomatique qui me permettrait de voyager ensuite librement. On m’avait assuré aussi qu’un compte en banque avait été ouvert pour moi, et que tout était prêt pour faire démarrer ma clinique. Je ne parlais pratiquement pas un mot d’anglais. Bien entendu, personne ne m’attendait sur place. Je ne possédais que trois petites fioles de G5".
Toujours aussi débrouillard, Le Ribault commence aussitôt à soigner les riches propriétaires des bateaux au retour de leurs croisières quotidiennes, généralement agés et souvent arthritiques. A la fin de la première journée, il a gagné cent livres et pris des rendez-vous pour toute la semaine suivante. A la fin de celle-ci, il a recueilli assez d’argent pour retourner en France s’il le souhaite.
A force de persévérance, il prend lui-même les contacts qui devaient être faits pour lui dans l'île. "J’obtiens l’autorisation du Premier ministre de lancer un centre de soins. J’ai deux sortes de patients, les gens du pays, qui sont désargentés et auxquels je ne demande jamais de payer, qui règlent ce qu’ils peuvent pour le traitement ; ils m’apportent du poisson, des légumes, etc. En soirée, je me rends dans les grands hôtels remplis de touristes richissimes pour traiter leurs coups de soleil. Chaque jour, je me retrouve avec entre vingt et quarante touristes à soigner. Le G5 élimine la douleur des coups de soleil en moins de cinq minutes, et guérit l’affection elle-même en l’espace d’une heure. J’apprends aussi aux barmen de l’hôtel comment appliquer le G5, et tous les soirs ils font des compresses aux touristes".
Pendant son séjour dans les Caraïbes, Le Ribault maintient d’aigres relations avec son pays d’origine. Lorsqu’il reçoit les agréments officiels pour produire et utiliser le G5 dans l’île, il prend soin d’en avertir la presse française qui pose alors publiquement d’embarrassante questions sur l’attitude des autorités françaises envers le produit.

Interrogée, sa mère meurt peu après

La stratégie de provocation de Le Ribault va lui coûter cher.
Deux jours après la publication du succès de Le Ribault par la presse, la police investit la maison de sa mère âgée de 85 ans et l’interroge pendant cinq heures. Sa mère, jusqu’alors valide et en bonne santé, tombe malade le soir même. Elle ne s'en remettra pas et meurt deux semaines plus tard.
La police avait informé la mère de Le Ribault qu’il y avait désormais un mandat d’arrêt lancé contre celui-ci, mais ils ne perquisitionnèrent pas uniquement pour trouver des documents concernant le G5, mais aussi pour chercher tout ce qui concernait le CARME. Aujourd’hui, Le Ribault pense que lorsqu’il commença à avoir de gros problèmes à cause du G5, la police se mit à craindre qu’il ne révèle la vérité sur certains dossiers criminels sensibles.
Bloqué dans les Caraïbes, Le Ribault est profondément atteint par le décès de sa mère et révolté par ce qui apparaît comme une stratégie gratuite de la police. Il n’a pas vécu dans la maison de sa mère depuis des années et, en tout cas, ne se cache pas, puisqu’il a indiqué au juge d’instruction chargé de son affaire ses numéros de téléphone et de fax aux Caraïbes, ainsi que son adresse. "La police savait que ma mère était fatiguée et très âgée. Quand elle mourut, je suppose qu’ils s’attendaient à ce que je me rende aux obsèques".
En novembre 1997, Le Ribault doit rentrer en France pour récupérer les documents personnels et de travail dont il a besoin pour continuer son oeuvre à l'étranger. Sachant l’existence du mandat d’arrêt lancé contre lui, il décide d’y retrourner discrètement. "J’avais l’intention de présenter mes agréments du Commonwealth à quelques personnes dans l’espoir de pouvoir obtenir les mêmes en France. J’ai rendu visite à des médecins et à nombre d’autres sympathisants dont je pensais qu’ils pourraient faire avancer les choses".

