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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:56

J'ai regroupé divers textes que j'ai lu de-ci- de-là,  que je vous fait partager ici...



MERLIN

(R. Futthark)

 


Qui ne connaît pas Merlin l’Enchanteur ! Tout le monde a entendu parler de ce mage, au moins une fois dans sa vie. Ce personnage est la clé de voûte du mythe arthurien. Sans lui, l’histoire n’est rien ; avec sa présence, elle devient incontournable, porte ouverte sur un monde où l’initiation de l’homme se fait à coups de cœur et à coups d’épée dans des univers aussi réels qu’oniriques. A l’époque de ces romans d’aventure, les druides sont en pleine clandestinité, mais dans les ouvrages, Merlin le druide œuvre au grand jour. Merlin est le garant de la tradition tout en en étant aussi le dépositaire. Il a donc la charge de protéger le savoir et aussi de l’enseigner.

Il est le guide spirituel des rois et des hommes de la grande nation celte et il est le médium, c’est-à-dire qu’il se situe au milieu, dans une zone fluctuante entre les hommes et les forces divines.

Son nom vient du celte mori dunon et signifie « forteresse de la mer ». Il donne à celui qui le porte toute l’étendue de ses pouvoirs sur les éléments, les fluides essentiellement, espace compris ! Merlin est donc une forteresse cosmique, un rempart contre les agressions extérieures et en même temps, une protection interne.

L’étymologie de son nom confirme l’ascendance qui est la sienne sur Morgane, demi-sœur d’Arthur, à la fois compagne et rivale de Merlin. Morgane, celle « qui est née de la mer », relève de la même initiation, de la même coterie. Elle et lui sont des druides de haut rang. Croit-elle user de tous ses charmes pour soumettre l’Enchanteur et le maintenir à l’écart du monde au sein d’une forteresse de verre ? Erreur ! Mais la confusion ne vient pas de Morgane qui maîtrise absolument la portée de ses actes. L’erreur vient des scriptes qui n’ont pas compris ce lien si intime entre les deux êtres, l’homme et la femme à égalité de force, à égalité de connaissance et de pouvoirs. Couple alchimique !

Merlin retenu dans son château de verre ne l’est qu’avec son accord et sa complicité. Le château de verre n’est que l’image de la forteresse dans l’espace, dans le fluide, l’endroit d’où il provient réellement, à l’instar de Morgane. En vérité, Merlin n’est pas retenu prisonnier, il est retourné chez lui !

Il maîtrise le « souffle du dragon », encore un élément fluide qui est, en vérité, la manifestation des forces chtoniennes, celles de la vouivre. Très tôt, Merlin est sensible au respire de la bête. Il a tout juste dix ans quand il est confronté aux forces antagonistes de deux dragons, l’un rouge, l’autre blanc, qui, en sous-sol, ruinent la tour d’un château du roi félon Vortigen.

Plus tard, devenu le conseiller du roi Uther Pendragon (« tête de dragon »), il pourra solidifier le souffle du dragon pour en faire un pont sur lequel le roi ira rendre visite à Yguern, épouse du duc de Cornouailles. Cette rencontre ardemment désirée par le roi servira en fait les menées de Merlin. Sous les traits du duc, Uther va être accepté sur la couche de la duchesse et de cette union naîtra Arthur, futur haut roi des Bretons.

Ses forces, Merlin les possède si bien que les rois de Bretagne seront obligés de capter l’énergie de la terre pour être reconnus sacrés, à la façon des druides en se saisissant de l’épée du pouvoir. Excalibur, l’épée magique des dieux, en garde habituellement dans la forteresse aquatique, ou tout au moins fluide de Viviane / Niniane (encore une fée de la caste de Morgane et de Merlin), se trouvera enfoncée dans la roche la plus dure, par la volonté du roi moribond, Uther Pendragon. Son fils, Arthur, l’ours, captera les énergies de la lame et il sera le seul à les assimiler pour les concentrer et ainsi libérer l’arme de son fourreau de pierre, épisode qui démontre qu'à ce moment précis Arthur avait terminé son initiation prodiguée par son double surhumain, Merlin.

L’Enchanteur, le mage, le druide – peu importe le nom qu’on lui donne – est toujours secondé par un bâton. Cet auxiliaire est l’outil de tous les magiciens accomplis. Il est aussi une marque de puissance et de distinction.

