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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:04

Une petite histoire, conte de fée pour rêver un peu...

 

 

  « Grand-père, Grand-père, racontes-nous une histoire ! »

  Johann et Lili, tous les soirs avant de s’endormir, réclamaient une histoire des temps anciens que leur grand-père Anselme leur contait. Le grand-père était un peu bourru, mais il adorait ses petits enfants. Il ne pouvait rien leur refuser. De plus, il connaissait des tas d’histoires fantastiques, du temps où les hommes étaient…

  « Allez Grand-père, une histoire ! et pas une triste ou une qui fait peur, une qui finit bien ! »

  « Mais toutes les histoires finissent bien. Si vous trouvez qu’elles finissent mal, c’est que vous ne les avez pas comprises. »

  « Ah ? Alors une que l’on comprend bien ! »

  « Bon, je vais vous raconter l’histoire de l’homme vert. »

  « Vert ? Un homme vert ? Mais… »

  « Chut ! Ecoutez l’histoire et cessez de parler. Je vais� vous expliquer pourquoi on l’appelait� l’homme vert. »

  Le village de Jérémy était à la lisière d’une immense forêt. En ces temps-là, dans les forêts, on rencontrait des lutins, des farfadets, des fées, des elfes et plein d’autres choses encore. Mais dans cette forêt-là, on pouvait aussi rencontrer l’homme vert. On venait de loin pour rencontrer cet homme vert, car sa renommée était grande. Il avait, paraît-il déjà guéri plusieurs personnes. Mais on ne pouvait le voir que la nuit, près du vieux dolmen, l’ancien sanctuaire druidique.

  Jérémy était guérisseur. Avant l’arrivée de l’homme vert, il était heureux, car tous les habitants du village venaient le voir lorsqu’ils avaient besoin de ses connaissances sur les plantes et de ses dons de guérisseur. Mais l’homme vert acquit vite une renommée bien plus grande que celle de Jérémy, et Jérémy devint jaloux.

  Au fil du temps, de plus en plus de personnes malades venaient pour voir l’homme vert. Elle venaient parfois de l’autre extrémité du royaume. L’auberge du village étant trop petite pour les accueillir, elles couchaient dans les écuries et les granges. La nuit, elles se rendaient près du vieux dolmen et attendaient l’homme vert. Vers minuit, il arrivait, s’approchait des gens et posait les mains sur ceux qu’il pouvait guérir. Alors, instantanément, les aveugles retrouvaient la vue, les paralysés repartaient au pas de course. De ses mains, des flammèches vertes venaient guérir les malades. On le voyait arriver de loin car ses deux yeux verts brillaient dans la nuit.

  Pendant plusieurs années, les malades vinrent de plus en plus nombreux voir l’homme vert, et de moins en moins nombreux voir Jérémy.

  Un jour, un vieux druide clairvoyant vint au village. Il alla à l’auberge et rencontra Jérémy, désespéré.

- Bonjour Jérémy. Tu te souviens de moi ?
- …
- J’ai bien connu ton père, il y a de cela très longtemps, tu n’étais qu’un enfant d’une dizaine
d’années.
- Ah oui, je me souviens. On te surnommait « le Vieux Clairvoyant », ou « le Vieux Sage ». Tu n’as pas l’air plus vieux qu’avant.
- A mon âge, on ne vieillit plus. Mais toi tu as changé, tu es devenu guérisseur, comme ton père.
- Peu importe maintenant. Je ne suis plus grand chose. Même toi, je suis sûr que tu es venu le voir
aussi. Notre rencontre n’est qu’un hasard. En fait, tu viens voir l’homme vert pour qu’il te soigne tes douleurs.
- Tu crois au hasard, toi ? Non, je suis venu pour te voir, toi. De toute façon, il y a bien longtemps que je n’ai plus de douleurs.
- Ah ? Tu n’as pas vu l’homme vert ?
- Si, je l’ai vu. Il m’a parlé de toi. Il aimerait que tu viennes le voir. Il a beaucoup à t’apprendre.
- Mais on ne peut le voir que la nuit, et moi, la nuit, je dors.
- Tu devrais quand même y aller une fois, crois-moi.
- Il m’a déjà volé ma réputation, maintenant il veut peut-être que j’aille le remercier.
- Il veut peut-être t’apprendre comment on soigne instantanément ?
- Bon, j’irai. Mais s’il se moque de moi…
- Va le voir en paix, Jérémy. Lui ne connaît ni la haine ni la jalousie. C’est son exemple que tu dois
suivre. C’est ce que ton père a fait avant de devenir le grand guérisseur que j’ai connu. Je dois m’en aller maintenant. A la prochaine Jérémy !
- Au revoir Vieux Sage !

La nuit vint. Jérémy était fatigué. Tous les soirs, il était pris d’un sommeil profond jusqu’au matin. Ce n’était pas le genre à rester éveillé toute une nuit. Il fit donc un effort pour ne pas céder au sommeil et quand vint l’heure, il se mit en route pour le rendez-vous. Les malades étaient déjà près du dolmen. Quand ils le virent arriver, ils lui firent de grands signes, s’approchèrent de lui avec respect et s’agenouillèrent autour de lui. Jérémy ne comprenait pas pourquoi ils agissaient ainsi. Encore un sale coup de l’homme vert, pensa-t-il. Mais où se cachait-il, ce fourbe ? Ne sachant que faire, il regarda les malades autour de lui. Il remarqua une lumière au-dessus de certains d’entre eux. Cette lumière lui disait : « Celui-là, tu peux le guérir, il souffre depuis longtemps. »

  Alors Jérémy comprit . Il était l’homme vert. L’homme vert, c’était lui. Maintenant, il voyait cette lumière verte qui l’entourait. Il voyait les esprits des forêts qui l’accompagnaient dans sa tâche. Il voyait le sourire du Vieux Sage près du dolmen. Il voyait !

  Les gens du village aussi le reconnurent. Pendant toutes ces années, ils ne firent pas le rapprochement entre Jérémy et l’homme vert. Mais à partir de ce jour, Jérémy et l’homme vert ne firent plus qu’un.

  Le jour, Jérémy recevait les hommes malades chez lui, habillé d’une belle tunique verte qu’il s’était fabriquée avec l’aide des elfes de la forêt. La nuit, l’homme vert allait soigner les arbres malades et les animaux blessés. C’est ainsi que Jérémy devint le guérisseur le plus connu du royaume.


  « Voilà ! Belle histoire, non ? »

  « Superbe histoire, Grand-père. Mais dis-nous, est-ce que Jérémy, l’homme vert, a vraiment existé ou est-ce une légende ? »

  « Dans toute légende, il y a une part de vérité. Mais les êtres de la forêt se souviennent encore de Jérémy. Leur mémoire est plus grande que celle des hommes. Maintenant, il faut aller vous coucher, il se fait tard. »

  Les enfants couchés, le vieil Anselme se leva de son fauteuil pour ouvrir une vieille armoire, en sortit une vieille tunique verte et murmura, nostalgique :
  « Il y a bien longtemps qu’on ne m’a plus appelé Jérémy ». En réponse, le Vieux Sage lui sourit.

(Philippe Gremmel)

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Published by Mirelune - dans Légendes
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commentaires

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Merci pour ces bons moments sur votre blog. Je suis souvent au poste pour regarder (encore et toujours) ces merveilleux articles que vous partagé. Vraiment très intéressant. Bonne continuation à vous !

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