Jeté en prison

Bien que Le Ribault soit en France clandestinement, deux de ses amis lui demandent de faire une conférence sur le G5 à un public sélectionné. Pour le rassurer, ils lui indiquent que tout a été préparé pour l'évacuer en urgence si la police se présente. Puis, sans en avertir Le Ribault, et dans le but de se faire de la publicité, ses "amis" avertissent la police et la presse et leur indiquent l’endroit où la conférence se tiendra. Le jour de la conférence, Le Ribault est bel et bien évacué, non pas par ses amis, mais par des policiers ravis.
C’est alors que commence la plus terrible partie du parcours de Le Ribault. "On m’a immédiatement jeté en prison. Auparavant, on m’avait conduit dans les bureaux du S.R.P.J. de Bordeaux, d’où la police avait appelé mon juge en lui disant "Victoire, on a attrapé le Ribault !" "
Le juge refuse de le recevoir ce jour-là et il est emmené directement dans la prison de Gradignan.
Le lendemain, Le Ribault est entendu par le magistrat pendant une dizaine de minutes. En dépit du fait que la seule plainte contre lui soit, pense-t-il, celle de l’Ordre des médecins et de celui des pharmaciens, le juge décide de maintenir Le Ribault en détention. En réponse aux protestations de l’avocat lui faisant remarquer qu’en prison Le Ribault sera en danger à cause de la présence de criminels arrêtés à cause de ses expertises, le magisttrat déclare qu’il sera donc mis au régime de l’isolement absolu.
Ce qui inquiète Le Ribault quand on le ramène à la prison, c’est qu’il ignore combien de temps il sera détenu. Son juge, qui à l’évidence est en train de "fabriquer un dossier", a seulement déclaré qu’à l’approche de Noël son emploi du temps était rempli, et qu’il n’aurait pas de temps à consacrer à une nouvelle audition. Le Ribault s’inquiète aussi du fait que le juge choisi pour instruire son affaire a été un des bons clients du CARME. Un juge connu dans tout Bordeaux, selon Le Ribault, comme "un juge fou, très étrange, très dangereux".
Tôt le jour de son arrestation, Le Ribault a subi l’extraction de cinq dents ; aussi, quand il commence son séjour en prison ne souffre-t-il pas seulement de l’inconfort et de la solitude, mais aussi de l’impossibilité de se nourrir.

Isolement et doigts gelés

Au coeur de l’hiver, avec la neige qui tombe dehors et aucun chauffage à l’intérieur, Le Ribault subit son isolement dans une cellule dont la fenêtre a les vitres brisées. Deux doigts d’une de ses mains et ses deux pieds sont gelés, suite à quoi, aujourd’hui encore, il lui est difficile de marcher sur de longues distances. "Le froid était le pire problème, pire encore que l’ignorance de la date de ma libération".
Les privations dont Le Ribault a souffert dans une prison française contemporaine évoquent celles subies par Soljenitsine. Comme dans beaucoup de prisons, les équipements sont désuets ou bricolés. Chaque cellule dispose d’une sonnette d’alarme en cas d’urgence, mais les surveillants les ont débranchées à cause du bruit continuel qu’elles occasionnaient. S’ils ont besoin d’aide, les prisonniers doivent glisser une feuille de papier entre la porte et le mur, pour qu’on puisse le voir depuis le couloir. Ce système, dit Le Ribault, était "parfait du moment que les surveillants vous aimaient bien, mais s’ils ne vous aimaient pas vous pouviez attendre “des milliers d’heures“ ". Le juge n’accorde le droit de visite qu’à deux collègues de Le Ribault, et refuse cette autorisation à son amie.
L’imagination scientifique de le Ribault est très féconde. En prison, il ne tient pas seulement un journal des évènements du quotidien et de ses réflexions, mais réalise de nombreux dessins détaillés de son environnement, y compris de la cour de promenade des isolés et de sa cellule. Une fois ce travail achevé, il entreprend de recopier méticuleusement les graffiti laissés sur les murs par les autres prisonniers ; "Certains des dessins étaient très beaux, très intéressants, et certains poèmes remplis de sentiment".

