Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 15:10




Commençons par un petit texte résumant les interrogations que l'on se pose au sujet des Vierges Noires. Il mentionne également quelques Dames de l'Auvergne.
Petit clin d'oeil à mon dernier article sur le Puy-en-Velay... Image

 

L’énigme des Vierges Noires
(A. Lauras-Pourrat)

En Auvergne plus qu’ailleurs sans doute, un bon nombre de Vierges sont noires « noir de nuit, noir d’encre, blocs de ténèbres compactes dans le sombre de nos églises de montagne… » (Ajalbert in « Auvergne », Albin Michel Ed.).
Cette couleur des statues – de Notre-Dame-du-Puy, de Notre-Dame-du-Port à Clermont, de Notre-Dame-aux-Neiges d’Aurillac, de Notre-Dame de Vassivières, et de tant d’autres moins connues, quelle explication en donner, quelle signification lui attribuer ?
Pierre Balme – un Clermontois qui connaissait bien l’Auvergne – les ayant examinées de près, affirmait que bien peu de ces Vierges sont noires véritablement. Peut-être certaines qui ont passé pour telles ne le sont que dans la pénombre, noircies par l’âge, la fumée des cierges ou l’oxydation des lames d’argent qui pouvaient les recouvrir. Pourtant ces Vierges noires ne sont pas une invention : Boudon-Lashermes, du Puy, a remarqué que la plupart d’entre elles sont faites d’un bois totalement étranger à nos régions (cèdre du Liban, genévrier de Syrie ou de Phénicie). Seraient-elles donc, à l’origine, d’exotiques prisonnières ramenées des croisades, antiques images d’Orient de la déesse Isis ?
Saillens en arrive à une conclusion un peu différente : « Dans le plus grand nombre des cas, écrit-il, les Vierges noires doivent avoir été primitivement des statuettes de bois, altérées par le temps et l’humidité, qui symbolisaient une source ou veillaient sur des morts. Elles devaient donc être des déesses-mères gauloises, les plus anciennes, sans doute, des déesses funéraires, remontant à l’époque néolithique. »
Les Vierges noires à l’origine pourraient donc être soit des Isis tenant le petit Horus sur leurs genoux, soit d’antiques idoles gauloises, que le christianisme se serait appropriées.
Par la suite, il a pu se produire au cours des siècles une vogue pour ces statues, mode encouragée peut-être par le Nigra sum de la Sulamite du « Cantique des Cantiques ». Car il est certain que beaucoup de vierges ordinaires en bois du pays ont été peintes en noir, à une époque indéterminée, ainsi celle de Mont-vianeix (Puy-de-Dôme) qui fut décapée et trouvée en rose, ou celle de Laurie (Cantal) dont le visage, après restauration par les Beaux-Arts, a retrouvé ses tons originaux ou celle de la cathédrale de Clermont (chapelle du S. Sacrement) découverte en décembre 1974 par le chanoine Craplet : le noir de son visage et l’or de son vêtement datent de 1830.
Henri Pourrat (Histoire des Gens dans les Montagnes du Centre, Albin Michel Ed. , 1959) voit encore une autre explication possible : « Et si l’on se rappelait les antiques procédés des domaines ? On y avait un secret pour rendre le chêne sombre comme le basalte en le faisant facile comme le tilleuls. C’était de le laisser dormir des années, sous l’eau de quelque étang. Quand on l’en tire, il semble une glaise noire : il est aisé à tailler alors, même avec un ciseau de silex ou de bronze. En séchant, il devient aussi dur que l’ébène. Les vieux pères, à l’âge du bronze ou de la pierre polie, ont pu faire ainsi leurs idoles noires ; et certainement la recette n’a pas été perdue».

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Voici maintenant un texte que j'adore, qui, à mon sens, résume tout... qui permet de toucher du bout d'un doigt la porte d'une Vérité... Image




QUELLE ENERGIE REPRESENTENT LES VIERGES NOIRES ?
Par Robert Régor Mougeot



L'Energie que dégagent les Vierges Noires à la fois fascine et inquiète. Sous les mêmes apparences frontales, elles sont austères, hiératiques et mystérieuses. Quels enseignements peuvent-elles encore nous donner? Prenons quelques exemples pour aller ensuite au-delà des apparences, c'est-à-dire du physique au métaphysique.

Chez les Vierges dites « au manteau »[1], seule la tête de l'enfant sort du manteau protecteur de sa mère. Les traits des deux visages sont les mêmes et les couronnes portées sont semblables. Il en est de même pour les Vierges dites « en majesté », mais l'enfant se détache alors entièrement de sa mère tout en restant tenu bien en main sur ses genoux, toujours rigoureusement dans l'axe. Les vêtements sont le plus souvent de même facture[2]. La Vierge, la Déesse Mère, quel que soit son nom, symbolise la Mère de la Manifestation. Elle est toujours l'un des multiples visages que prend la Mère Universelle, la Nature Naturante, pôle féminin dont la manifestation, l'enfant, est masculin « car cette Mère Universelle est en vérité la Féminité manifestée, c'est-à-dire la vraie Masculinité (l'activité du réceptif) – en un mot, l'Androgyne.[3] »

Les Vierges Noires ont pris la succession des anciennes déesses sous une forme christianisée. « Ne sont-elles pas si souvent à proximité immédiate de sources, de puits[4], d'arbres ou de pierres qui avaient chez nos ancêtres préchrétiens une signification sacrée bien connue.[5] » Mais avant d'être représentée, la Mère de la manifestation fut adorée sous l'apparence d'une Pierre Noire tombée du ciel, comme à Ephèse pour Artémis. Le « béthyle », pierre noire d'origine météorique, figure Cybèle la Noire, ou la « Grande Déesse » chtonienne grecque. Et le pèlerin musulman baise la Pierre Noire de la Kaaba à La Mecque.

 

Pourquoi ces Vierges sont-elles de couleur noire ?

La Vierge Noire en Majesté du château d'Anjony, à Tournemire, a des traits négroïdes marqués ; d'autres Vierges Noires ont les traits aquilins des Peuls ou des Ethiopiens. Il est actuellement presque certain que l'humanité a son origine en Afrique[6]. De l'Ethiopie à l'Egypte en passant par la Nubie, la continuité est évidente. Certains Pharaons furent noirs et la civilisation égyptienne trouve ses racines dans l'Afrique subsaharienne.� « En effet, l'héritage pharaonique appartient en totalité, des origines à la fin des dynasties indigènes, à l'univers culturel
négro-africain, par l'habitat, la "race" et la langue des anciens égyptiens, responsables de la civilisation pharaonique.[7] » Les races blanches ont depuis très longtemps, beaucoup de mal à reconnaître l'héritage ancestral qui les rattache aux peuples noirs. Il est navrant de voir que, dans nos musées, les statues des pharaons aux traits négroïdes ont les nez et les lèvres mutilés, ce qui masque les signes visibles de leur origine.

La parenté de la Vierge Noire avec l'Isis[8] égyptienne est évidente. Cela avait déjà frappé Faujas de Saint-Fond au XVIIIème siècle. Dans l'ouvrage du Père Odo de Gisey, Discours historique de la très ancienne dévotion de nostre Dame du Puy ou du Puy nostre Dame, dont la première édition date de 1620, la vignette gravée sur cuivre représentant la Vierge du Puy est précédée de la citation du Cantique des Cantiques Nigra sum sed formosa (1,5). La traduction habituelle, « Je suis noire, mais je suis belle », qui prête à un racisme diffus, est reprise par André Chouraqui qui propose :


« Moi, noire, harmonieuse, fille de Ieroushalaïm.

Comme tente de Qédar, comme tenture de Shelomon.

Ne me voyez pas, moi la noirâtre : oui, le soleil en moi s'est miré.[9] »


La tradition a maintenu l'origine orientale des Vierges Noires que les Croisés ramenèrent de Terre Sainte. A Montmorillon (Vienne), le Chevalier de Persac, de retour de Jérusalem, fit construire, au XIème siècle, un bâtiment hexagonal dans la cour de l'ancien Hôtel-Dieu ; il reste pour beaucoup une énigme. On peut y voir sculptée Isis allaitant deux serpents[10]. La même sculpture se trouve sur la façade de l'église de Saint-Jouin-de-Marne (Poitou). Cette représentation n'est pas celle de la luxure comme l'affirment actuellement les catholiques timorés, mais plus sûrement celle de la Mère Universelle allaitant les deux facettes de la manifestation. Dans la crypte de l'ancienne église de Montmorillon, on peut voir une fresque représentant sainte Catherine d'Alexandrie offrant un disque d'or à Marie. Le visage de sainte Catherine, au fil des temps, est devenu noir. Hasard dû à la providence!