Au-delà, les symboles révèlent la marque des anciens dieux synthétisés dans ce personnage de légende. Merlin est à la fois le Dagda et le dieu Sukelos, celui qui frappe fort avec son maillet de vie et de mort. Dagda est toujours affublé d’une massue aux pouvoirs phénoménaux. L’arme donne la mort d’un bout et la vie de l’autre… Idem pour Sukelos !

Or, de nos jours, nous appelons « merlin » une lourde masse jadis utilisée dans les abattoirs pour occire les animaux de boucherie.

Ainsi Merlin/Dagda/Sukelos serait non pas le dieu de l’Autre Monde, mais celui qui aide le mourant à atteindre l’autre rive. Voilà bien la véritable fonction de ce druide : il aide les vivants à atteindre le pays des morts, qui n’est autre que son domaine, celui d’où il provient et celui où il se trouve, dans sa forteresse de mer, son fluide au fond de l’espace et où il est en attente de son retour parmi les vivants. Sa venue est annoncée dans toutes les épopées dans lesquelles il tient un rôle. Un autre retour est aussi annoncé, celui du Christ !

On le voit, l’amalgame des deux philosophies est savamment organisé dans ces récits fabuleux qui n’en finissent pas de nous faire rêver et de porter jusqu’à nous une bonne dose d’espoir.

En Bretagne, Merlin peut être assimilé à l’Ankou, ce plénipotentiaire de la mort, apparu dans la péninsule au moment des guerres et des grandes épidémies de peste du XV e siècle. L’Ankou, comme Merlin, détient les clés de l’Autre Monde, ce paradis cher à tous les Celtes en matière de terre promise.

Tous les caractères primordiaux de Merlin se retrouvent dans le personnage du magicien Gandalf, héros de l’une des œuvres littéraires les plus lues du XX e siècle : la trilogie du Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien. Gandalf le Gris, puis Gandalf le Blanc, est en proie à des luttes internes et externes antagonistes, tout comme son vénérable ancêtre. Gandalf luttera contre les dragons, passera de l’ombre à la lumière, de la lumière solaire à la lumière des feux nourris aux profondeurs de la terre. Sa force magistrale et chtonienne s’exprime en pleine puissance à travers son bâton qui, plus qu’un accessoire de marche, agit avant tout comme un formidable maillet d’énergie qui effondrera le pont de roche Khazad-Dûm.

Les mythes antiques retrouvent une place et une vigueur nouvelles en notre temps si matérialiste où, paradoxalement, on met Dieu à toutes les sauces, y compris pour justifier les actes les plus odieux, contraires aux lois les plus élémentaires et fondamentales de la vie…

Certaines auteurs donnent Merlin pour fou, égaré dans les forêts, ayant misérable vie d’ermite, loin des hommes, loin des affres de ce monde.

Ceux-là n’ont pas perçu la subtilité de la légende. Fou, Merlin ? La folie à ce niveau s’appelle la sagesse ! Il éprouve parfois le besoin de se retirer au cœur des forêts afin d’y puiser l’énergie nécessaire à sa longue et difficile tâche. Son devoir est surhumain et il est bien seul pour le mener à bien. Pourtant, nous retrouvons les indices d’un druide qui vit magnifiquement sa religion qui est essentiellement une religion des éléments de la Nature.

Merlin est la synthèse des forces du Dagda, le dieu druide.



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MERLIN L’ENCHANTEUR OU DU DRUIDE MYRDDIN


LES ORIGINES DE LA LÉGENDE : LES DRUIDES CELTIQUES '

D’où nous vient le nom de Merlin? Voyons un peu celui qui est venu en premier. Sous sa forme la plus connue de nous, « Merlin » a été utilisé pour la première fois par Geoffroy de Monmouth dans la Vita Merlini sous sa forme latine « Merlinus ». Avant Geoffroy, les noms Merddin et Myrddin étaient utilisés. En gallois, la prononciation du nom Myrddin est très différente qu’en latin. Le Y en gallois se prononce EU et le DD se prononce Z, cela donne donc Meurzinn. On peut aussi dire que le nom de Merlin lui vient du mot Merilun qui donnera le mot Merlin au XIIe siècle en Grande-Bretagne. Ce mot n’est pas associé à Merlin l’enchanteur. Il signifie « émerillon », qui s’avère être une variété de faucons très populaire à l’époque de la chasse chez les nobles Anglais. On pourrait aussi associer le nom de Merlin à l’oiseau qu’est le merle. Le personnage a en effet plusieurs caractéristiques de l’oiseau puisqu’il chante ses prophéties et joue des tours aux gens. Il faut aussi dire que l’oiseau a une place très importante dans le druidisme et il est pratiquement l’animal le plus important des forêts de l’époque druidique. Mais le nom de Merlin ne viendrait pas de cet oiseau. On sait que le nom de Merlin n’a pas été la forme première du nom de l’enchanteur. Son nom a été changé au environ du IXe et aussi du XIIe siècle, puisqu’il est passé de Lailoken-Llallogan à Myrddin à Merlin.