Exil outre-Manche

Lors de sa seconde et dernière audition par le juge, Le Ribault découvre que de nouvelles plaintes se sont accumulées dans son dossier. Les chefs d’inculpation sont passés de deux à neuf, incluant la vente de substances toxiques, l’expérimentation illégale en biologie et la publication de publicités pharmaceutiques illégales dans la presse. Le Ribault n’a commis aucune de ces infractions.
A propos de l’accusation selon laquelle il n’est pas médecin, Le Ribault ne peut que répliquer que son diplôme de Docteur ès Sciences est le plus haut diplôme universitaire français. Il fait également remarquer que dans la France moderne tout biologiste ou naturaliste souhaitant suivre l’exemple de Pasteur, qui n’était lui-même pas médecin, aurait de sérieuses chances de se retrouver jeté en prison.
Suite à l’arrestation de Le Ribault, les autorités médicales sont contraintes d'effectuer des tests sur le G5, dont l’un, très favorable, est la confirmation officielle qu’il n’est pas toxique.
Désespérant de réussir à sortir Le Ribault de son marécage cauchemardesque, son avocat fait une demande de libération auprès de la Chambre d’Accusation. "Le Président a réservé son verdict pendant deux jours après ma déposition, ce qui est très inhabituel, mais m'a vallu trois jours de prison de plus". Le Ribault est enfin libéré, mais la Cour lui impose un strict contrôle judiciaire, confisque son passeport, et il est contraint d’aller pointer à la gendarmerie deux fois par semaine.
Le Ribault est d’abord recueilli par une amie, mais deux mois plus tard, un ami policier lui téléphone pour l’informer que ses collègues sont en route pour l’arrêter une nouvelle fois. Cinq minutes plus tard, caché dans le jardin, Le Ribault voit six policiers investir la maison de son amie.
Il s’en va pour se réfugier chez une autre personne, mais remarque le lendemain des voitures de police qui surveillent l’entrée de la maison. Il décide alors de s’enfuir en Belgique. "Il m’a fallu un mois pour arriver près de la frontière belge, où j’ai été caché dans une gendarmerie par un ami officier. Puis des policiers m’ont fait franchir la frontière en utilisant leurs cartes professionnelles. De là, je me suis rendu chez des amis belges, chez lesquels je suis resté caché quatre mois dans une maison isolée en plein milieu de la forêt des Ardennes".
De Belgique, Le Ribault part ensuite en Grande-Bretagne et rejoint finalement l’île de Jersey, où il séjourne depuis maintenant onze mois. Il est très conscient de sa situation d’homme désormais sans domicile ni identité officielle. Même s’il n’en parle jamais, il doit souvent comparer sa situation actuelle à celle de sa brillante carrière antérieure. "Mes amis m’ont aidé parce que je n’avais absolument plus rien. Je n’ai ni argent ni proches. Je suis dans l’illégalité, un apatride".
A Jersey, Loïc Le Ribault est devenu une attraction médicale ; il a utilisé son produit, désormais baptisé OS5, pour traiter des centaines de patients et même si, pour diverses raisons, certains l’ont déclaré inefficace, ses patients se sont avérés satisfaits dans leur grande majorité. La plupart de ceux qui ont été traités connaissent les plus gros problèmes de Le Ribault, et quelques uns, contaminés par la peur que peut susciter une telle affaire, ne souhaitent pas être interviewés. Beaucoup d’autres, toutefois, le supportent ouvertement dans ses efforts pour rendre accessible l’OS5 au plus grand nombre.