A Longpont-sur-Orge (Essonne), qui fut aussi un ancien lieu de culte à Isis, tenu par les druides vénérant également Osiris et les dieux celtiques, se trouve l'un des plus anciens lieux de culte à la Vierge Noire. L'endroit fut évangélisé par les disciples de saint Denis, saint Sulpice et saint Ion (ou Yvon) et les druides se convertirent au christianisme ; ils attendaient « la Vierge qui doit enfanter ». Les textes disent : « Longtemps après, les bûcherons de l'endroit, abattant un chêne séculaire, découvrirent en son creux, une antique statue de bois noire ou polychrome (..) Elle portait sur son socle: "Virginia Parituræ" (à la Vierge qui doit enfanter). Ce fut une célébrité dont on parla bientôt partout et qui incita les Carnutes (habitants de Chartres) à venir quémander une copie[11] » Pierre Gordon fait remarquer avec justesse qu'une statue druidique trouvée dans un chêne ne pouvait porter une inscription latine[12] ! Quoi qu'il en soit, la source celtique, située jadis derrière le maître autel, a été murée et la Vierge Noire est devenue Vierge Blanche sous le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Garde bien qu'elle sorte encore du chêne druidique séculaire. La plus vieille statue de Vierge Noire du Parisis[13] servit de modèle à celle de Chartres, plus connue et plus célèbre.

Toutes les Vierges Noires sont à l'image de Kali la Noire (Inde), d'Astarté, de la Sarah des Gitans, d'Annis appelée en Grande Bretagne « Black Annis », d'Innani (Sumer). La Vierge Noire convie les êtres humains à percer toutes les couches de leur matière, à aller au tréfonds d'eux-mêmes, dans les ténèbres de leurs entrailles, là où Elle se trouve, pour leur révéler Sa lumière, les nourrir de Son énergie. Les premières représentations de la Déesse Mère sont nées dans l'obscurité des grottes et leur couleur noire n'est pas tant celle de leur peau que celle des profondeurs de la Terre dont elles sont issues. C'est la noire luminosité de la grotte initiatique, de l'antre de la Vouivre, de la crypte qui est ainsi exprimée par la Dame-de-sous-Terre, là où, paradoxalement, l'homme a toujours recherché la lumière[14]. Il n'est pas surprenant, dès lors, de trouver dans la grotte qui sert de fondation à l'église de Laghet (Alpes Maritimes), haut lieu de pèlerinage où les innombrables ex-voto populaires attestent de quantité de miracles, une statue de la Vierge et de son Fils, entièrement noire, vêtements compris.

 

Ces Vierges furent-elles faites noires consciemment ou non ?

Au fond, qu'importe si elles ont été noircies par le temps ou par la volonté des hommes! Quelles que soient les apparences, c'est toujours l'inspiration divine qui s'exprime. Profondément, la Vierge Noire est «� la Lumière d'avant la séparation de la lumière et des ténèbres[15] », le monde de «� la substance universelle ténébreuse[16] ». Cette Ténèbre, « c'est celle que nos mystiques désignent comme Nuit de lumière, Noir lumineux, Lumière noire.[17] » Elle est « la Lumière du non-manifesté[18] » ; c'est la troisième lumière dont parle Tierno Bokar, le saint François d'Assise de Bandiagara, « celle du centre des existences, c'est la lumière de Dieu. Qui oserait la décrire? C'est une obscurité plus brillante que toutes les lumières conjuguées. C'est la lumière de la vérité.[19] »

C'est pourquoi d'ailleurs la véritable Vierge Noire ne peut être que sans enfant ou avec un enfant déjà adulte soulignant l'androgynie primordiale. Il n'est pas étonnant dès lors que les Vierges Noires aient souvent les mains blanches! Elles « font boire à la source de vie. Leur attrait, en d'autres termes, est d'être Notre-Dame-des-Ténèbres, Notre-Dame de la Nuit, celle qui fait luire la clarté dans la prison souterraine où se trouve jeté l'homme, celle qui enfante pour lui la lumière, celle qui lui apporte l'or et le soleil, celle qui est, en définitive (..) la fontaine de radiance et la Reine du Ciel.[20] »

C'est cette Lumière noire que contemplent les orbites vides de sainte Lucie[21] lorsqu'elle présente ses deux yeux sur un plateau, aveugle à la lumière de ce monde[22].

Que se passe-t-il dans l'antre de sous-terre, dans la crypte initiatique, dans ce lieu obscur? Là, la Vierge Noire consume tout ce qui s'oppose à l'enfantement, à la juste manifestation, c'est pourquoi elle est dite « dévoreuse » ou « ogresse[23] ». L'Ogre, l'Orc, le Dragon dévorant ont la même fonction. La Mère dévorant les hommes est gravée sur une amulette chamane d'un clan de l'Alaska[24]. La déesse-mère dévoreuse des Celtes, Sheela-na-nig, est sculptée en effigie : tête ronde, yeux globuleux, bouche lunaire, corps chétif, longs bras qui passent derrière les jambes, mains ouvrant les lèvres géantes d'une vulve béante[25]. « C'est par ce trou que nous sommes nés. Notre corps s'est tissé dans le ventre d'une femme qui fut ainsi la première caverne, et nous sommes sortis, nous avons été expulsés par la "porte étroite" de son sexe. La deuxième naissance est semblable, il s'agit de passer par la "Porte Etroite" qui est comme le "chas d'une aiguille[26]". Le Centre de la manifestation est un "trou[27]" par lequel il nous faut sauter.[28] » La Terre est la matrice qui permet à l'homme de naître en Dieu. Le même symbolisme sexuel rend compte de ce Passage puisque la mandorle entourant le Christ en gloire à la forme d'une vulve.

L'initiation donnée jadis dans la Caverne, dans la Grotte, dans le Dolmen, dans la Crypte, est de tous les temps. Son seul but est le retour au Point « initial », à l'Origine. Elle demeure inchangée dans son fond, même si les formes qu'elle prend varient avec les temps et les lieux. Quant aux initiateurs, ils sont d'origine non humaine. Les Contes, les Légendes et les Mythes, les Traditions en maintiennent le souvenir et leur attribuent l'apparence d'Ogres, de Fées, de Géants, de Dieux, d'Anges, de « Connaissants », de Libérés vivants?

Matrice, la grotte où naquit, l'enfant Jésus, celle où fit retraite Milarepa, celle où se retira Gautama, celle du Mont Hira où Mohammed entendit l'appel de l'Ange Gabriel-Djibril[29]. Matrice la prison où mourut saint Roch, guérisseur de la peste[30]. Matrices encore les grottes dans lesquelles les Cathares se retiraient[31]. «� La Grotte par excellence, par ses ténèbres, était le terrain, le Foyer choisi par les Maîtres Initiateurs pour conduire le disciple à la Création de sa lumière qui va éclairer et annihiler les Ténèbres. Ainsi les Grottes d'Initiation, parce qu'elles portent en elles cette profondeur ténébreuse en son point culminant, portent en elles la Luminosité des Luminaires[32].»

Ainsi avec des colorations diverses se déroule toujours le même processus.

L'Energie ténébreuse de la Vierge Noire est puissante et inquiétante. La peur s'instaure chez ceux qui ne peuvent la supporter. La décadence alors s'installe et inverse le processus, stérilisant toute possibilité d'initiation véritable. Ceux pour qui « le Feu au Cœur des Ténèbres[33] » est insupportable sortent la Vierge Noire de sa grotte, de sa crypte pour l'exposer à la lumière du jour : «� Ils ont si peur des Ténèbres, de la Forêt : de ce qui rappelle leur noir à eux et les plonge dans une profondeur obscure ![34] ». Ils en font une Vierge Blanche, vierge de tendresse, sentimentale et maternelle, ou bien une Piéta éplorée devant le cadavre de son Fils. Ils s'attachent à la virginité extérieure, physique, perdant le sens premier que Maître Eckhart enseignait : « Vierge, c'est-à-dire un être humain qui soit dégagé de toute image étrangère, aussi dégagé qu'il l'était alors qu'il n'était pas.[35] »

Il est d'ailleurs intéressant de constater que, lorsqu'elle sort de la Caverne ou de la Grotte pour être mise dans la paroisse, dans l'église, la Vierge noire perd ses pouvoirs merveilleux, ses pouvoirs de guérison. C'est pourquoi de nombreux récits et légendes racontent qu'elle retourne miraculeusement, invinciblement, dans son lieu de prédilection, dans son foyer initiatique. Ainsi la Vierge noire de Romiguier à Manosque[36], ou Notre-Dame de Sabart que Charlemagne fait emporter par deux fois et qui revient seule au Pré Lombard, près de Tarascon-sur-Ariège[37]. En Auvergne, c'est une Vierge Noire qui, transportée à l'église de Bonnac, retourne dans la forêt ; un habitant de Vauclair la place dans sa maison et l'on construit plus tard une chapelle, lieu de pèlerinage où les aveugles retrouvent la vue. Les pouvoirs de la Vierge Noire sont directement liés à un lieu précis chargé, comme les sources guérisseuses, par l'énergie de la Vouivre[38].

