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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 14:13

LES MAITRES DU SAUVAGE

Le Roi Houx et l’Homme Vert
Le Velu Roux et le Cornu – Feuillu


(Auteur : Marie des Bois)


  La Forêt c’est le domaine du touffu, du cornu, du fourchu. Le Royaume merveilleux, intense et secret où l’année celtique forestière est partagée entre le règne de l’Homme Vert et celui du Roi Houx, deux visages de Cernunnos ou de Pan
  L’Homme Vert vient réveiller la végétation et les désirs au 1er Mai.
  Le Roi Houx prend ses pleins pouvoirs le 1er Novembre, pour les « Nuits d’Hiver ».
  L’Eglise a voulu christianiser les deux célébrations mais n’a pu réussir à en effacer complètement le sens, par la fête de saints à l’existence plus qu’improbables tant ils sont des hypostases des dieux forestiers : Sylvain, l’homme des forêts, de vert vêtu, le 4 Mai ; et Sylvestre le géant roux, fêté le dernier jour de l’année quand la Forêt rentre chez nous avec le gui, le houx et les parures de conifères. Il existait même une flagrante saint Sylvestre le 5 Novembre ; sans compter, le 4, saint Hubert, archétype du héros forestier évhémarisé !
  Sylvain et Sylvestre, le Cornu – feuillu et le Velu Roux, sont deux aspects de l’Homme Sauvage rivalisant pour la possession d’une même femme : la Déesse Nature.
  La neige est la vêture d’hiver de la Déesse quand elle va séduire le Roi Houx, Parée de fleurs légères, elle s’unit à l’Homme Vert.
  Vêture d’écorce et de fourrure, voici le Roi Houx, du givre et des mousses dans sa barbe blanche, sur sa noble tête couronne de sapins ornée de houx, de sapines et de baies d’hiver luisantes et vermeilles ; émergeant de sa chevelure rousse deux bois de renne ou de cerf lui confèrent sa souveraineté. Il porte collier et bracelet de dents d’ours et de loups, oreilles et queues d’animaux sur sa houpelande.
  Pelisse d’hiver, foururre d’argent, chevelure tressée d’étoiles, mouvante et souple comme une légende soufflée par le Vent, environnée de neige voltigeante, ainsi va la très belle compagne du Roi Houx.
  Le Roi Houx avance dans la Sylve enneigée avec sa compagnie de lutins et de kobolds, de gnomes, de nixes et de nissen, parfois un dahut ou un barbezi bien velu.                                                                                                                                                                                                            Sa majestueuse présence est entourée des ailes colorées des bouvreuils – pivoine, des cardinaux à la huppe groseille, de becs croisés des sapins et le soir du doux vol de harfangs des neiges.
  Sylvestre, le Roi Houx, prend le pouvoir à Samain. Pour la fête du maitre des forêts, du sang et du sauvage, on décore les grandes salles de banquets de houx rouge et vert, de rousses fougères, de bois de cerfs et de tous les trésors de la Sylve pérenne. C’est la saison des grandes chasses, des sacrifices sanglants, de la dévoration de la viande crue. On célèbre l’effervescence de la vie intense par l’effusion de sang. C’est le règne de l’animal aux pulsions débridées avant le sommeil hivernal, de la sexualité fougueuse et tempêtueuse.
  La Chasse Sauvage anime les nuées de ses clameurs de tumulte et féconde la terre là où ses chevaux la touchent de leurs sabots d’étincelles.
  C’est l’époque des festins avec les meneux de loups, les hommes sauvages, les ménades, les centaures et les cavaliers de la Chasse Sauvage qui viennent vider de grands pots de bière mousseuse. Le temps des accouplement animaux, mêlant sperme, sang et terre.