Premières guérisons à Jersey

Maria de Jesus est une vigoureuse et exubérante jeune femme de Madeire, âgée de 33 ans, qui vit à Jersey depuis 22 ans. Au début de cette année, en s’entraînant pour la course de 150 miles dans le désert du Sahara (le Marathon des Sables), elle se brise presque la cheville en trébuchant dans un trou.
A peine cinq semaines avant le départ du Marathon, les médecins de l’hôpital lui donnent des béquilles et lui disent qu’elle ne pourra en aucun cas être remise à temps pour la course. Elle-même s’en persuade de plus en plus, lorsque qu’après une semaine et demi de soins intensifs de kinésythérapie, elle n’enregistre aucun progrès.
Un ami lui suggère alors de prendre un rendez-vous avec Le Ribault. "Mon ami lui a téléphoné à 8 heures du soir, et il lui a dit de venir. Je lui ai parlé de ma cheville, il l’a étudiée et m’a déclaré que je serai en mesure de faire le Marathon. J’étais très sceptique et je ne l’ai pas cru. Il m’a ordonné de boire une cuillère à soupe de produit tout en appliquant un cataplasme sur ma cheville. J’étais un peu inquiète, mais prête à tout pour être en mesure de courir".
Maria dit que quelques jours après avoir commencé à utiliser l’OS5, elle s’est senti plus énergique, et à commencer à faire du jogging. Une semaine après le début du traitement, sa cheville était entièrement guéri. Trois semaines plus tard, Maria partait pour le Maroc, où elle pouvait effectuer l’épuisante course de 150 miles à travers le désert.
Maria a conseillé à nombre de ses amis d’utiliser l’OS5 et de rencontrer Le Ribault, et déclare que jamais l’un d’entre eux ne s’en est plaint. "Il s’agit d’un traitement sans aucun effet secondaire et il devrait être librement accessible au public. J’espère que Monsieur Le Ribault pourra ouvrir sa clinique dans l’île".

Frank Amy est un travailleur dur, intelligent et sceptique, qui souffrait de la colonne vertébrale depuis dix-huit ans. A l’origine, c’est Le Ribault qui contacta Amy pour lui demander de l’aider à diffuser l’OS5 dans l’île. Après son premier entretien avec le Ribault, Amy lut le dossier de témoignages, et n’en crut pas un mot.
Contraint d’absorber depuis dix-huit ans de puissants anti-douleur, Amy ne dormait que deux à cinq heures la nuit à cause de la souffrance, mais ce qui l’agaçait le plus était l’incapacité dans laquelle il se trouvait désormais de plier suffisamment le dos pour lacer ses chaussures. Après son premier entretien avec le Ribault en novembre 1997, Amy décida de commencer à se traiter lui-même à l’OS5.
Considérant qu’il était important "de faire le traitement de façon équitable", Amy arrêta d’utiliser ses coûteux médicaments anti-douleur. Dans les deux semaines suivant le début du traitement, Amy se sentit mieux, et put parfois dormir jusqu’à huit heures par nuit. Un mois plus tard, il pouvait plier le dos pour lacer ses chaussures. Amy utilisa l’OS5 durant dix semaines et maintenant, sept mois après la fin du traitement, il déclare qu’il se sent toujours en pleine forme. A l’exception de la persistance du problème relatif à de l’ostéoporose au niveau de la colonne vertébrale et des élancements occasionnels qu’il impute au coincement d’un nerf, il se considère comme guéri.
Depuis son expérience avec l’OS5, Frank Amy est devenu le distributeur du produit à Jersey. En tant qu’un des douze Connétables, chefs élus de la police de l’île, Amy est responsable de toutes les autorisations et siège également au Parlement. Compte tenu de ces charges, il se sent une certaine responsabilité à l’égard de Le Ribault et de sa thérapie, et considère également qu’il est important de trouver un statut légal approprié à Loïc pour qu’il puisse travailler dans une clinique spécialement conçue pour lui. Amy suggère qu’en tant que Connétable il doit "aider les gens autant que possible". Il considère qu’une aide devrait être apportée à Le Ribault, parce que c’est aussi un homme d’affaires, ainsi qu’à ses paroissiens qui pourraient profiter de ses soins. En tant que membre du Parlement, Amy est également attentif aux dépenses médicales de l’île et pense que l’OS5 pourrait à l’évidence permettre des économies s’il était utilisé de façon plus importante.

