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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 15:40

Principalement porté par dévotion mariale, ce prénom aux apparences simples a suscité bien des discussions, alors qu'on sait depuis longtemps que ce nom est d'origine égyptienne. Pour en retrouver le sens, il faut donc remonter à sa source.

Miryâm est une abréviation de Méryamé, elle-même altération de l'araméen MéRYTh-YéMêY, "Maîtresse du jour", ou dans une langue plus poétique "Amante de la lumière". Ce surnom traduit sans déformation l'égyptien Méryt-Rê, "amante de Rê" (le "Soleil", la lumière rayonnante). Le féminin Méryt et le masculin Méry, "Maître, amant", étaient très répandus en Egypte dans toutes les couches sociales, et ce depuis la haute Antiquité (1). Les Egyptiens d'alors, très religieux, employaient le plus souvent ce qualificatif accolé au nom d'un de leurs dieux. Parmi les princesses, on relève par exemple une Méryt-Aton, "Amante d'Aton" (l'Unique), "Grande épouse" d'Aménophis Ier, deux Méryt-Amon (le Caché), filles-épouses de pharaons - cela se faisait- , l'une d'Akhénaton, l'autre de Ramsès II. Néféromé, fille de la prestigieuse régente Hatchepsout (elle fut pharaon en titre pendant plus de quinze ans, de - 1501 à - 1483, environ), avait pris le nom de Méryt-Rê, en devenant sa grande prêtresse. On connaît aussi un batelier du Nil, fils de Menna, nommé Méry-Sékhmèt, "Amant de la Lionne" (maîtresse des inondations soudaines du Nil), ou bien un Méry-Aa, "Amant de la Lune", etc.

A basse époque, sous les Ptolémées, et de façon parfaitement connue, ce nom se transforma en Mary / Mari (d'où MâRêY) et Méria / Maria (d'où MéRYA). Pendant que Myriam� devenait Mariam et Mariammé, Méryt se modifiait en MaRThA. Marthe est donc un double araméen de Marie (2).

Outre la prophétesse Myriam, soeur de Moïse et d'Aaron, un grand nombre de filles chez les Hébreux portèrent ce nom où l'un de ses dérivés : la dernière reine de Judée, Mariammé, en - 28, mise à mort avec ses deux fils par son mari Hérode Ier, dit "le Grand", fut remplacée par une autre Mariammé (3) dix-huit ans plus tard. C'est tout dire.

Les liens profonds entre l'Egypte antique et Israël ne sont point ceux des rivalités politiques que la tradition populaire implante dans les têtes, mais ceux d'un héritage de Sagesse éternel, du reste mal reconnu de part et d'autre. (v.MOÏSE).

En résumé, Marie, sans additif particulier signifie "bien-aimée amante, maîtresse".


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(1) On disait aussi Méry pour une femme : Méryrê pour Méryt-Rê. Miryam est dans un même texte tantôt féminin (Chroniques, 1, 5, 29), tantôt masculin (1, 4, 17 : fils d'Ezra). La transposition de MéRY / MéRYTh est pareillement le féminin de l'araméen MâRAE / MâRêY, de même sens avec en plus celui de "propriétaire", au figuré ! De là l'hébreu MâRaTh, "dame, maîtresse", de qui le Talmud forgea un MaR, "monsieur, seigneur, maître". Les hébraïsants noteront que l'hébreu moderne ne connaît plus qu'une MâRYTh, "truelle". Evidemment sans commune mesure avec notre Méryt / Marie, elle dérive d'un homonyme de MâRâH signifiant "pelle".

(2) Dérivé de MaRThA, forme araméenne de MâRaTh

(3) Toutes deux transformées en Mariamné dans les dictionnaires.

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commentaires

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En effet, cette réalisation est une vraie merveille, merci pour cet article en tout cas.

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