  Poulaines vertes et pointues effleurant à peine la mousse, couronne tressée de lierre et d’épis dorés, de fleurs et de fruits des Bois, l’Homme Vert éveille la Forêt.
  De jeunes bois de daguet pointent au-dessus de sa tête, et de sa barbe blonde s’échappent des graines à foison. Mésanges bleues et fauvettes, longues-queues et nonnettes volètent et pépient autour du Sylvain escorté d’elfes et de sylphes, de blanches biches et de dames vertes.
  Boucles d’or vaporeuses et fleuries, vêtue de vertes lianes, couronnée de lierre et de petits oiseaux, la fille de Mai dans auprès de l’Homme Vert, portant au bras des fraises des bois dans un panier d’osier tressé par des enfants lutins.
  Le petit peuple des mousses et des champignons, s’éveille à leur passage et farandole dans leur gai sillage avec les fils et les filles de Pan tout juste sortis de leur sommeil. Parisettes et Tourmentines, des couples de Pucks, quelques pixies et des alrunes, des lépréchaunes, faunes et farfadets, poulpiquets et sauterets se mêlent joyeusement à la ronde du renouveau.
  Sylvain, l’Homme Vert est couronné pour Beltane, le 1er Mai. Les Arbres commencent à feuiller, c’est la fête du Mai, l’Arbre de Mai garni de rubans, voilé par la Sainte Croix, arbre de mort prenant la place de l’Arbre de Vie, tentant d’étouffer l’exubérance vitale, la luxuriance de la végétation, le touffu. Elle est érigée nue sur le désert… Mais le bois de la croix est arrosé de sang, libation qui peut germer si la verte liane – ou le serpent – s’enroule à la Croix et monte à l’assaut de la mort pour la transmuter en vie et assurer la résurrection de la Nature.
  Dans la clairière, Roi et Reine de Mai s’unissent rituellement pour réactiver toute vie et propitier la fertilité – fécondité.
  C’est le règne du foisonnement végétal, de la magie de la sève et de l’eau, du miel et de la rosée. Les êtres sont animés d’une sensualité plus nuancée.
  Tout frémit sur la terre où s’unissent le Sylvain et la Déesse, tandis que poussent les jeunes plantes en vrilles, en crosses, en spirales de verdoyante conquête.
  Là où l’Homme Vert pose ses pieds, des graines tombent de sa barbe enchevêtrée de fleurs et d’herbes et se mettent à germer.
  Les oiseaux bâtissent leurs nids sur sa tête, les écureuils grimpent sur ses jambes d’écorce et dans sa chevelure.
  C’est le moment des rondes autour des feux, avec les nymphes, les lutins et les fées vêtues de longues chevelures, de voiles et de rubans, de verts feuillages légers.
  C’est le temps des naissances animales, mêlant le sang des jeunes mères à la terre.


  Pour prendre le pouvoir de l’hiver, le Roi Houx déclare la guerre à l’Homme Vert. Il souffle et tempête avec puissance, arrache les feuilles et roule dedans l’Homme Vert, en spirales. Ils éboulent des rochers, se heurtent aux troncs rugueux, arrachent des lambeaux d’écorce. Et l’Homme Vert, affaibli par tout l’amour qu’il a prodigué, perdant son sang comme les Arbres leur sève, s’en va, rampant, dans l’abri de sa caverne tapissée de mousse, sous la Forêt, dans le ventre fécond de la Terre qui, sous son règne, a tant et tant fructifié.
Le Roi Houx est violence, force et puissance. Il est tempêtueux et intense. Comme donc, le printemps venu, l’Homme Vert pourra-t-il venir à bout de ses résistances ? Il a de la ruse et de la patience. Son heure viendra, il le sait. Toute la Nature le sait, rameaux verdissants, bourgeons gonflés de sève nouvelle, de désir et de vitalité.
L’Homme Vert n’est guère d’humeur à tempêter. Il sait sourire, dénicher la miellée, jaillir, feuiller, chanter, tisser l’amour dans des tresses de soleil et des bouquets d’herbes brillantes de rosée. Il sait aussi combattre mais n’a guère envie d’affronter le Roi Houx musculeux et fonceur qui ne manquerait pas de lui décocher une rafale de flèches glacées pour retarder sa venue. Il a médité tout l’hiver sous la Terre chaude et frémissante. Il a mieux à faire…
Une elfe vint le réveiller. Comme la douceur de sa peau était savourable et miellée ! Une fille-fleur aux rondeurs déroutantes, aux yeux de pervenche enchanteurs, à la coupe d’or emplie d’une liqueur d’ambre mêlée de miel et de soleil et saupoudrée de pollen. Enivrante. Ses douces mains de nacre satinée, ses doigts de rêve et de plaisir réveillent comme par enchantement l’âme et le corps du Sylvain. Sûrement, se dit-il dans une brume de désirs qui se déploient sous les mains de fée, la Déesse devait entrouvrir ses doux yeux verts et s’acheminer vers la clairière !
L’Homme Vert va près de la caverne du Roi Houx, jouer sur son flutiau une musique dont la chaleur, contenant les potentialités de toutes les ardeurs de la belle saison endort le Roi de l’hiver et attire la Déesse, la prend par la main et l’entraîne. Le printemps les attend…
Dans la clairière, sur une couche de ramilles de Bouleaux et de fleurs nouvelles, l’Homme Vert va s’unir à la Déesse pour célébrer la Vie, la sève, l’amour et le printemps et réactiver les forces vives de la Nature…
Et la Forêt déplie son opulent feuillage et frémit de volupté au cœur du touffu !

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Published by Mirelune - dans Druidisme
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commentaires

voyance gratuite en ligne 09/02/2016 15:03

Grâce à vous, j'ai pu apprendre beaucoup de choses intéressantes. J'espère en apprendre encore. Je vous félicite pour ces merveilleux partages. Continuez ainsi !

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