Paul Leverdier est un technicien de 40 ans travaillant à la piscine de l’Hôpital Général de Jersey. Un athlète de triathlon avare de paroles qui soigne ses patients dans l’eau. Au début de cette année, il souffrait d’une tendinite chronique du talon d’Achille, douleur durable et handicapante causée par le surentraînement.
La tendinite de Laverdier durait depuis six mois et affectait considérablement tout ce qui concernait la partie course et cyclisme de ses épreuves de triathlon. Un collègue kinésithérapeute de l’hôpital avait essayé de soigner la tendinite à l’aide d’ultra-sons et de frictions (massages du tendon). Au bout de six mois, le problème durait depuis si longtemps que Leverdier commençait à envisager à contrecoeur de devoir prendre un long repos.
En février, après avoir rencontré le Ribault, Leverdier appliqua un tissu imbibé d’OS5 à l’arrière du tendon et laissa celui-ci toute la nuit. Auparavant, quand il commençait à courir et à prendre de la vitesse, la douleur était telle qu’il boîtait. Le matin suivant la première application, la douleur avait disparu et le tendon débarrassé des épaisses sérosités qui l’encombraient auparavant. Il continua le traitement pendant deux nuits, soignant cette fois les deux tendons. Maintenant, cinq mois après le traitement, Leverdier semble être complètement guéri de sa tendinite et effectue au triathlon un temps dont il aurait été fier cinq ans plus tôt.
Laverdier n’a pas encore parlé à ses collègues de travail de son auto-médication, car il serait, dit-il, embarrassé par leur scepticisme.

Un thriller contemporain

Par certains côtés, l’histoire du Docteur Le Ribault ressemble un peu à un film de Walt Disney dans lequel on verrait le savant fou, après quelques tours de passe-passe, découvrir la "panacée universelle", puis être poursuivi, sa bouteille de potion magique à la main, par des hommes coiffés de chapeaux noirs. Mais d’un autre point de vue, son aventure éclaire les ténèbres du complot de l’ombre ; c’est la synthèse de drames classiques contemporains, dans lesquels le scientifique publiquement désigné se retrouve, comme le personnage d’Ibsen dans "Un Ennemi du Peuple", rejeté par la communauté orthodoxe, traité d’imposteur et de charlatan, lapidé par le peuple et pourchassé par les foudres du profit et du pouvoir.
Quelque soit la façon dont on interprète ce récit, il faut reconnaître qu’il s’agit d’une histoire apocryphe qui arrive chaque jour. Le scientifique, le chercheur ou le médecin obligé de travailler en dehors de l’orthodoxie et sujet à des pressions puissantes, au ridicule, au sabotage ou à la criminalisation, est en train de devenir un personnage incroyablement banal non seulement dans les romans, mais dans la vie réelle.
Indépendamment des détails ethniques ou nationaux, ces aventures de scientifiques dissidents, quelque soit le sujet sur lequel ils travaillent (BSE, vitamine B6, OS5, fusion froide, homéopathie, etc.) sont très semblables. Ce sont des histoires euro-américaines de l’ère post-moderne. L’affaire Le Ribault, celle d’un scientifique réputé réfugié dans une île indépendante, exilé d’un pays européen apparemment démocratique et possédant un produit thérapeutique légalement produit et distribué dans le monde, est l’illustration de la nature internationale du problème.
Il serait théoriquement intéressant de décrire un continuum temporel et social des scientifiques dissidents, commençant avec la résurgence de la science officielle en tant qu’idéologie puissante au cours de la période post-industrielle. En fait, la lutte entre la science et l’idéologie au pouvoir, et, au sein de la science elle-même, entre groupes dominants et dissidents, n’a guère changé qualitativement depuis le temps où Galilée était torturé par l’église catholique pour avoir osé prétendre que la terre tournait autour du soleil.
Il est possible que voici un siècle, ou même cinquante ans plus tôt, le travail de Le Ribault, entrepris uniquement dans l'intérêt pur et désintéressé envers la science et la santé, ait été aidé par l’Etat ou par des philanthropes, et les résultats de ses recherches offerts à la population par une quelconque organisation commerciale. Dans l’Europe post-industrielle, et tout particulièrement en France, "le peuple" n’a plus droit à la parole aux réunions décisionnelles. Aujourd’hui, la remarquable découverte de Loïc Le Ribault et de Norbert Duffaut, qui est incontestablement d’intérêt public, est jetée en pâture aux loups de la finance et des droits acquis.
A une époque où le marché, particulièrement dans le domaine des médicaments, est dominé par des sociétés multinationales et manipulé par d’énormes groupes commerciaux, le chemin de Le Ribault est de plus en plus emprunté. Les centres métropolitains de la science orthodoxe industrielle sont désormais cernés par les dissidents, "voyageurs" intellectuels bannis comme les religieux hérétiques qui erraient dans l’Europe médiévale.
Au cours de l’ère post-moderne, les droits commerciaux acquis régissent à la fois la science et la médecine et plus que jamais les institutions dirigeantes des professions médicales et scientifiques sont entre les mains de l’industrie. Cette mêlée générale entre la science, le dogmatisme professionnel et les intérêts acquis fut étalée de façon spectaculaire pendant les années qui suivirent la "découverte" de Robert Gallo selon laquelle la cause probable du SIDA était le virus HIV.