LES PREMIERS RÉCITS : LE MERLIN D’HIER

La légende de Merlin en est une qui est très compliqué à comprendre. Lorsque nous étions petit, nous avons tous, ou presque, entendu l’histoire de Merlin en compte pour enfant ou par le billet de dessin animé à la télévision. Mais, est-ce vraiment là la réelle histoire de cet enchanteur qui l’est devenu avec l’évolution de sa légende?

En fait, on ne sait pas vraiment si Merlin a vraiment existé. Certains scribes de l’époque médiévale disent que oui et les historiens de notre époque disent que non. Malheureusement, nous ne pouvons prouver sa réelle existence puisque certaines sources manuscrites de l’époque, qui ont servit à écrire la première histoire de Merlin ou plutôt de « L’Homme des bois », ont été détruites. Il est donc difficile d’établir la véracité de la légende et ce qui a été enjolivé ou même carrément ajouté par la fantaisie de l’auteur.



DE L'HOMME DES BOIS À MERLIN L'ENCHANTEUR:

Il est très difficile de trouver des sources qui traitent de l’histoire de Merlin. La plupart des livres où Merlin est présent parlent aussi d’Arthur et des chevaliers de la Table Ronde. Or, l’histoire du personnage qu’est Merlin n’a, au tout début de sa création, rien à voir avec les légendes arthuriennes. Les premiers textes à apparaître sur Merlin datent du XII ème siècle au XVI ème siècle. Les sources utilisées pour ces récits de la vie de l’homme qu’est Merlin datent de beaucoup plus longtemps. Selon certaines de ces sources, Merlinus Ambroisius aurait réellement existé et serait même de descendance royale, car fils de fille de Roi.

On dit aussi que la mère de Merlin aurait été connue par le démon pour qu’elle enfante un antéchrist. Mais, sa mère , étant une religieuse, donna naissance à un garçon au pouvoir incroyable mais sans aucune forme de malice. Les différentes histoires de Merlin, qui ont été écrites à cette époque, démontrent bien le christianisme montant de l’époque médiévale. La légende elle même proviendrait directement de l’Antiquité mais aurait été transformé par les scribes chrétiens influencés par la religion.

En plus de l'influence chrétienne, la légende de Merlin aurait subit les influences de la nouvelle mentalité de l'époque puisque les différents personnages des récits changent de fonctions et de rôle à mesure que les histoires s’écrivent dans un temps plus près du nôtre. La femme, par exemple, deviendra une sorcière au venin empoisonné, qui ne laisse aucune chance aux hommes, incluant Merlin lui-même.

Merlin n’est pas un cas isolé dans le grand déferlement des légendes surgi du Moyen Âge. À vrai dire, il n’appartient à aucun temps, à aucune époque, si l’on s’en tient à sa figure légendaire.

Merlin : enchanteur, prophète, fou du bois, homme sauvage, maître des animaux, sage; il est revenu à l’état premier de l’homme; l’état qui le rapprochait de la nature et de sa pureté; retour à la perfection de l’Âge d’Or ou de l’Éden biblique (Moyen Âge considéré comme les temps noire)

L’image même de Merlin transpire la conception du monde de chacune des époques qui l’a raconté: « …, dans notre civilisation industrielle, tout entière bâtie sur la logique, sur la science et sur le profit, dans notre civilisation urbaine complètement coupée des racines essentielles qui ont pourtant fait l’humanité, nous ne savons plus écouter la Nature. C’est sans doute parce que nous ne comprenons plus son langage.