Le culte de la Vierge Blanche remplace donc progressivement celui de la Vierge Noire, même si certains, voulant maintenir la tradition ancienne, noircissent parfois des vierges blanches, comme Notre-Dame de Vauclair (Cantal) qui « jusqu'en 1954, date de sa restauration (..) était noire : le visage et les mains étaient recouverts de couleur noire, comme une Vierge Noire (..) La restauration a permis de dégager une première couche de peinture noire, une couche de cire, avant de retrouver les polychromies originelles de rouge et de bleu azurite, très atténuées et fragmentaires.[39] »

La Radiance de la Vierge Noire peut faire peur à beaucoup qui lui préfèrent alors la Vierge Blanche, sentimentale et asexuée ; « lorsqu' effrayés du Feu qu'elle recèle en son Aspect de négritude, les êtres humains voulurent la sortir de sa cache de Sous-Terre pour l'ex-poser à tout vent et à tout venant : ils en firent une "Dame Blanche.[40] » Cette Dame-Blanche leur est nécessaire, « sinon ils dorment ou s'entretuent.[41] »

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Références :


[1] - Eglise Saint-Martin de Fridefont ; église Saint-Géraud d'Aurillac ; Musée Douhet de Saint-Flour ; Visitation-Sainte-Marie de Brioude.

[2] - Celle de l'église Notre-Dame des Neiges d'Aurillac ressemble à l'authentique vierge de Notre-Dame du Puy décrite par Faujas de Saint-Fond dans son « Mémoire sur un monument très ancien de l'église cathédrale du Puy » (XVIIIème s.) et à la gravure sur cuivre qui l'accompagne, «� Notre-Dame du Puy, dessinée d'après nature, telle quelle sous le manteau qui la couvre ».

[3] - Livret du Musée de la Mère Universelle, château du Magnet - 36230 Mers-sur-Indre.

[4] - Comme le Puits des Saints-Forts à Chartres. Sont FORTS, ceux qui maîtrisent l'Energie du Feu, de l'Eau, de l'Air et de la Terre, décrypte la Langue des Oiseaux.

[5] - Jacques Huynen – L'Enigme des Vierges noires – Louis Musin Editeur, 1979, p. 43.

[6] - L'australopithèque fossile découverte en 1974 dans la dépression de l'Afar est datée d'environ 3,5 millions d’années. Elle fut prénommée Lucy par les anthropologues qui écoutaient ce soir là, par hasard, la chanson des Beattles « Lucy in the sky with the diamonds »! L'idée de lumière se retrouve dans Lucines, Mélusine, Lucifer.

[7] - OBENGA, Théophile – Préface du livre de Cheikh Anta Diop - Nouvelles recherches sur l'égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes – Présence africaine, Dakar, 1988, p.8.

[8] - Isis vient de Ischa qui signifie « Vierge ».

[9] - Bible- Traduction A. Chouraqui -Desclée de Brouwer, 1989.

[10] - Voir la gravure de 1724 dans le livre de J. Baltrusaitis – La Quête d'Isis –Perrin Ed., 1967 et la photographie illustrant notre livre La Vouivre, un Symbole Universel – La Table d?Emeraude, 1995, p. 43.

[11] - Abrégé de l'histoire de Notre-Dame-de-Bonne-Garde, en vente à la Basilique de Longpont-sur-Orge (91).

[12] - Essai; les Vierge Noires - Arma Artis, 1983, p. 3-4.

[13] - « Par Isis » chante la Langue des Oiseaux.

[14] - Voir notre livre Le Miroir, Symbole des Symboles – Chap. « La Lumière d'avant la séparation de la lumière et des ténèbres » - Dervy, 1995.

[15] - Emmanuel-Yves Monin – Conférence inédite.

[16] - Ibn'Arabi – L'Alchimie du Bonheur parfait.

[17] - Henry Corbin – L'Homme de lumière dans le soufisme iranien – Sisteron : Ed. Présence, 1971, p. 17.

[18] - Préface de J. P. Bayard dans Vierges Noires de Jacques Bonvin – Dervy-Livres, 1988, p. 11.

[19] - Amadou Hampaté Bâ – Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara – Seuil, 1980, p. 136-137.

[20] - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noires – Op.cit., p. 3.

[21] - De Lus, lumière.

[22] - Voir le tableau de Zurbaran « Sainte Lucie », au Musée des Beaux-Arts de Chartres.

[23] - Notons que « Orge » est la déformation d' « Orc », d'« Ogre ». Longpont-sur-Orge, non loin de Saint-Michel-sur-Orge, était un lieu d'initiation souterrain.

[24] - Clan de Tlingit, Alaska du sud-est – American Museum of Nature History n°E/2708. Voir la fig. n° 157 dans Les Racines de la Conscience de C.G. Young, Buschet-Chastel, 1971.

[25] - Chapiteau de l'église St-Mary-and-St-David, Kilpeck, Herefordshire, Grande Bretagne. Photo 6 dans Mystères Celtes de J. Sharkey – Seuil, 1975.

[26] - Evangile de Luc, 18-25.

[27] - Trou que trouvent les Trouvères!

[28] - La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit., p. 264-265.

[29] - Coran – Sourate « L'Appel ».

[30] - Voir notre livre Du Cheminement initiatique imagé par saint Roch et sa vie exemplaire, d'après les Enseignements d'Emmanuel – Les Amis du Désert, 1988.

[31] - Pour y faire retraite, pour y construire leurs églises, pour échapper à l'inquisition. Voir Sabarthez – Les Trois Cèdres, Ussat.

[32] - Karuna Platon – L'Instruction du Verseur d’Eau – Le Courrier du Livre, 1973,� p. 259.

[33] - Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage – Le Point d'Eau, 1990, p.325.

[34] - Ibidem, p. 476.

[35] - Sermons- Seuil, 1974, tome I, p.52.

[36] - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noires – Arma Artis, 1983, p. 4.

[37] - L. et R. Ferrer -Le Sabarthez Mystérieux.

[38] - Le Serpent-Dragon-Vouivre symbolise les énergies telluriques. Voir : La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit.

[39] - Brigitte Mézard – Les Majestés du Cantal. Images de la Vierge en Haute-Auvergne – Catalogue édité par le conseil général du Cantal et l'association des Amis du Patrimoine de la Haute-Auvergne, Aurillac, 1992, p. 62.

[40] - Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visage – Op. cit., p.108.

[41] - Ibidem, p. 476.

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Un petit texte, tiré d'un ouvrage de Fulcanelli :


"Jadis, les chambres souterraines des temples servaient de demeures aux statues d'Isis, lesquelles devinrent, lors de l'introduction du christianisme en Gaule, ces Vierges Noires que le peuple, de nos jours, entoure d'une vénération toute particulière. Leur symbolisme est identique ; les unes et les autres montrent, sur leur soubassement, la fameuse inscription : Virgini pariturae (à la Vierge qui doit enfanter). Plusieurs statues d'Isis sont désignées sous le même vocable.
L'érudit Pierre Dujols nous dit que le savant Elias Schadius avait signalé, dans son livre "De dictis Germanicis", une inscription analogue : "Isidi, seu Virgini ex qua filius proditurus est" (A Isis, ou à la Vierge de qui le Fils prendra naissance). Ces icônes n'auraient donc point le sens chrétien qu'on leur prête, du moins exotériquement. Isis avant la conception, c'est, dit Bigarne, dans "la théogonie astronomique", l'attribut de la Vierge que plusieurs monuments, bien antérieurs au christianisme, désignent sous le nom de « Virgo paritura », c'est-à-dire "la terre avant sa fécondation", et que les rayons du soleil vont bientôt animer. C'est aussi la mère des dieux, comme l'atteste une pierre de Die : "Matri Deum Magnae ideae". On ne peut mieux définir le sens ésotérique de nos Vierges Noires. Elles figurent, dans la symbolique hermétique, la Terre Primitive, celle que l'artiste doit choisir pour sujet de son grand ouvrage. C'est la matière première à l'état de minerai, telle qu'elle sort des gîtes métallifères, profondément enfouie sous la masse rocheuse. Il apparaît donc régulier que l'hiéroglyphe humanisé de ce minéral en possède la couleur spécifique et qu'on lui réserve pour habitat les lieux souterrains des temples.
Toutefois, ce qui demeure pour nous, c'est que le culte d'Isis, la Cérès égyptienne, était fort mystérieux. Nous savons seulement qu'on fêtait solennellement la déesse, chaque année, dans la ville de Busiris, et qu'on lui sacrifiait un bœuf. "Après les sacrifices, dit Hérodote, les hommes et les femmes, au nombre de plusieurs myriades, se portent de grands coups. Pour quel dieu ils se frappent, j'estime que ce serait de ma part une impiété que de le dire". Les Grecs, de même que les Egyptiens, gardaient un silence absolu sur les mystères du culte de Cérès, et les historiens ne nous ont rien appris qui pût satisfaire notre curiosité. La révélation aux profanes du secret de ces pratiques était punie de mort. On considérait comme un crime de prêter l'oreille à la divulgation. L'entrée du temple de Cérès, à l'exemple des sanctuaires égyptiens d'Isis, était rigoureusement interdite à tous ceux qui n'avaient pas reçu l'initiation. Cependant, les renseignements qui nous ont été transmis sur la hiérarchie des grands prêtres nous autorisent à penser que les mystères de Cérès devaient être du même ordre que ceux de la Science hermétique. En effet, nous savons que les ministres du culte se répartissaient en quatre degrés : l'Hiérophante, chargé d'instruire les néophytes ; le Porte-Flambeau, qui représentait le Soleil ; le Héraut, qui représentait Mercure ; le Ministre du l'Autel, qui représentait la Lune. A Rome, les Céréalies se célébraient le 12 avril et duraient huit jours. On portait, dans les processions, un œuf, symbole du monde, et l'on y sacrifiait des porcs. Nous avons dit plus haut qu'un pierre de Die, représentant Isis, la désignait comme étant la mère des dieux. La même épithète s'appliquait à Rhéa ou Cybèle. Les deux divinités se révèlent ainsi proches parentes, et nous aurions tendance à ne les considérer qu'en tant qu'expressions différentes d'un seul et même principe."