1985, l'année des dissidents scientifiques

Pour ceux qui s’intéressent aux dissidents scientifiques, l’année 1985 est caractéristique en ce que les travaux scientiques commencèrent à être examinés au cours de conférences de presse plutôt que par des spécialistes. En France, dans les années où la Wellcome Foundation protégeait son monopole d’exploitation de l’AZT, de nombreux chercheurs médicaux se trouvèrent confrontés au risque d’inculpations pour avoir entrepris leurs propres investigations sur le SIDA. Tant en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis, les scientifiques refusant d’accepter le modèle viral des maladies liées au SIDA furent bloqués et leurs crédits supprimés.
Quand Le Ribault et le professeur Duffaut demandent que le G5 soit testé sur le SIDA, en 1987, la Wellcome Foundation a, à peine quelques semaines plus tôt, obtenu le monopole de commercialisation de l’AZT. La licence d’exploitation initiale en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, qui avait été accordée seulement six mois après que les tests de Phase II aient échoué, fut suivie d’une campagne mondiale de millions de dollars pour implorer les gouvernements d’acheter le produit. En 1989, par exemple, le gouvernement du Brésil paya 130 millions de US$ pour acheter l’AZT. La France fit de même quelques semaines après l’attribution de la licence.
Rien qu’en regardant la quantité d’argent injectée par Wellcome dans les organisations professionnelles, les publicités et les recherches entreprises sur l’AZT, il était clair, que lorsqu’un pays achetait l’AZT, il était entendu que dans celui-ci toutes les autres recherches relatives au SIDA s’arrêtent. Aux Etats-Unis et divers pays d’Europe, les études non pharmaceutiques et particulièrement non anti-virales concernant le SIDA furent découragées.
Les autres affections dans le traitement desquelles l’OS5 a prouvé son efficacité sont les maladies inflammatoires telles que l’arthrite et les entorses. Toutes sont des sources de gros profits pour l’industrie pharmaceutique.
Si l’affaire Le Ribault est une affaire qui doit impérativement être réglée, les Français comme les Américains ont prouvé qu’ils avaient une façon très efficace de résoudre leurs problèmes avec les scientifiques dissidents. Tandis que les britanniques apparaissent théoriquement dogmatiques et transparents, mais truquent en réalité les décisions, les Français traînent leurs scientifiques récalcitrants en justice ou les jettent en prison tout en réduisant la presse au silence.