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Merlin l'Enchanteur


- Merlin est le nom (en celtique Myrddhin) d'un personnage légendaire gallois, à la fois poète, sorcier et prophète, qui aurait été le principal auxiliaire du roi Arthur dans sa lutte contre les Saxons. Ces deux personnages avaient certainement été célébrés dans de nombreuses poésies celtiques du VIe au Xe siècle, dont aucune ne s'est conservée sous sa forme primitive; les textes celtiques (gallois, cornouaillais, cambriens, etc.) auxquels ont puisé certains érudits (H. de la Villemarqué) pour reconstituer la première phase de l'histoire légendaire de Merlin sont postérieurs aux romans français et ont probablement été fort altérés par eux. Le plus ancien texte où Merlin apparaisse est la Chronique latine anonyme, attribuée plus tard à Nennius (fin du Xe siècle) : voici en résumé le rôle qu'il y joue :
Le roi breton Wortigern, après s'être rendu coupable de toutes sortes de crimes, et avoir été abandonné de tous, même des étrangers auxquels il s'était allié, veut faire bâtir une forteresse imprenable; trois fois de suite les matériaux qu'on rassemble à cet effet s'évanouissent. Les magiciens du roi lui conseillent d'arroser la place du sang d'un enfant né sans père. Merlin, appelé ici Ambroise (Ambrosius) et fils inconnu d'un consul romain, est destiné au sacrifice, mais confond les magiciens par ses réponses prophétiques et effraie le roi par l'annonce de sa ruine prochaine. Plus tard, il devient le conseiller du successeur de Wortigern, Ambroise, dont il portait le nom.

Mais c'est surtout Geoffroy de Monmouth (commencement du XIIe siècle) qui contribua à accréditer les légendes sur Merlin (comme celles sur Arthur) en les faisant passer pour de l'histoire et en leur donnant un caractère chevaleresque et courtois qu'elles n'avaient pas d'abord. Il commença (1135) par amplifier le récit de Nennius et rédigea en prose latine, à la prière d'Alexandre, évêque de Lincoln, des Prophéties qu'il prétendait emprunter à des poésies populaires bretonnes et qu'il attribuait à Merlin. Ces prophéties, comme toute bonne prophétie, étaient naturellement parfaitement exactes jusqu'à l'époque où écrivait l'auteur, ce qui leur donna aussitôt une vogue immense. Quelque temps après, il rédigea (outre son Historia regum Britanniae où la plus grande place est réservée à Arthur) une Vita Merlini, en vers, où la légende de l'Enchanteur va se trouver considérablement amplifiée.

Merlin, après avoir étonné le monde par sa sagesse et avoir longtemps régné sur les Bretons méridionaux, est atteint à la suite d'une défaite de ses sujets, de folie furieuse et se retire dans les forêts de la Calédonie; il se nourrit de glands, n'a pour asile que le tronc des vieux chênes et pour compagnon qu'un loup. Son épouse Gwendoloena et sa soeur la reine Ganieda envoient à sa recherche un vieux barde jadis son compagnon; celui-ci réussit à le ramener dans son palais, mais il y soupire après la solitude et pour l'y retenir on le charge de chaînes. Mais Merlin ne cesse de prédire (Divination) de sinistres événements, il dévoile les faiblesses de coeur de sa soeur et fait mourir, le jour même des noces, le mari auquel il avait lui-même autorisé sa femme à s'unir. On lui permet de reprendre le chemin de la forêt où il entraîne Ganieda, qui prend soin de lui; le barde Taliesin vient l'y rejoindre et lui fait recouvrer la raison : les chefs bretons accourent et le supplient de reprendre la couronne, mais il refuse et décide même Taliesin à ne pas quitter sa solitude.

L'auteur qui a le plus fait, avec Geoffroy de Monmouth, pour répandre les légendes sur Arthur et Merlin, et qui a le plus amplifié celle de ce dernier, est un Franc-Comtois du nom de Robert de Boron, qui s'adressa, non plus aux clercs, mais à la société comtoise (Hélie de Boron, son frère, que se transmettent la plupart des manuels est un mythe) : il entreprit de rattacher aux légendes celtiques l'histoire du Saint-Graal et composa à cet effet une sorte de trilogie en vers dont le centre était formé par un poème sur Merlin. Ce poème, perdu dans sa forme primitive, revit dans une traduction en prose du XIIIe siècle; les sources en sont, non seulement les livres de Nennius et de Geoffroy, mais aussi les récits oraux des conteurs.