 

RHEA : Fille de Gaïa et d'Ouranos, déesse-mère considérée comme la source de la vie, de la fécondité, de la prospérité et l'incarnation du principe féminin.
Rhéa épousa Cronos, et le célèbre couple donna le jour aux grandes divinités grecques : Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus. Son époux, craignant d'être détrôné par ses fils, les dévorait l'un après l'autre dès leur naissance.
Lorsque Zeux vint au monde, Rhéa lui présenta une pierre enveloppée de langes que le père avala sans la regarder. Plus tard, elle fournit à Zeus la faucille (plus tard les Druides utilisèrent une faucille en or pour la cueillette du gui sacré), avec laquelle il émascula son père, qu'il chassa, et il devint le dieu suprême de l'Olympe.

 Rhéa veut dire "la Terre".

 

CERES : Fille de Saturne et de Rhéa, c'est une très ancienne divinité italique qui fut complètement identifiée à la Déméter grecque. Dans le mythe, Perséphone prend le nom de Prerephata ou Proserpine, fruit des amours de Cérès et de Jupiter : Pluton l'emporte dans son royaume souterrain. Aux plaintes de la mère, les dieux de l'Olympe, peu compatissants, lui prescrivent des infusions de pavot pour l'aider à retrouver le sommeil ! Mais, inspirée par son amour pour sa fille, Cérès attelle deux dragons ailés, s'empare d'une torche qu'elle enflamme en passant au-dessus de l'Etna et court les airs en appelant Proserpine à grands cris.
Son culte fut introduit à Rome en 496 av. J.C. en même temps que celui de Perséphone ou Coré (Proserpine) et de Dionysos (Bacchus ou Liber). Lors d'une disette, suite à la consultation des livres sibyllins, on construisit un temple commun à ces trois divinités grecques qui se confondirent avec Cérès, Libera et Liber. Jusqu'au temps de Cicéron, les prêtresses étaient choisies parmi les femmes grecques de Naples ou d'Elée et la légende de Cérès, qui conserva toutes les caractéristiques grecques, rassemblait toutes les traditions d'Eleusis ou d'Enna.
Chaque année, les Romains célébraient trois fêtes en l'honneur de la déesse de l'agriculture et des moissons : les "ludi cerealia" (institués en -493), qui duraient huit jours. Ces célébrations perpétuaient, par des rites imitatifs le mythe grec : le 15 des ides apriliennes, à la tombée de la nuit, des femmes vêtues de blanc, portant des torches allumées, couraient autour du temple, suivies par la foule qui poussait des clameurs. Le "sacrum anniversarium Ceresis" (seconde moitié du IIIe siècle avant notre ère), célébré uniquement par des femmes, avait lieu en août. Le "jejunium Ceresis", célébré en octobre, était basé sur le jeune (institué en -191).
Ces fêtes étaient présidées par deux magistrats institués en l'an 44 par César, les "aediles cereales".
A Cérès étaient consacrés la truie (symbole maternel), le bélier, la grue, la tourterelle.
La constellation de la Vierge portait son nom avant la découverte de la planète Cérès, d'où le nom d'une étoile de cette constellation : "l'Epi de la Vierge". C'est de là que vient l'iconographie du signe zodiacal de la Vierge accompagnée d'une faucille et d'une gerbe de blé (nous devrions penser à la déesse lorsque nous consommons des céréales ! )
Cérès vient du grec "kerus", et du latin "creare", ce qui veut donc dire "créer".

 

CYBELE : Grande déesse phrygienne (la Phrygie, région farouche et sauvage, s'étendait le long des mers Egée, Propontide et de la Mer Noire ou Pont-Euxin), la "Magna Mater" du Proche-Orient, symbole de la puissance sauvage de la nature, de l'énergie chthonienne (enfermée dans la terre, considérée comme la source de toute la fécondité), était toujours accompagnée d'animaux sauvages. La légende la décrit comme une déesse androgyne issue de la terre. De ses organes mâles sortit un amandier dont les fruits donnèrent naissance à Attis lorsque Nana, la fille du fleuve Sangarios, en eût mangé.
On représentait Cybèle assise sur un trône protégé par deux lions (le lion et le tambourin étaient ses attributs) et tenant un fouet orné d'os, symbolisant la puissance. A Ephèse, elle était symbolisée par une pierre noire, considérée comme un trait de foudre, une pierre céleste. Cybèle épousa Gordias, roi de Phrygie, rendu célèbre par le noeud compliqué en bois de cormier qui fixait le joug de son char dans le temple de Zeus (lien qui fut tranché par Alexandre). Le couple engendra Midas, qui succéda à son père sur le trône.
Cybèle conçut un amour platonique pour le beau berger phrygien Attis qu'elle nomma grand-prêtre de son culte en échange de sa chasteté. Mais le jeune homme s'éprit de la nymphe Sagaritis, et l'épousa, provoquant la colère de Cybèle qui tua la nymphe et frappa de folie l'infidèle. Dans un accès de démence, Attis se mutila. Prise de remords, la déesse ressuscita le berger sous la forme d'un pin ; une autre tradition raconte qu'il fut victime de la jalousie de Zeus qui le fit mettre en pièces par un ours.

Le culte de Cybèle était célébré dans des grottes ou au sommet des montagnes. Il se confondit plus tard avec celui d'Attis, dont la mort et la résurrection périodiques figuraient le cycle des saisons et le renouveau printanier, et Cybèle devint le symbole de la fécondité par la mort. Il comportait des rites orgiaques qui visaient à établir une communion totale entre les divinités et les fidèles, des orgies extatiques.


Le festival d'Attis durait cinq jours :
- Le premier jour était consacré aux lamentations et à la procession d'un pin entouré de linges figurant le dieu ;
- le second, à la danse frénétique des prêtres, ou galles : ceux-ci se flagellaient en dansant et en chantant des "galliambes". Les Grecs appelaient ces officiants les Corybantes et ils se confondirent plus tard avec les Curètes crétois et les Telchines de Rhodes, personnification des phénomènes volcaniques ;
- le troisième, aux mutilations sexuelles volontaires : ses adorateurs mâles, saisis de frénésie, s'émasculaient eux-mêmes afin d'atteindre à l'union avec Cybèle et couraient à travers la ville en "brandissant leurs organes coupés" qu'ils échangeaient contre des vêtements féminins pour se vouer au culte de la déesse ;
- le quatrième jour, qui rappelait la résurrection d'Attis, était réservé aux réjouissances. On procédait au repas sacramentel au cours duquel les participants mangeaient dans un tambourin et buvaient dans des cymbales ;
- le cinquième jour était consacré au repos.


En Anatolie, ces mystères comportaient le rite du "taurobole" : le néophyte se tenait dans une fosse recouverte d'une grille au-dessus de laquelle on égorgeait un taureau expiatoire. Il sortait entièrement couvert du sang de l'animal, mais régénéré, purifié de toute souillure, né une seconde fois. La purification était efficace pendant vingt ans. Les mystères de Cybèle sur le mont Ida, institués par Midas (qui imposa également le culte de Zeus), se répandirent en Italie, en Gaule, en Aquitaine, en Espagne, et en Afrique du Nord en l'an 134 de notre ère (57-178).
Ce culte fut introduit à Rome au moment de la guerre avec Hannibal. La Sibylle décréta que l'ennemi serait chassé si l'on instaurait le culte de la Magna Mater à Rome. Les adeptes firent venir le météorite noir symbolisant la déesse et l'installèrent au temple de la Victoire, sur le mont Palatin, où il demeura jusqu'en 191 av. J.C.� La prédiction s'étant réalisée, le peuple romain reconnaissant institua, en l'honneur de la déesse, les "Magalésiennes", fêtes comprenant un banquet sacré et des jeux, qui avaient lieu en avril et s'étendirent dans tout le pays. Elles comportaient des offrandes à Cybèle dans son temple, des divertissements, des courses. La statue était conduite à travers la ville sur un char attelé de lions, par les galles venus d'Asie Mineure, qui exécutaient les rites propres au culte. Ces derniers, étant réprouvés par les autorités civiles, furent interdits aux Romains et les Magalésiennes finirent par perdre leur attrait.
Les rites phrygiens connurent un regain d'intérêt pendant le règne de l'empereur Claude (41-54 de notre ère), et les fêtes de printemps de Cybèle et d'Attis furent célébrées au mois de mars. Le 15, une procession de "cannophores (porteurs de roseaux) commémorait la découverte d'Attis par Cybèle dans les roseaux du fleuve Sangorios qui avait pour but d'assurer la fertilité des champs... On sacrifiait un taureau de six ans... Après une semaine de jeûne, on se rendait dans le bois de Cybèle, près de Rome, on abattait un pin qui était enveloppé d'un linge pour figurer le corps d'Attis, on l'ornait de guirlandes de violettes (nées du sang du dieu), on fixait l'effigie d'Attis au tronc de l'arbre et celui-ci était transporté par les "dendrophores" dans le temple de la déesse sur le mont Palatin. Le lendemain, on observait un jeûne strict en vue de la fête solennelle du "Dies Sanguis" (qui devint plus tard les "Hilaria" ou fêtes de la Joie), consacrée aux lamentations sur la mort d'Attis, qui avait lieu le 24 mars au son des flûtes jusqu'à l'aube.
L'officiant s'incisait le bras (symbole des mutilations phrygiennes), des prêtres se flagellaient et offraient leur sang à la Magna Mater et à son amant. Le 25 était un jour de liesse générale : "les initiés étaient unis à la déesse, comme un nouvel Attis, et la résurrection du dieu mort, selon toute probabilité, était une promesse de survie pour ceux qui partageaient sa victoire sur la mort."
Le 26 était un jour de repos bien nécessaire après les abus des jours précédents. Le festival se terminait le 27 par des ablutions : l'emblème de Cybèle était amené dans son cadre d'argent, en procession dans une voiture tirée par des boeufs, à la rivière Almo, au son des flûtes et des tambourins. Il était lavé dans la rivière en même temps que les objets sacrés, puis ramené au sanctuaire où il demeurait jusqu'au printemps suivant.