Des Le Ribault partout dans le monde

En Italie, les patients et les cancérologues ont été publiquement divisés à cause de la vitamine non orthodoxe et du traitement hormonal mis au point par le professeur Luigi Di Bella. Mais là, comme c’est souvent le cas en Italie, la population descend dans la rue pour s’exprimer, transformant le choix médical en question politique de fond, lié tant au concept de la démocratie qu’à celui de la science.
Aux Etats-Unis et au Canada, d'innombrables médecins et chercheurs travaillant en particulier à la recherche de nouveaux traitements contre le cancer ont été obligés de s'expatrier au Mexique ou dans des îles telles que les Bahamas. Au début des années 90, de nombreux herboristes furent emprisonnés pour avoir enfreint les lois régissant la prescription des plantes. Au cours des années 80 et 90, beaucoup de praticiens ont été traduits devant les conseils de discipline professionnels pour avoir pratiqué les médecines complémentaires ou alternatives. En 1995, des agents armés de la FDA cherchant des complexes de vitamine B investirent le laboratoire et les bureaux de l'un des leaders américains de la nutrition, le Docteur Jonathan Wright. Les employés de la clinique durent mettre les mains en l'air et se ranger contre le mur, tandis que les agents pointaient des révolvers sur eux. Quatorze heures furent nécessaires aux agents, aidés par la police, pour vider la clinique de tout l'équipement et des stocks de vitamines et de suppléments alimentaires.
En 1989, Gaston Naessens, un Canadien français pionnier de la microscopie, fut traduit en justice au Québec. Après quarante ans de recherches, Naessens avait conclu qu'il était possible de diagnostiquer le cancer par l'observation du mode de vie de certains micro-organismes du sang. Le gouvernement canadien et les autorités médicales inculpèrent Naessens d'homicide involontaire et d'exercice illégal de la médecine. Plus récemment, une autre Canadienne française, le Dr Guylaine Lanctôt, démissionna du Collège Royal des Médecins Canadiens plutôt que d'être traduite en conseil de discipline à cause de sa position sur la vaccination et de ce qu'elle a appelé La Mafia Médicale dans son ouvrage qui porte d'ailleurs ce titre.
En Grande-Bretagne, en 1990, des personnalités influentes à la solde du monde de la médecine orthodoxe et de la science médicale essayèrent de faire fermer le Bristol Cancer Help Centre. Ils publièrent dans le monde entier des articles avec des résultats trafiqués proclamant que quiconque se faisait traiter par le Centre avait trois fois plus de chances de mourir du cancer que les patients utilisant la médecine orthodoxe. En 1997, les intérêts acquis et l'industrie pharmaceutique s'arrangèrent pour persuader le nouveau gouvernement travailliste que la vente de vitamine B6, particulièrement utile en cas de stress et de problèmes hormonaux chez la femme, devait être réduite.

Aux Français de se battre maintenant !

A cause du pouvoir des institutions actuelles, il y a de moins en moins de gens dans le monde prêts à soutenir les Le Ribault dénigrés et criminalisés par le système. Cette absence de soutien populaire envers ceux qui se battent pour l'intérêt de tous est un triste constat pour la démocratie européenne. Bien que les dissidents élèvent toujours la voix pour le bien public, le désert dans lequel cette voix résonne désormais a radicalement changé au cours de l'ère post-industrielle. Les dissidents ne sont plus des personnages populaires. Le Ribault a des mots très durs pour la population française, dont il pense qu'elle connaissait ses problèmes, mais n'a rien fait pour l'aider. "J'ai soigné peut-être 20.000 patients et de nombreux médecins utilisent désormais le G5. Beaucoup d'entre eux en France savaient que j'étais emprisonné, mais je n'ai reçu que 30 lettres de soutien en prison. Même dans un domaine aussi important que celui de LEUR santé, les Français restent donc fidèles à eux-mêmes : il suffit de se souvenir que pendant la seconde guerre mondiale, la plupart se taisaient comme des moutons promis à l'abattoir, que nombreux (dont la totalité des responsables de l'administration) étaient ceux collaborant avec l'ennemi et que seule une poignée osa résister à l'occupant... J'ai tout perdu pour aider les gens, maintenant les patients n'ont qu'à se battre à leur tour s'ils veulent que je les soigne. Ils doivent demander le droit d'utiliser les produits thérapeutiques qu'ils souhaitent".

Le droit au libre choix thérapeutique

Le Ribault pense que ce "droit au libre choix thérapeutique" des malades est l'aspect le plus important de son combat contre l'Etat français. Avec cette conclusion, il est proche de celle de l'American Right qui demande que soit mis fin à la toute-puissance du gouvernement en matière de réglementations et aux cartels professionnels corporatistes. "Un point capital", déclare le Ribault, "semble avoir été oublié dans toute cette affaire : ce ne sont pas les autorités médicales qui doivent décider du sort des malades, ce sont les malades, et les malades seuls !"
Jusqu'ici, le Ribault a surmonté ses épreuves, avec son sens de l'humour remarquablement intact et ses facultés mentales et morales bien équilibrées. Actuellement, il met la dernière touche à un livre de 400 pages intitulé Lettre à Mon Juge. Celui-ci n'a aucune ressemblance avec L'Histoire d'un Grain de Sable, son ouvrage majeur de jeune chercheur. Le nouveau livre est un véritable gant jeté aux pieds des institutions françaises, criblé des noms, des adresses et des numéros de téléphone de ceux qui, appartenant tant au monde judiciaire que policier, ont provoqué sa chute. Il se lit comme un manuel pour la guérilla intellectuelle. Bien entendu, ce livre ne sera publié par aucune des grandes maisons d'édition européennes, mais envoyé seulement sous forme d'édition spéciale à 500 journalistes des médias français. Bien que Le Ribault ne nourrisse que peu d'espoir (et n'en a de toute façon aucun désir) en une resurrection politique et sociale en France, il persiste à vouloir obliger les institutions françaises, et en particulier la police et la justice, à faire face à leurs crimes.
Si sa Lettre à mon Juge ne réussit pas à faire bouger la République française, Le Ribault espère que son affaire, portée d'ici quelques mois devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme et comportant 37 charges contre les autorités françaises constituera au moins une dénonciation publique de ceux qui ont essayé de l'anéantir. Son combat a transformé Le Ribault en révolté politique, dit-il ironiquement, si bien que quoiqu'il n'ait jamais été concerné par la politique française, son prochain livre pourrait bien être consacré à un programme de révolution.