Chez Robert de Boron, le personnage de Merlin prend un caractère tout particulier; ce devait être une sorte d'Antechrist suscité par l'enfer et qui finit par servir la religion qu'il était destiné à ruiner. A la suite d'un conseil où les démons se concertent sur les moyens de faire échec à Jésus-Christ, il est engendré par l'un d'eux dans le sein d'une vierge (telle devait être, selon d'anciennes croyances la naissance de l'Antechrist) qui avait oublié un soir de mettre son sommeil sous la protection de Dieu. Mais Merlin est baptisé et consacré à Dieu par sa mère : cette origine explique l'ambiguïté de son caractère, partagé sans cesse entre deux influences, et pour ainsi dire, entre le ciel et l'enfer. Il préserve d'abord sa mère du supplice auquel l'exposait sa faute apparente; Robert de Boron relie ensuite assez maladroitement l'histoire de Merlin à celle des rois d'Angleterre, et raconte comment il confond l'usurpateur Vortigier (Wortigern dont il raconte l'histoire d'après Nennius); il devint ensuite le favori et le conseiller des deux rois légitimes Pendragon, puis Uter, qui à la mort de son frère, prend le nom d'Uter Pendragon et qui, grâce à l'appui de Merlin, bat les Saxons, et d'après ses conseils institue la Table ronde, dont le but est de reconquérir le Saint-Graal (le plus ancien texte où il soit question de la Table ronde est le Brut de Wace, 1155). Merlin est, dans toute cette partie, comme le meneur du jeu : dans les moments critiques, il apparaît à ses protégés sous les formes les plus variées, mendiant en haillons, vieillard vénérable, paysan grossier, secondant leurs desseins et favorisant leurs passions, parfois même les moins nobles. C'est grâce à lui qu'Arthur, fils d'Uter Pendragon et d'Ygerne, qui avait été séduite par lui à peu près comme Alcmène par Zeus, est reconnu roi des Bretons.

Le récit que Robert de Boron avait laissé inachevé fut complété par divers continuateurs : dans ces suites, fort divergentes entre elles, Merlin se mêle de moins en moins à l'action; il finit par se retirer au fond des bois où il est appelé et retenu par Niniane ou Ninienne, personnage où les commentateurs ont vu souvent une personnification de la nature et de sa puissance bienfaisante (le nom de Viviane, devenu traditionnel, provient d'une erreur de lecture) : Niniane est une femme qu'il instruit d'abord dans la magie, pour laquelle il s'éprend d'amour et qui finit par le retenir dans sa solitude en l'enfermant soit dans une tombe soit, d'après une autre rédaction, dans un cercle magique qu'il lui a lui-même appris à tracer. Depuis ce moment, nul n'a plus vu l'enchanteur : un seul des chevaliers d'Arthur, Gauvain, passant dans la forêt de Brocéliande, entendit, la voix du captif le charger d'aller raconter au roi ce qu'il était devenu.

On voit dans la forêt de Paimpont (ancienne Bréchéliant ou Brocéliande, entre les villes actuelles de St-Brieuc et de Quintin (Côtes-d'Armor) un cromlech qui n'est autre chose, toujours selon la légende populaire que le cercle magique où Merlin fut retenu prisonnier. C'est là que périt l'enchanteur Merlin, ajoute-t-on. Son esprit erra longtemps dans la forêt, apparaissant aux mortels pour leur prédire l'avenir. Selon d'autres, pour qui Merlin aurait été un barde converti au catholicisme par St Colomban, il serait mort dans l'île de Bardsey...
Merlin apparaît de plus dans divers romans (Claris et Laris, etc.). Cette légende a eu un immense succès et diverses rédactions en ont été traduites en plusieurs langues, notamment en anglais, en espagnol et en italien; le roman en prose est aussi une des premières oeuvres qui aient été reproduites par l'imprimerie (dès 1498). L'Arioste (Roland Furieux, III, 10) et Cervantes (Don Quichotte, Il, 21) se sont souvenus de Merlin; Shakespeare a parodié ses prophéties dans un de ses drames (Le Roi Lear, III, 11); avant celui-ci, Rabelais lui avait fait une large place dans la bouffonnerie par laquelle il préludait à son chef-d'oeuvre (Les grandes et inestimables Chronigues, etc. (Gargantua), 1532).
La légende de Merlin, reprise par plusieurs modernes, les a parfois assez heureusement inspirés : il suffira de rappeler le drame de K. Immermann (Merlin, 1831); divers poèmes de Tennyson (Viviane, 1868; le Saint-Graal, 1870, etc.) et l'épopée en prose, riche en pages d'une belle et grande allure, où s'est donné carrière la fantaisie mystique d'E. Quinet (Merlin l'Enchanteur, 1860). Sans parler, bien sûr, de la fortune qu'à rencontrée Merlin au cinéma, au XXe siècle, pour le meilleur parfois, et le plus souvent pour le pire.

 (A. Jeanroy).

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Published by Mirelune - dans Légendes
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commentaires

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Super bonne idée, super bon petit site !! félicitation :)

clovis simard 29/01/2012 23:35


Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-15, THÉOREME EXCALIBUR.- La voie des souffrances ?.

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