Bien qu'ayant perdu leur signification profonde, les anciens rites de l'équinoxe de printemps ont survécu dans le folklore des régions agraires du nord et du centre de l'Europe, transférés au 1er mai.
Le thème mythologique y est présenté de manière différente, mais Attis revient tous les ans sous l'aspect de "l'arbre de Mai" enguirlandé, réminiscence du pin sacré. Dans les villages, les jeunes gens abattent un arbre après minuit, le dépouillent de ses branches, l'enveloppent de bandelettes violettes, le ramènent dans un charrette tirée par des boeufs aux cornes enguirlandées et le plantent sur la place au lever du soleil, au son des flûtes et des trompettes, et tout le monde danse autour de l'arbre. Autrefois, on fixait une poupée (figurant Attis) au sommet de l'arbre. Quant à Cybèle, elle se réincarne dans la Reine de Mai, qui, précédée de l'arbre de Mai, fait le tour de la place du village, portée triomphalement par des jeunes villageois, dans un char décoré.
Le drame sacré de la mort et de la résurrection du dieu n'a pas disparu ; il revit chaque année dans la fête de Pâques de la chrétienté.

Par Mirelune - Publié dans : Histoire mystérieuse - Communauté : ésotérisme en partage
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 15:04
Une petite visualisation...

Fermez les yeux, prenez quelques inspirations profondes, et commencez à vous détendre... Laissez le souffle vous emporter vers un autre lieu, un autre temps, avant le commencement du temps...

Vous vous tenez sur un rivage, le regard dirigé vers une île. C'est le soir, et au-dessus de vous, la pleine lune apparaît. Tout est immobile dans l'air pâle pourpré, et les bruits du soir sont magnifiés... un hibou hulule doucement d'un bois voisin... Clapotis de l'eau à vos pieds... Battements d'ailes blanches de papillons de nuit dans le pourpre crépuscule, et en regardant l'île par -delà les flots, vous voyez qu'elle est à demi cachée par une brume, et que la lune brille à travers cette brume, créant une pellicule de blanc autour... lumière opalescente qui semble venir d'un autre monde... Et maintenant de la brume tourbillonnante, vient quelque chose qui se dirige vers vous... c'est un petit bateau, et il glisse rapidement mais sans à-coups vers le rivage, mais il n'y a personne à bord. Il semble animé par une volonté magique propre.

Vous regardez fasciné le bateau s'approcher de l'endroit même où vous êtes, sur le bord du rivage, et vous savez, alors qu'il vient mouiller, s'agitant doucement sur l'eau, qu'il est venu pour vous. Vous montez avec légèreté dans le bateau, et vous vous asseyez au milieu du banc de bois, sentant son léger bercement, et puis il se stabilise, tourne, et s'éloigne du rivage, vous emportant sans heurt dans les régions brumeuses de l'île.

D'abord la brise nocturne soulève vos cheveux, mais quand vous entrez dans la brume, une rosée froide vous entoure et vous ne pouvez plus voir. Vous devez faire confiance au petit bateau, croire qu'il sait où il vous amène, avoir foi dans le passage dans l'inconnu... Et maintenant la brume commence un peu à se lever, puis s'enroule comme un rideau, pour dévoiler la rive de l'île sous la pleine lune. Une femme est là debout, attendant que le bateau accoste... Elle est grande et droite, vêtu e d'habits bleu foncé, et le petit bateau vous conduit là où elle attend.

Quand vous vous approchez d'elle, elle reste silencieuse, et immobile. Son visage est à demi voilé, mais vous pouvez voir dessous des yeux gentils et sages, et elle tend la main, en signe de bienvenue. Puis sans un mot, elle vous fait signe de la suivre. Elle vous conduit à travers des pommeraies aux fruits mûrs et aux fleurs épanouies en même temps, tout argentés par la lune. Quand vous atteignez le centre de l'île, vous voyez un bâtiment de bois, bas, le temple au cœur de l'île.

Elle vous conduit à travers une petite porte où pend un rideau de petites perles de cristal... . À l'intérieur, une lumière d'ambre pâle révèle des bouquets d'herbes et de fleurs suspendus, pour sécher, à des poutres de bois. La dame vous conduit à une paillasse longue, faite, outre la paille, de cuir, et vous vous y allongez. À côté se trouve un petit brasero de cuivre, dans lequel brûle une flamme bleue et dorée... Elle ne parle pas, mais vous sentez qu'elle vous demande de lui faire savoir où, dans votre corps, vote mental ou votre esprit, vous avez le plus besoin de guérison. Et vous y pensez pendant quelques instants...et vous le lui faites savoir.

Elle cueille un grand panier d'osier peu profond et y prend certaines choses: brins d'herbes, racines, pierres scintillantes... peut--être d'autres choses... et elle les dispose sur votre corps là où il est le plus nécessaire qu'elles aillent, peut-être là où vous lui avez dit qu'il y avait un problème, peut-être d'autres endroits ... Remarquez où elle les place ... Le parfum des herbes... l'éclat chaud de la flamme... sont très apaisants après la froide traversée en bateau, et vous vous sentez dériver dans un état de demi-sommeil, tandis que la dame prend un instrument à cordes et commence à jouer... de temps à autre elle s'interrompt pour jeter une poignée d'herbes pouvoir dans le feu qui pétille un court moment et remplit l'air d'un parfum doux et lourd... Et les herbes vous induisent dans un état de rêve, et vous vous demandez à demi si vous entendez la dame chanter... et le temps n'existe plus... et vous dérivez, avec un sentiment de grande douceur, de grande paix...

Et après ce qui a pu être un bref moment, une longue période, vous refaites surface, dans l'état de veille, décrivant une remontée en spirale, comme si c'était dans l'eau. Les yeux de la dame vous sourient, et elle vous ordonne de vous lever. Le feu est faible, et une petite brise souffle maintenant par l'entrée basse, agitant le rideau. Elle vous conduit à l'extérieur, et vous avez conscience de vous sentir plus légère, mieux qu'auparavant, comme s'il y avait eu un changement dans la matrice de votre être... Une guérison a eu lieu... Les premiers rayons du soleil dorent les pommiers, transformant les pommes en or pur... Elle vous reconduit au rivage, où le petit bateau vous attend toujours. Vous remerciez la dame de tout votre cœur, et vous lui dites un tendre au revoir... Puis vous montez dans le bateau, et quand vous avez trouvé votre équilibre sur le siège, il commence à s'éloigner.

Tandis qu'il s'éloigne de l'île, vous regardez en arrière, et agitez les bras, mais elle n'est plus là, et la brume est alors tout autour de vous et vous ne pouvez plus rien voir jusqu'à ce que vous émergiez de l'autre côté…

Et maintenant vous glissez le long de la voie d'or du soleil matinal sur l'eau, et au bout d'un moment, vous vous retrouvez sur le rivage de la terre ferme. Vous descendez, et le petit bateau s'éloigne à nouveau, dans la nuit vous inspirez profondément plusieurs fois, et à chaque souffle, vous avez une conscience accrue de votre corps. Maintenant, ouvrez les yeux, éveillez-vous pleinement.

(M. Freeman)


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Je rajoute le rituel suivant, toujours consacré à Avalon, que j'ai eu dans un forum, il y a fort longtemps. La personne s'appelait Aranelle. J'ai simplement corrigé les fautes et la syntaxe.



LE RITUEL DES NEUFS VAGUES :


D'abord, se procurer un large bol en
argent (ou en métal argenté), ainsi que d'une cruche que l’on remplira d'eau
de lune. On aura également besoin d'encens de l'élément
eau, d’ une chandelle bleue et d’une chandelle
blanche. Il faut aussi avoir quelque chose d'autre...
C’est uniquement nous qui savons de quoi il s'agit, et à
quoi il sert. Ce quelque chose est important et ne
nous appartiendra pas. Il ne faut pas oublier ceci.
Si l’on habite près de la mer, oublier
l'eau de lune, l'encens et les chandelles. L'eau de la
mer et la plage seront suffisants !