"Je hais la France"

Au niveau personnel, Le Ribault s'inquiète d'une éventuelle arrestation à Jersey. En dépit du fait que les autorités locales se soient montrées compréhensives et que la population le soutienne, et quoiqu'il envisage toujours de créer une clinique à Jersey, il sent aussi l'appel d'Antigua, son île d'adoption. Il espère récupérer de France ses biens, ses livres et ses documents, puis commencer une nouvelle vie entièrement consacrée à poursuivre ses recherches sur sa molécule et à pêcher dans la mer claire et chaude qui entoure l'île.
Son principal regret, dit-il laconiquement, "n'est pas mon aventure en soi, mais le fait qu'une telle affaire ait pu se produire dans la France moderne". Quand on lui demande si il est triste de ne pas pouvoir retourner en France, Le Ribault est catégorique : "Jamais", dit-il lentement, "je ne remettrai mes pieds sur le sol de France... Jamais !" "Peut-être reviendrai-je un court moment pour me recueillir sur la tombe de mes parents", ajoute-t-il, "mais je repartirai aussitôt. Je ne me considère désormais plus comme Français, mais comme Breton." Il a peine à contenir sa colère : "La police m'a informé que si je retournais en France, je ne serais pas arrêté mais assassiné." Et il conclut doucement :"Je hais la France".
Le Ribault pense qu'il a réalisé désormais tout ce qui lui était humainement possible avec l'OS5. "J'ai des distributeurs dans de nombreux pays et une centaine de médecins et de praticiens utilisent l'OS5. A l'initiative d'un médecin, des praticiens ont créé une association pour collecter, traiter par informatique et diffuser toutes les informations scientifiques et les résultats obtenus par l'utilisation thérapeutique du silicium organique. Quiconque désormais, dans le monde entier, peut obtenir toutes les informations souhaitées et commander de l'OS5 (ou du G5) par l'intermédiaire d'Internet. Mon travail est maintenant d'améliorer la molécule, et c'est aux médecins de soigner les gens. L'OS5 est fabriqué de façon légale en France, c'est un produit non toxique produit selon les plus hauts critères de qualité". Son plus grand souhait aurait été que le gouvernement ait accepté la molécule qu'il lui offrait, se soit chargé de la production, ait gagné de l'argent avec elle et l'ait diffusé dans le monde entier en tant que médicament agréé internationalement. "Mais", dit-il, "ce ne sont pas les politiques qui gouvernent le pays, mais les multinationales et les groupes financiers, mon aventure en est la preuve".

c 2000 LLRG5

 (Nexus N° 39 - 2005)
(Nexus n°39 de  2005 )

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commentaires

voyance gratuite mail 12/05/2016 14:51

Je suis vraiment fière de vous découvrir, votre blog est vraiment super ! J’aime bien son interface, et j’ai trop adoré le contenu aussi. Surtout continuez ainsi !

mariejeannejourdan 14/11/2009 21:17


Histoire incroyable,mais plus rien ne m'étonne après avoir vécu ce que j'ai vécu,ce qui m'a inspiré un roman très autobiographique "le roman noir de la médecine" que vous pouvez lire sur mon site.


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