Voici la recette de l'encens de l'élément eau:
�2 part de benjoin
1 part de myrrhe
1 part de bois de santal
quelques gouttes d'huile d'ambre gris
quelques gouttes d'huile de lotus
si tu veux, tu peux faire brûler des algues séchées,
du sel de mer, de l'ambre et du lotus. C'est spéciale,
mais très "marin". Sinon, tu peux acheter de l'encens
dit "marin". C'est plus simple...

L’eau de lune :
Pour faire de l'eau de lune, prendre
un bol en grès ou en argile, quelque chose de lourd.
Le laisser dehors où il récoltera la pluie.
Le soir de la pleine lune, demander à
la Dame de s'y refléter, d'y déposer de son énergie et
de bénir cette eau. On peut aussi laisser cette eau durant
la nuit de la pleine lune.
Il y a un autre moyen. Il
s'agit de sortir dehors, en pleine nuit, le soir de la
pleine lune, et de récolter...la rosée ! Ce n’est pas chose facile ! ! ! ! ! ! !

Ce rituel des Neufs Vagues se pratique
sous la pleine lune, uniquement, et doit se faire en
présence de la lune, de préférence face à Elle.
Si on peut aller à la plage, ce rituel
consistera à verser l'eau sur soi,
que l’on prendra avec le bol.

Si l’on est chez soi :

D'abord, on s'agenouille devant
l'autel improvisé. On peut décorer l'autel avec des
coquillages, des étoiles de mer, du sable, une image
d'une déesse sirène, etc...
On allume la chandelle blanche en
invoquant la Mère, puis la bleue en disant ceci:

"Déesse de la Lune, Déesse de la Nuit, du ciel
nocturne, de la brillance et des ténèbres, je t'en
prie, bénis cet enfant qui marche sur le chemin des
anciens! Ce rituel est fait en ton nom, et au miens
qui demande bénédiction et purification par l'eau, ton
élément purificateur, guérisseur, élément de la pureté
et du sacré.
Je demande renaissance par les Neufs Vagues de la
Bénédiction."

Allumer l'encens en disant que cet
encens est un présent pour les esprits et Elle, qui
nous assistera durant ce long rituel.

Présenter la cruche à la Lune et
demander à la Dame de bénir l'eau en son nom et au
nôtre. Si l’on est à la Mer, se tourner vers Elle avec le
bol, les bras levés, et demander à la Dame de Bénir
cet endroit en son nom.

Verser l'eau dans le bol puis méditer
un instant sur l'intention et le but de notre rituel.
Prendre de l'eau avec les mains (en coupe) et étape par
étape, se laver en disant un verset de ce long poème :


La première vague - Le Front:
Une vague de bénédiction pour mon corps...que je sente le
pouvoir qui est le mien, que je sois liberté.

La seconde vague - Le cou:
Une vague de bénédiction pour ma voix...qu'elle soit claire
et forte.

La troisième vague - les lèvres:
Une vague de bénédiction pour mes paroles...qu'elles soient
entendues et comprises par tous.

La quatrième vague - le coeur:
�Une vague pour la vie...que je trouve joie dans chaque
jour que je vie.

La cinquième vague - le ventre:
Une vague pour la générosité...qu'il coule de mon coeur et
de mes mains.

La sixième vague - le sexe:
Une vague pour mes désirs...qu'ils soient remplis pour le
grand bien de tous.

La septième vague - les mains:
Une vague de l'abondance...que ma vie en soit remplie.

La huitième vague - le bas du dos (reins):
Une vague pour la santé...qu'elle soit de
fer, forte et vitale.

La neuvième et dernière vague – les pieds:
Une vague pour ma vie...qu'elle apporte la joie
et la bénédiction pour tout ceux que je rencontrerai
sur mon chemin.

S'il reste de l'eau dans le
bol, la verser sur le sol en disant que cette eau est
partagée pour que les esprits, les fées et autres
créatures de la terre en profitent autant que soi :

"Une vague pour Avalon, pour les
esprits, les fées, mes soeurs et mes frères de l'Autre
Monde et du mien. Paix sur la terre, paix à Avalon,
paix dans l'Univers. Que je connaisse la paix, que je
sois paix, paix dans l'Univers."

Ensuite, méditer un moment devant la
lune. Se sentir bénie, renouvelée, illuminée par la Dame.
Partager cet instant avec les esprits, les fées et
autres ! Ce moment nous appartient, en totalité.

C'est le
moment de se servir de notre "quelque chose... l’offrir à la Dame :
ne pas oublier l'adage "a gift for a gift"....

Par Mirelune - Publié dans : Visualisations
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 15:03

Du temps où j'étais barde dans le monde,
j'étais honoré de tous les hommes.
Dès mon entrée dans les palais,
on entendait la foule pousser des cris de joie.
Sitôt que ma harpe chantait,
des arbres tombait l'or brillant.
Les rois du pays m'aimaient ;
les rois étrangers me craignaient.
Le pauvre petit peuple disait :
"Chante, Merlin, chante toujours."
Ils disaient, les Bretons :
"Chante, Merlin, ce qui doit arriver."
Maintenant, je vis dans les bois ;
personne ne m'honore plus maintenant.
Loups et sangliers, dans mon chemin,
quand je passe, grincent des dents.
Je l'ai perdu, ma harpe ;
ils sont coupés, les arbres
d'où tombait l'or brillant.
Les rois des Bretons sont morts,
les rois étrangers oppriment le pays.
Les Bretons ne disent plus :
"Chante, Merlin, les choses à venir."
Ils m'appellent Merlin le fou,
et tous me chassent à coups de pierre.


Inspiré par des fragments de chants populaires Bretons-Armoricains recueillis vers l'année 1820 et groupés par Hersart de la Villemarqué sous le titre Merlin dans son recueil, le Barzaz-Breiz (citation : Jean Markale).

Par Mirelune - Publié dans : Druidisme
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 14:57

Le Puy-en-Velay est la préfecture de la Haute-Loire, et il y est célébré un culte à la Vierge Marie, dont la statue de 16 m est posée sur le Rocher Corneille (et oui), anciennement appelé Mont d'Anis.
Je cite :
"Depuis l'antiquité, les hommes ont célébrés un culte sur le mont Anis (appelé aujourd'hui le rocher Corneille). Les celtes et les gaulois s'y succédèrent et les Romains y bâtirent un temple. Plus tard, les chrétiens prirent la relève en installant leur évêché à Saint Paulien (15 km du PUY). Il a fallut que la vierge se déplace en personne au début du Vème siècle pour que l'on s'intéresse au mont Anis. Marie apparue à une vieille femme malade pour la guérir et se faire construire un nouveau sanctuaire. Un cerf se mit alors à tracer les plans de l'édifice sur de la neige (tombée en plein mois de Juillet). Cette église, construite dans le quartier du PUY, fut consacrée par les anges eux-mêmes (d'où son nom : Chambre angélique).
Devant toutes ces apparitions et ces miracles, les fidèles se pressèrent en foule au PUY pour se recueillir devant une antique vierge noire. Celle-ci disparut au Moyen Age et fut remplacée par une autre offerte par Saint Louis ( Qui elle même fut brûlée pendant la révolution) . Celle qui est vénérée aujourd'hui date du XVIIème siècle."

Vous constaterez que c'est un cerf qui traça les plans de la cathédrale, donc il faut se demander si c'est bien la Vierge Marie que la vieille dame a vu...
Il faut savoir aussi que la cathédrale a été érigée sur un ancien lieu de culte : il y avait un dolmen auparavant. Sans oublier la "pierre des fièvres", où nos anciens venaient s'allonger lorsqu'ils souffraient de ce mal. La pierre a été interdite au public pendant un certain temps. J'ai entendu dire qu'on pouvait à nouveau l'approcher. Je ne mentionnerai pas la source qui coule juste à côté, la Vierge Noire, etc... Je suis amoureuse de cette région. Il y a une énergie quasi magique autant sur ce lieu qu'aux alentours. On sent la présence de la Dame,� et pas celle que prient nos concitoyens...

La Vierge Marie, qui devient mère de Dieu, puis vieille femme pleurant sa mort représente les aspects de la Déesse. Celle-ci était si aimée, si puissante, que les chrétiens, pour amener les gens à se convertir, on dû lui opposer le culte marial. Mais les "anciens païens" vénéraient leur déesse à travers Marie.
La vision de cette vieille femme, citée plus haut, a été prise pour celle de Marie, alors qu'il est fort probable que c'était la Déesse qui lui apparaissait. Le cerf en témoigne, à mon avis. Pour revenir à cette histoire, la femme souffrait d’une terrible fièvre contre laquelle les médecins ne pouvaient rien. Une nuit, elle fit un songe où un homme lui apparut, lui demandant, si elle avait la foi, de monter au sommet du Mont Anis. Elle se réveilla et suivit le conseil de son rêve. Arrivée en haut, elle s’effondra, terrassée par la fièvre et la fatigue, au pied d’une pierre construite à la façon d’un autel. Au cours de ce second sommeil, une nouvelle vision lui apparut. Entourée d’une multitude de ce qu’elle nomma « saints� esprits » et de jeune filles, une « Reine » était là, siégeant sur la pierre. La vieille femme lui demanda qui elle est. La « Reine » lui répondit qu’elle était la « Dame du ciel et de la terre » et qu’elle avait choisi ce lieu pour en faire sa demeure, afin que l’on glorifie son nom. La « Reine » lui dit de porter le message, et pour la remercier, elle la guérit de sa fièvre. Aussitôt guérie, la vieille femme alla voir l’évêque pour lui retransmettre les dires de la Dame.
Je ne poserai que cette question : où la� « Reine » a-t-elle spécifier qu’elle s’appelait Marie ?
Mais c'était peut-être, aussi, une façon qu'avait la Dame de montrer au monde que, quelque soit le nom sous lequel on la nommait, Elle était toujours là, dans le cœur des hommes (au sens général "homme"). Maintenant, ce n'est là que ma position personnelle.
Le Puy-en-Velay comporte une vierge noire. Ces statues, le plus souvent, représentaient en fait Isis. Il faut constater qu'ici, elle représente la Déesse Anis, Ana, irlandaise, ce qui est plus rare. On trouve un temple dédié à Diane, son nom romain, au pied du mont Anis. Car qu'est-ce que le nom de Diane, à part la latinisation de Di-Ana, "la déesse Ana" ?

Sachons aussi que le premier nom du Puy-en-Velay était Anicium...

A savoir également qu’un très intéressant visage d’Apollon se trouve dans le château de Polignac, un ancien sanctuaire d’Apollon :
« Près du Puy-en-Velay, se trouve un sanctuaire qui était réputé jusqu’en Grèce. L’empereur Claude serait, selon la légende, venu consulter l’oracle avant de se lancer à la conquête de la Grande-Bretagne.
« La structure de ce németon sacré* est tout à fait étonnante : les fidèles, que vous pouvez imaginer en robe blanche, après les ablutions rituelles, se présentaient en bas de lka falaise que forme ce Dick7 devant le Masque d’Apollon, barbe fleuve, cornes de bélier comme Achéloüs, bouche ouverte prête à dire son oracle ! Ce masque est aussi grand qu’un homme !
« Là, ils questionnaient l’oracle, et après un petit moment nécessaire à la conférence des “devins” situés quatre-vingt-trois mètres plus haut, sur le sol de l’actuel donjon du château-fort ruiné, ils entendaient, Ô miracle, la réponse sortir “Par la bouche d’Apollon”, expression qui, comme “Par la barbe de Jupiter”, authentifie le dire, qui sera répété de bouche en bouche !…
« En effet, un puits de bonnes dimensions – trois mètres de diamètre – toujours ouvert, avait été creusé avec les instruments de l’époque dans cette cheminée de dur basalte, le seul vestige dans cette vallée de l’ancien volcan emporté par l’érosion, et c’est ce puit qui servait de conducteur acoustique à la “réponse d’Apollon” !
« Ce masque d’apollon, qui est assez semblable à celui de “Zardoz” (in The Wizard of Oz “le Magicien d’Ase”, dans le film de John Boorman de 1971), a été remonté de quatre-vingt-trois mètres et est actuellement “déposé” dans le sous-sol de la tour, sans aucune explication!… D’après l’article du druide Bojorix.)


Voici pour ce soir, mes quelques réflexions au sujet d’une ville qui m’est très chère... Image

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Voici maintenant un texte de J. Markale, toujours au sujet du Puy-en-Velay : Image

 

LE PUY-EN-VELAY


  Le Massif Central, tout au long de l’histoire, a été une sorte de conservatoire des traditions les plus lointaines et les plus diverses. A l’écart des grandes routes commerciales, surtout à l’écart de la fameuse « route de l’Etain », les montagnes du Massif Central ont hébergé des populations qui ne sont guère intégrées à leurs voisins. Et l’on sait qu’à l’époque de César et de Vercingétorix, ceux qui s’appelaient les Arvernes étaient les seuls à vouloir s’ouvrir sur le monde extérieur, se heurtant ainsi au peuple des Eduens de Bourgogne qui prétendaient à la suprématie sur l’ensemble de la Gaule.

  Mais les Arvernes occupaient des vallées largement ouvertes sur le nord par l’Allier et la Loire. Les autres peuples, isolés dans leurs montagnes ou dans de petits espaces clos au milieu des forêts, menaient une existence plus indépendante. C’était le cas des Vellaves qui occupaient la haute vallée de la Loire et ses environs immédiats. On s’en aperçoit aisément lorsqu’on découvre un nombre important de vestiges non seulement celtiques, mais remontant à l’Age du Bronze et à l’époque mégalithique. Ces vestiges sont souvent des emplacements sacrés, des sanctuaires en plein air, ces fameux nemeton des Gaulois, où se déroulaient des cérémonies dont nous ignorons à peu près tout. Mais on peut être sûr que ces cultes concernaient une déesse-mère, une sorte de Terre divinisée, quelque peu endormie mais prête à se réveiller à la moindre secousse des innombrables volcans éteints qui parsèment toute la région. Et le centre de ces cultes, qui remontent à la plus lointaine préhistoire, semble bien être Le Puy-en-Velay.

  Le Puy-en-Velay est un des lieux les plus fréquentés par les touristes en France. Mais à ces touristes se mêlent nombre de pèlerins qui perpétuent des usages immémoriaux. Le Puy a été en effet, au Moyen Age, un centre important de pèlerinage, non seulement par le culte de la Vierge qui s’y est développé très tôt, mais aussi parce que la ville était un relais important vers Saint-Jacques-de-Compostelle, d’une part, vers Nîmes et Saint-Gilles-du-Gard, d’autre part, sur cette « Route Regordane » que signalent les Chansons de Geste et qui était l’un des rares chemins à franchir le Massif Central du nord au sud, mettant en relation le bassin méditerranéen et la vallée de la Loire. Le Puy n’a jamais été une ville romaine, mais une agglomération gauloise. Les Romains s’installèrent dans la plaine à Ruessio, devenu depuis Saint-Paulien, et ils y apportèrent leurs divinités. Au Puy, qui se nommait alors Anicium, les cultes gaulois durent perdurer longtemps sans que l’empreinte romaine se fît sentir et le nom même d’Anicium fait réfléchir, comme le nom de la butte sur laquelle s’élève la cathédrale actuelle, le Mont-Anis. On y retrouve en effet le nom de la déesse-mère des Celtes, Ana ou Anna, Dôn chez les Gallois, Dana chez les Irlandais, derrière laquelle se profile d’ailleurs l’ombre de la sainte Anne des Bretons. Et que dire de cette Black Annis, cette « Annie la Noire », qui hante le folklore du Yorkshire ? La Vierge Noire du Puy-en-Velay a certainement un lien quelconque avec ce personnage mythologique hérité de la plus pure tradition celtique.

  Le site du Puy-en-Velay est assez extraordinaire. La vieille ville s’étage sur le flanc sur du Mont-Anis, autrement dit un volcan. La cathédrale et le cloître se trouvent à mi-pente. Vers l’ouest, un dyke volcanique particulièrement décharné est surmonté de la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe, l’un des plus anciens sanctuaires de la région. Et l’on sait qu’au pied de ce roc d’Aiguilhe, il y avait, avant l’introduction du Christianisme, un temple dédié à une déesse, que ce soit Cybèle, Diane ou une divinité gauloise, peut-être même cette Anis dont le nom a provoqué celui de l’agglomération. Et au sommet du Mont-Anis, le Rocher Corneille est couronné par cette statue, fort laide, mais majestueuse, de Notre-Dame de France.

  Il semble que l’emplacement de la cathédrale du Puy, magnifique édifice roman, ait été déterminé non par une source ou même un puit situé au voisinage immédiat, mais par la présence d’un phonolithe, ce qui n’a rien d’extraordinaire dans ce pays de volcans. Cette dalle phonolithique, sans doute une table de dolmen, avait dû être déjà utilisée dans un sanctuaire païen. La pierre du maître-autel est sans aucun doute celle-ci, retaillée et bénie. On sait que jusqu’au XVIIe siècle, il y avait devant l’autel de Marie une pierre dite « pierre des fièvres » : les pèlerins qui voulaient obtenir guérison de leurs maladies s’efforçaient de dormir une nuit sur cette pierre, particulièrement pendant la nuit du vendredi au samedi. D’après les témoignages, les miracles étaient quotidiens. On se demande alors pourquoi le clergé fit retirer cette pierre, d’autant plus que la même coutume semblait exister à Chartres, avant la destruction de la cathédrale romane.

  Compte tenu des influences orientales sur l’architecture de la cathédrale du Puy, on a émis l’hypothèse que ce sont des cultes venus du Moyen-Orient qui ont provoqué la dévotion de la Vierge Noire. C’est évidemment une explication pratique quant à la couleur des Vierges Noires : Marie ne serait autre que la copie d’une divinité orientale au teint bronzé, une Artémis, une Cybèle ou une Isis. Mais cela est en contradiction avec le nom même de la ville, Anicium, qui fait référence à une divinité celtique. D’ailleurs, l’archéologie n’a pas encore trouvé de traces de culte oriental sur le site du Puy. Il est plus vraisemblable que le Christianisme a ici succédé directement au culte druidique, et sans doute en douceur. On sait que les Romains avaient évité Anicium et s’étaient établis à Saint-Paulien. Lors de la christianisation du pays, le premier siège épiscopal a dû être Ruessio, donc Saint-Paulien (Paulien est un nom fort hypothétique. Ruessio, nom gaulois, a laissé place ensuite à une terme gallo-romain en –ac : Pauliniacus – territoire de Paulinius – qui, par évolution, a donné Polignac, nom d’une célèbre famille princière de la région). Ce n’est qu’à partir du VI e ou du VIIe siècle que l’évêque des Vellaves quitta Ruessio, menacée de ruine, pour venir s’établir à Anicium (qui prit le nom de Podium, autrement dit « Puy »), agglomération qui était demeurée prospère. Mais Anicium était encore chargé de paganisme. Dans les Actes de cette époque, les mots Sancta Maria accompagnent souvent le nom d’Anicium ou de Podium. Très peu de villes portent alors ce vocable, ce qui suppose au Puy une ferveur toute particulière en l’honneur de la Vierge, ferveur probablement très ancienne. D’ailleurs, une légende a couru selon laquelle Marie serait apparue au Puy en 46 ou 47. C’était une façon d’affirmer l’antiquité du culte marial dans cette ville, et c’est ce que fera le clergé chartrain en prétendant que les Druides honoraient à Chartres une Virgo Paritura. On se trouve en présence d’un même soucis d’asseoir un culte sur une exceptionnelle ancienneté.

  De toute façon, le Puy n’était pas un village isolé en pleine montagne. C’était, répétons-le, un carrefour très important et un relais sur la Route Regordane. La route de l’Etain y a toujours passé, et une alliance très étroite unissait le peuple des Vellaves (Vellavi, en gaulois, est un mot qui signifie « les meilleurs ». De là provient le nom du Velay ; les Vellaves étaient clients des Arvernes) à celui des Phocéens de Marseille. Au Puy, se croisent une route qui part de Lyon et qui s’en va vers Rodez et Toulouse (RN 88) et une route qui vient de la Limagne vers Alès et Nîmes (la Via Regordane). Il est donc établi que Le Puy a été un centre important de communication vers différents horizons et que de toute façon, les relations avec Marseille ont toujours été privilégiées (Pendant très longtemps, le Velay a fait partie du Languedoc. Le dialecte vellave est actuellement du languedocien et non pas du nord-occitan comme l’auvergnat).

  Il y a quelque chose d’émouvant à parcourir les rues de la vieille ville qui se faufilent entre des maisons en pierre de lave noire sous cette majestueuse cathédrale qui se dresse comme un défi aux volcans d’alentour. Cet édifice recèle d’ailleurs nombre de secrets encore bien gardés. Elle est haute, mais elle est profonde, et sa crypte n’en est que plus révélatrice : comme à Chartres et à Orcival, c’est une matrice dans laquelle tout fidèle que se respecte devrait accomplir un rite de régénération et de re-naissance. Si la tradition qui veut que cette crypte ait été bâtie sur l’emplacement d’un dolmen est exacte, cela ne fait que renforcer non seulement sa signification mais son efficacité.

  C’est en effet dans l’obscurité du ventre maternel que tout s’éclaire. se plonger dans les ténèbres intérieures, c’est évidemment mourir pour mieux renaître, mais c’est aussi faire le vide en soi pour mieux recevoir ce qui nous vient d’ailleurs. Dans cette cathédrale du Puy, le rite essentiel consiste à plonger d’abord dans la crypte, puis de remonter vers la lumière qui émane de la Vierge Noire, et enfin de ressortir et de déambuler dans le cloître. Car c’est là que les énergie telluriques et le rayonnement qui vient du ciel se rencontrent, fusionnent et animent ainsi un être nouveau, un être qui a atteint un niveau de conscience supérieur.

  Alors, on peut gravir les flancs du Mont Anis. Qu’elle soit Marie, Notre-Dame de France, c’est toujours Anna la Vierge des Celtes, la Déesse des Commencements qui, sur son trône volcanique, conduit les destinées du monde.


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Et maintenant un petit texte qui nous montre que le site du Puy était très ancien, bien plus ancien que la chrétienté. La première partie nous parle des villages ligures. Quant à la seconde, elle confirme que la Vierge du Puy n'est en fait qu'une reprise par les chrétiens d'un lieu et d'une statue bien antérieurs à eux... lieu gaulois, statue gauloise, vénération d'une Déesse-Mère gauloise, qui ressemblait fort à la Vierge Marie dont on parle aujourd'hui. Les religions ont toujours pris, volés, peut-on même dire, les credos et divinités antiques, afin de les lier à leurs propres croyances pour convertir les païens.

La Vierge du Puy, vénérée par les chrétiens, est donc une Vierge gauloise païenne christianisée...

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Les « chibottes » ligures

  La région du Puy a peut-être été une des plus anciennement habitées puisque c’est dans les couches sédimentaires du volcan de Denise, qu’on a trouvé les plus anciens restes humains de France : un homme fossile du chelléen ou préchelléen.

  Les grottes sont nombreuses dans les environs : à Saint-Vidal, aux Estreys, la Caverne des Muses au Moulin de Chazeaux, à Sainzelle, à Polignac, Denise, Ceyssac, Espaly, Pouzarot, Bellevue, Taulhac, Vals, Crousas, La Sermone et la Roche. Il y en eut même au Puy, dans les rochers de Corneille et d’Aiguilhe. Ces cavernes, pour la plupart, durent servir d’habitat aux temps préhistoriques.

  Boudon-Lashermes, vers 1920, affirme que la région du Puy « conserve encore, dans son étroite et pittoresque vallée, deux à trois cents maisons ligures à peu près intactes, vieilles de 3 000 ans et aussi gaillardes, aussi coquettes en leur simplicité naïve, que si quelques printemps à peine avaient passé sur leur pignon. Elle a surtout, ce qui est plus rare encore, un village ligure à peu près intégralement conservé : Crousas, aux portes du Puy, entre le bourg de Vals et la cascade de la Roche. Rien n’y manque : les logis sont toujours debout, tapis aux recoins des rochers, dressant leurs pointes ogivales toutes blanches sur la verdure ; l’ancien chemin qui menait au village existe encore, bordé de lourdes pierres ; l’enceinte où se réunissaient les chefs, aux jours de grand conseil, est à peu près intacte, entourée de quartiers de roche qui semblent avoir formé jadis deux rangs de gradins tout autour ; et plus haut, presque au sommet de la montagne, le vieux fort des Ligures domine toujours le petit bourg, montrant ses gros murs éventrés, hauts de deux à trois mètres, sa vieille porte, et le morne éboulis des roches projetées par l’assiégé sur l’assaillant qui grimpait à l’assaut. »

  Peut-être Boudon-Lashermes se laisse-t-il emporter par quelque lyrisme visionnaire, mais il est vrai qu’on trouve dans toute la région de ces huttes rondes et coniques en pierre sèche qu’on appelle chibottes. Quelle que soit l’époque à laquelle elles ont été construites, elles l’ont été, à coup sûr, selon un procédé hérité des vieux pères.


Virgo paritura

  Pendant longtemps fut conservée, derrière le maître-autel, une très antique statue de la Vierge, bien antérieure à celle des croisades. On peut se demander quelle était l’origine de cette statue, qui avait déjà disparu au moment de la Révolution.

  Il est de tradition dans l’Eglise de France que Notre-Dame de Chartres et Notre-Dame du Puy soient les deux sanctuaires de la Vierge les plus anciens des Gaules. « On a déjà reconnu, pour Chartres, – antique capitale du druidisme, où l’on a fait jusqu’ici de curieuses études sur le culte rendu par les Gaulois à la Virgo paritura, – la ressemblance frappante de la Vierge chrétienne avec celle qu’ont vénérée les druides. Il serait particulièrement intéressant d’arriver à la même constatation pour Notre-Dame du Puy, où toute la dévotion populaire repose précisément sur un ancien autel druidique, la Pierre des Fièvres, que nous avons vue aussi assiégée par les foules du Jubilé de 1910 que par les pèlerins des premiers siècles de notre histoire.

  « Or, si l’on considère l’analogie certaine que présentent les deux statues et si l’on veut bien se rappeler que la doctrine des premiers prédicateurs de l’Evangile était de ne pas détruire les images des anciennes divinités, mais bien de les conserver pour les consacrer au culte naissant, on en viendra à se demander, avec quelques archéologues plus particulièrement spécialisés dans l’études des questions celtiques, si la montagne d’Anis n’a pas été, comme le sanctuaire de Chartres, bien avant le christianisme, un centre de pèlerinage à la Vierge gauloise, et si la première statue qui y fut vénérée n’avait pas déjà reçu, en ce même lieu, les hommages de nos lointains ancêtres, disparus depuis des siècles dans la brume des âges ».


(A. Lauras-Pourrat)
 

Par Mirelune - Publié dans : Histoire mystérieuse
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